
Il est établi que le ratio requis pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement est de 2,5 agents de santé pour 10.000 habitants. En Afrique, le ratio agents de santé/population est actuellement de 0,8 agent de santé pour 10.000 habitants.
Il est donc évident que les progrès ne peuvent être que très limités, si la situation demeure inchangée, et que l'Afrique a besoin dans l'immédiat d'au moins 1 million d'agents de santé supplémentaires, si elle veut redresser sensiblement la situation.
La crise des ressources humaines pour la santé
s'explique par un certain nombre de facteurs et
d'insuffisances, y compris les insuffisances liées à
la planification des ressources humaines pour la santé et les migrations. L'inadéquation des moyens budgétaires et les plafonds imposés en matière de recrutement entravent la production ou le recrutement à une plus grande échelle des agents de santé, tout comme la mise en œuvre de plans appropriés de motivation et de rétention.
Les insuffisances dans la planification des ressources humaines pour la santé conduisent à une situation paradoxale dans certains pays qui produisent plus de médecins que de sages-femmes. L'un des effets combinés les plus néfastes de ces deux facteurs est le sous-emploi de nombreux agents de santé en Afrique, alors que le continent ne dispose pas d'agents de santé en nombre suffisant pour dispenser des soins de santé dans les pays en général, et dans les zones rurales ou reculées en particulier.
La migration des agents de santé des pays africains vers les pays développés a atteint des proportions telles que les agents de santé africains travaillant dans certaines grandes villes des pays développés sont plus nombreux que ceux qui sont en poste dans leurs pays d'origine.
En Afrique, les taux de migration des agents de santé hors du continent varient de 8 % à un niveau record de 60 %. Aux causes habituelles de la crise des ressources humaines pour la santé se sont ajoutées des nouvelles dimensions.
L'épidémie de VIH/SIDA a davantage aggravé la situation. Elle est à l'origine des perturbations sur le marché mondial et national des agents de santé, du sous-investissement chronique et de la faiblesse générale des systèmes de santé. Les conséquences sont complexes, faisant ressortir des questions telles que la pénurie et le déploiement inadéquat du personnel, la réforme du secteur public, la réforme du secteur de la santé, le comportement des bailleurs de fonds, les politiques et la gouvernance.
Plusieurs initiatives ont été lancées pour faire face
aux défis que pose la grave crise des ressources
humaines pour la santé en Afrique. La conférence
organisée conjointement par la Banque mondiale et l'OMS, en janvier 2002, a imprimé l'élan nécessaire au nouveau partenariat entre les professionnels et les principaux acteurs de la santé pour le développement des ressources humaines. Elle a également permis de
documenter l'ampleur de la crise, par le biais de
l'Initiative Commune pour l'Apprentissage. Cette
conférence a été suivie par de nombreuses autres assises régionales et internationales, y compris le Forum de Haut Niveau sur les OMD, les Conférences des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union africaine, l'Assemblée mondiale de la Santé et le Sommet du G-8
tenu en 2005. Toutes ces assises ont souligné la
nécessité de renforcer les systèmes de santé et de développer les ressources humaines pour la santé qui en constituent la pierre angulaire.
Extraits du Message du Dr Luis G. Sambo, Directeur régional, à l'occasion de la Journée mondiale de la Santé 2006
7 avril 2006




















