
Madina Men : vous n’êtes plus à présenter M. Williams, juste quelques petites précisions. Qui êtes vous ?
Jean Baptiste Williams : Je suis né le samedi 14 aout 1954 dans le cercle de Mamou, sous la Guinée Française, de Salomon Williams et de Hadja Coumba Diagne. J’ai fait la maternelle à Saint-Joseph de Cluny Conakry (1958 -1960), j’ai commencé la 1ere année à Dalaba et la suite à l’école primaire de Coléah III Saint –Michel (1961 – 1966), le Collège cours de Coleah (1966 – 1970), le Lycée Donka ‘’2 Aout ‘’ option Dessin industriel (1970 – 1974), Enam (1974 – 1977), Aide ingénieur des mines et géologie promotion 1977 ? j’ai fait une formation en production de programmes de variétés à l’institut international de la communication de Montréal, une formation de journaliste-recherchiste-animateur à Radio Canada international en 1986. Co-animation de variétés musicales à RTBF Bruxelles Belgique (Namur, Liège) en 1987. De Production avec RFI Bordeaux-Gironde en 1988 et à Radio Canada en 1989.
Parlez-nous de votre histoire avec la guitare
Avant la guitare, en (1965- 1966) j’avais fait mes armes au chant avec l’orchestre du Collège cours II Coléah avec Aguibou Barry (guitariste soliste), Jeannot Barry (Sax), Bozo Mariop (chant), Guiguera Séga (batterie), Lamine Doumbouya (tumba), Du cahnt, je me suis fabriqué des instruments de percussion avec des boites vides de conserve recouvertes de plastique ou de chambre à air, Ibrahima Bah ‘’ Ibou’’, Mohamed Béavogui étaient mes accompagnateurs, ils jouaient tous deux à l’harmonica et le petit orchestre animait notre petite cour à la SIG. A la même période, j’ai l’occasion d’avoir accès pour la première fois à des instruments électriques en compagnie de mes amis Cheick Smith Chérif, Mamadi Condé ‘’ terreur’’ Sikhé et Tidiane Conté, aux domiciles des ministres Fofana Karim et Dr Conte Seydou. C’est après mon admission au collège que mon père m’offrira ma première guitare. Une seconde guitare me sera offerte par un de nos voisins. L’ingénieur Ibrahima Diawara. En autodidacte je rejoins très tôt la famille de Sory Kandia Kouyaté qui était à deux pas de notre domicile. Kouyaté Abdoulaye, Papa, Soumano et KL sont ceux avec qui je vais commencer à toucher au marche de la guitare. La suite me conduira à l’ecole de Sékou Diabaté ‘’ Docteur ‘’ qui formais à la même période deux des enfants de feu Diané Sékou ‘’Net à sec’’ Sidiki et Mamadi. Je vais par la suite accompagner avec brio le récital du lycée Donka ‘’ 2 aout en 1970 avec René Bénis et Kaba Ahmed. C’est l’embryon de la troupe universitaire dirigé par Moussa Célestin Camara ? j e forme un mini or animons une seule fois au palais du peuple dans la composition suivante. Alors, moi (chef d’orchestre-guitare solo), Youssfou Bah (chant), Pierre Koivogui (chant), Kaba Ahmed (guitare medium), René Bénis, François Koivogui (guitare basse), Sidiki Kouyaté (batterie), Yaya Doumbouya (tum-ba), Cheick Diawo (maracas).
La genèse de l’orchestre Camayenne Sofa, ses membres fondateurs
Je suis l’un des trois membres fondateurs du ‘’Sextet Camayenne’’, orchestre galaxie de la capitale, crée le 11 mai 1973. En effet, Papa Kouyaté que je salue ici, est l’initiateur qui va rencontrer Justin Morel Junior et moi-même pour nous faire la proposition de former un groupe, et aussitôt enregistrer un poème à la mémoire du regretté Aboubacar Demba Camara, chanteur emblématique du Bemebeya Jazz National. Après quelques séances de répétition au jardin du Guinée, nous prenons le chemin des studios de ‘’la voix de la révolution ‘’ pour le 1er enregistrement. La prise de son est alors assurée par l’ingénieur Moussa Konaté ‘’Moise’’. Les six titres enregistrées sont : Demba, Bara, Soleil d’orchestre batterie), moi (Mumba-chant), Justin Morel Junior (animateur-impresario), Ange Miguel (chant), Mamadouba Camara ‘’MC’’ (guitare basse). Les trois derniers noms de la liste étant les guitaristes du Kaloum Star, seront sommés par les responsables du bureau Fédéral de Conakry I de nous quitter, sans aucune forme de procès. Sans désemparer, Papa Kouyaté va m’intimer à inviter mes amis pour la suite de l’aventure. C’est ainsi que Dr Moussa Keita ‘’ 5 tonnes’’ va me présenter à Mamadi ‘’Cala’’ Camara fraichement revenu à Conakry, après son brillant passage au Niandan Jazz de Kissidougou et en compagnie de DJiba Kantara (guitare medium), moi (guitare solo), Kèmo Kouyaté (kora-chant), Papa Keita (tumba), Papa Kouyaté (batterie), Ange Miguel (chant), François Koivogui (guitare basse), nous allons reprendre les répétitions chez Tabassy Baro à la SIG, avant de rentrer à nouveau au studio en décembre 1973 pour enregistrer ‘’ Super Konyokou’’ version acoustique. Et voilà que l’orchestre ‘’Sextet Camayenne’’ va donner un nouveau souffle à la musique Guinéenne arrivent vers fin décembre 1973, Youssouf Bah (chant), Riad Challoub (harmonica-chant), Kaba Ahmed, Pierre Koivogui (guitare medium), Karamo Touré (tumba), François Béavogui (orgue) Mamadi Diané (régisseur), Lamine Sylla ‘’London’’ (technicien). C’est cet ensemble qui entre en scène face au public pour la toute première fois, le 24 janvier 1974, de 21 heures à l’aube à la permanence du (PRL) Mangué Gadiri (Colèah) sur invitation du secrétaire général du comité (JRDA), le camarade Abdoulaye Bernard Keita.
Pour un coup à d’essai, ce fut un coup à de maitre. Depuis le succès du ‘’Sextet Camayenne’’ devenu plus tard Camayenne Sofa va crescendo. Sur décision du (responsable Suprême de la Révolution) le Camarade Ahmed Sékou Touré, l’orchestre est mis à la disposition de la fédération de Conakry II pour servir en qualité de 2ème orchestre fédéral. Zézé Guilavogui, le ‘’virevoltant’’ chanteur animateur va nous rejoindre en 1975, tout comme Lamine Doumbouya ‘’Castro’’
Le Djembé d’Or ?
Depuis son lancement le 4 juin 2000. Il m’avait couté 6.000.000 GNF entièrement financé par GEDIS international de Mr Senkon N’Diaye, que je salue et remercie. Je lui serai éternellement reconnaissant. Mon équipe et moi nous avançons, tous les ans nous faisons l’état des lieux au cours d’une conférence de presse où tout est déballé. Depuis 11 édition se sont déroulées sans fausse note, j’espère. Les 6 et 8 novembre 2013, à l’occasion de la 12ème édition du (Gala de la Culture de l’Excellence’’, le ‘’DJEMBE D’OR’’ a rendu un hommage mérité au ‘’Dragon de la chanson africaine’’ Demba Camara, 40 ans après. La réalisation pour la première fois en Guinée d’un buste sculpté de Demba, grâce au généreux donateur M. Antonio Souaré, et l’ouverture officielle de ce grand événement par la plus haute autorité du pays en l’occurrence Monsieur le Président de la République, Professeur Alpha Condé, a été saluée par le monde de la culture et nous a réconfortés à plus d’un titre.
Quelles sont vos perspectives aujourd’hui ?
Un ouvrage ‘’Les Merveilles du passé, l’histoire de la musique guinéenne ‘’1932- 2012’’. C’est un Flash sur 82 ans de musique guinéenne, conté par les acteurs et témoins que j’ai rencontré au cours de ma carrière de journaliste culturel. A ce niveau aussi, j’ai besoin d’être accompagné. Les manuscrits sont prêts.
Que reprochez-vous à la politique culturelle actuelle du pays, par rapport à celle de la 1er République ?
Une volonté politique qui tarde à s’afficher. La politique culturelle doit subir un toilettage, donc elle est à actualiser. Mais vous savez que nous avons la palme d’or pour l’élaboration des meilleurs textes ! Après adoption, direction les tiroirs. La 1ere République avait l’avantage d’avoir au sein de son premier gouvernement des ministres qui avaient foi en notre culture et ils savaient que le vrai progrès, c’est une tradition qui se prolonge.
Propos recueillis en exclusivité par Madina Men N°1-2014




















