Jean-Marie DORE: " Nous savons que le gouvernement a le dos au mur. Mais s'il ne fait pas ce que nous voulons, nous connaissons l'adresse de nos domiciles..."

Le dialogue politique national est l'élément qui domine l'actualité politique nationale. Ceci, en attendant l'annonce officielle des élections législatives, devant se tenir dans les normes, l'année prochaine. A propos, nous avons rencontré le leader de l'Union pour le Progrès de la Guinée (UPG), M. Jean-Marie Doré. Entretien... Guinéeconakry.info: Monsieur le président de l'UPG, que pense votre parti de la relance du dialogue politique national en Guinée?...

Jean-Marie Doré: C'est aussi simple que cela. Nous attendons d'en avoir un. Nous sommes à la recherche d'un dialogue avec le gouvernement. Puis que les gouvernants

sont à la base du manque de confiance entre nous. Le peuple de Guinée en est témoin. Chaque fois que l'on va aux élections, le résultat est décalé par rapport à l'attroupement de nos électeurs. Vous êtes au courant de la façon

dont l'administration guinéenne fonctionne. Il n'y a pas de cadre sous-préfet, on nomme selon les besoins. Si vous prenez un instituteur dans mon village de Koyama pour le nommer sous-préfet, il se produit une véritable révolution dans sa situation financière et économique. Il ne peut se permettre d'exprimer les actes qui sont contre la volonté du gouvernement. Sinon, il va retourner dans son école primaire. Donc, il y a beaucoup de facteurs qui agissent dans le blocage systématique de notre pays. C'est de cela que souffre la Guinée.

 

GCI: Vous êtes donc engagés dans un processus de levée d'obstacles...?

 

JMD: La levée de ces obstacles permet de résoudre un problème plus grave qui est la lutte contre la pauvreté dans laquelle se trouve plongée notre pays. De même que le manque de gouvernance. Parce que vous les journalistes vous parlez de malgouvernance. Ce qui n'est pas le cas chez nous. La conséquence, c'est naturellement la dévalorisation de la monnaie et l'aggravation de la situation des compatriotes. Voila les sujets sur lesquels nous voulons discuter avec le gouvernement guinéen. Pour qu'à la fin du dialogue, s'il a lieu comme nous le souhaitons, nous puissions rédiger un autre code électoral, mettre en place la commission électorale indépendante et rédiger le statut de l'opposition et instituer le financement des partis politiques Pour qu'on arrive à ces résultas, il faut que les prochaines élections, si elles ont lieu à la date indiquées, soient crédibles. Il faut l'établissement du fichier électoral personnalisé et que les partenaires qui acceptent de financer les élections financent aussi l'attribution des

cartes d'identités nationales gratuites. Ça ne supprime pas la fraude, mais ça réduira la

marge de manoeuvre des fraudeurs. Il n'y a pas quelqu'un qui connaît mieux le gouvernement guinéen que l'opposition. Ne croyez pas que nous allons les laisser faire. Mais s'il faut qu'il y ait des discussions que l'on produise des organes qui ne sont pas comme par le passé. Evidemment, comme nous n'avons pas perdu l'adresse de nos domiciles, nous allons reprendre le chemin de la maison.

 

Nous voulons un dialogue vraiment responsable. Vous n'êtes pas sans savoir que c'est à cause du manque de dialogue que notre pays a perdu tous les financement des partenaires étrangers. Et d'avoir un programme formel avec les institutions de Brettons Wood. Et, vous le savez, l'aide au développement est subordonné à certains critères dont l'apprivoisement de

la démocratie, la communication transparente.

 

GCI Que pensez de la commission paritaire mise en place récemment?:

 

JMD: Nous avons constaté au début trente partis que l'on ne voit nulle part face à une douzaine de partis effectivement opérationnels, pour nous insulter dans la salle. C'est pourquoi, nous avons exigé du gouvernement qu'il y ait un nombre égal de partenaires. Nous sommes opposants parce que l'on n'approuve pas soit le programme soit la méthode du gouvernement. Donc, c'est avec le gouvernement que nous voulons discuter.

 

Mais comme le gouvernement a des partenaires dont le premier est le PUP, ensuite les partis satellitaires qui doivent se mettre devant douze

partenaires au développement que sont les partis de l'opposition.

 

GCI: En définitive que veut l'opposition à l'issue de ce dialogue?

 

JMD: Quand on va discuter, nous avons nos positions de principes au départ. Le

gouvernement aussi à sa position. Nous demandons la mise en place d'une

commission électorale indépendante avec les sous thèmes que j'ai indiqués plus haut. Avec la révision du code électoral et que dans une deuxième étape que l'on parle de crise économique. Le gouvernement a sa position. Le

ministre de l'administration du territoire parle à chaque discours d'organe de contrôle et de supervision des élections. Il est évident que

nous n'allons pas accepter. Parce que le conseil national des élections en place la fois dernière avait pour tâche exclusive de superviser les

élections et leur rapport paraissait toujours quinze jours avant le scrutin et deux mois sinon plus après les résultats.. Et que ce rapport n'avait rien à voir avec les résultats. Vous comprenez que l'on ne peut indéfiniment

revenir là-dessus. Alors que les partenaires au développement insistent que le gouvernement accède à leur crédit qui est un accord politique en bonne et due forme. Nous savons que

le gouvernement a le dos au mûr. Mais s'il ne fait pas ce que nous voulons, nous connaissons l'adresse de nos domiciles...

 

Propos recueillis par Kerfalla Kourouma pour GuineeConakry.info

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce