
Le 7 novembre a été alors appréhendé par la conscience collective comme une ligne de démarcation qui séparera notre passé de notre futur comme l'aube sépare la nuit et le jour.
Les programmes les plus alléchants on été servis par les principaux postulants. Pêle-mêle, il y a eu l'emploi des jeunes, la fourniture des services sociaux de base, la lutte contre la corruption et pour la moralisation de la vie publique, la relance de l'économie, la lutte contre la cherté de vie, la réforme du système de formation et l'instauration de la méritocratie, la promotion des droits humains et l'Etat de droit, la restructuration des forces de défense et de sécurité, etc.
Pourtant, dans cette euphorie générale, il y en a qui ne savent s'ils doivent espérer ou non. Ce sont les personnes handicapées. Oui, ce groupe ne sait pas ce qui pourrait lui arriver ou à quoi doit-il s'attendre.
v Il ne le sait pas parce qu'on ne le lui dit pas ;
v Il ne le sait pas parce qu'il n'était présent dans la campagne comme sujet de débat ;
v Il ne le sait pas parce qu'aucun des postulants n'avait trouvé nécessaire de se soucier véritablement de ses préoccupations ;
v Il ne le sait pas parce que c'est un groupe d'électeurs que tous les candidats avaient pensé pouvoir se passer ;
v Il ne le sait pas parce que ceux qui le composent sont considérés comme des citoyens de seconde zone ;
v Il ne le sait pas donc, parce qu'il est composé d'intouchables de notre pays.
Pourtant, ceux-ci sont à la fois électeurs et Guinéens comme tous les autres. En outre, au sein de ce groupe, les problèmes et les sujets de préoccupations ne manquent pas. On pourrait même croire que les conditions de vie des personnes handicapées constituent une parfaite illustration de l'échec de notre politique sociale.
Dans notre pays, les handicapés sont parmi les plus sous-scolarisés et les plus sous-employés, et donc, parmi les moyens intégrés. La précarité de leurs conditions est d'autant plus manifeste qu'elle se mesure à l'aune des longues files de mendiants handicapés qui jalonnent les rues, envahissent les marchés et campent aux abords des mosquées.
Pis encore, depuis un certain temps, se font jour des perceptions dévalorisantes à leur égard, et émanant soit, des autorités politiques, soit d'illustres responsables de la Société civile et des médias.
Dans ces conditions, que les programmes des partis politiques les « oublient » ne parait pas si étonnant que ça. Les leaders et les partis sont des produits de la Société Guinéenne. Mais pour nommer cette situation, il n'y a guère mieux que déni, mépris, indifférence, manque de considération, désintérêt, etc.
Aussi, le collectif « Ne nous oubliez pas »« Ne nous oubliez pas » sonne comme un rappel et un avertissement. Rappel aux politiciens, quand ils étaient dans la conquête et pendant les débats de campagne et avertissement à l'endroit des futurs dirigeants du pays. C'est ainsi que le Collectif , dans un souci de rétablissement de la justice à l'égard des personnes handicapées a cru devoir faire les propositions suivantes:
Ø Faire appliquer toutes les conventions internationales relatives aux personnes handicapées, librement ratifiées par la Guinée ;
Ø Concevoir une politique nationale d'insertion des personnes handicapées ;
Ø Créer une agence étatique exclusivement et explicitement dédiée à la promotion des personnes handicapées ;
Ø Instituer un fonds d'insertion des personnes handicapées ;
Ø Instaurer un partenariat juridique entre l'Etat et le secteur privé, en vue d'une plus grande insertion socioprofessionnelle des personnes handicapées.
Au fait, le collectif « Ne nous oubliez pas » a la volonté d'accompagner le changement qui était le leitmotiv de tous les candidats. Mais celui-ci ne saurait se réaliser si une catégorie ou une autre de la société guinéenne se sentait lésée.
Nous espérons alors que le contenu de ce plaidoyer aidera à comprendre les véritables problèmes des personnes handicapées de Guinée.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















