INTERVIEW: Thierno Madjou Barry, président du Conseil national des opérateurs économiques de Guinée

Agé de 49 ans, marié et père de six enfants, Thierno Madjou Barry est un homme d’affaires qui assume une certaine réussite sociale. Président du Conseil d’administration de la Société Maison Kebo Guinée S.A, vice-président de MT2 Holdings S.A, Thierno Madjou Barry est également le secrétaire général de la section du RPG (Parti ayant présenté le présenté le président Alpha Condé aux dernières présidentielles) d’Angola. N’ayant pas fréquenté l’école française, il dit ne compter que sur le courage et le travail pour concrétiser ses ambitions pour le bien être du pays et de ses compatriotes. Notre reporter l’a rencontré pour les nombreux lecteurs de GCI... 0:18 23-6-2011

GuineeConakry.Info : Votre identité est connue, mais les détails de votre biograzphie, ne sont pas encore connus de tous. Alors, parlez-nous de votre parcours qui en étonne plus d'un...

Thierno Madjou Barry: Je suis de Télimélé. Tchon-Tchan est mon village. Je suis un homme d’affaires de trente-deux ans d’expérience. L’histoire est longue, on ne peut pas tout dire. Mais je peux vous dire qu’aujourd’hui, je fais partie des hommes d’affaire africains qui veulent participer au développement de la Guinée.

Dieu merci, depuis que je suis sorti, je me suis battu dans beaucoup de domaines. Parce qu’un homme d’affaires n’a pas de grade. Tu peux monter comme tu peux descendre. Mais il faut avoir le courage. Comme disent les Américains, un homme d’affaires est celui qui risque. Et je fais partie des hommes d’affaires qui risquent. J’ai commencé avec deux dollars, aujourd’hui, je fais partie des hommes d’affaires, industriels et immobiliers.

GCI : Vous n’avez pas fait l’école. Pourtant, comme vous venez de le dire, vous êtes un homme d’affaires qui a relativement réussi. Quel est votre petit secret ?

T.M.B : Je pense que les gens parlent trop, au lieu de se mettre au travail. Je ne sais pas ce qu’ils appellent école. Si on ne fait pas l’école, on ne va nulle part. Mais il y a école et école. Il y a une école arabe, une école française, une école anglaise, une école chinoise,…ce sont toutes des écoles. Et l’expérience de la vie, c’est aussi une école. L’école, c’est l’apprentissage de la promotion. Donc, c’est quelque chose qui est en chacun de nous. C’est pour cela que l’on doit se mettre au travail. Parce que c’est "la production de la personne qu’on mange, ce n’est pas sa chair".

GCI : Ainsi, globalement, vous pensez que c’est le réalisme qui est le plus important ?

T.M.B : Mais c’est le concret, c’est cela qui est important.

GCI : Avez-vous hérité de qui ou de quoi que ce soit ?

T.M.B : J’ai hérité du courage et de la volonté.

GCI : Vous étiez secrétaire général du RPG en Angola, que cherchez-vous à gagner en politique ?

T.M.B : C’est là une bonne question. La politique est un métier. J’invite les Guinéens à se mettre à la politique. Il y en a qui disent que quand on est en affaires, on ne fait pas de la politique. Ce n’est pas vrai. Le premier politicien est au contraire celui qui fait des affaires.

Pour l’illustrer, je me sers du petit commerce. Quel est le secret d’un commerçant ? La personne auprès de laquelle un commerçant achète ne doit pas savoir à combien il doit revendre. Et celui à qui on vend ne doit pas savoir à combien on a acheté tel ou tel article. C’est cela la politique. La politique est quelque chose de général. Tout y est. Mais on ne peut pas toujours dissocier. Il faut y entrer.

C’est alors seulement qu’on réalise que dans la politique, il y a la religion, l’économie, le social, …bref, il y a tout en politique. Mais il faut faire la politique. Si tu ne fais pas la politique, on va faire la politique sur toi. Il faut participer à tout pour avoir l’expérience. La politique est un métier. J’invite les Guinéens à venir  à la politique. Moi je suis au RPG, pour participer à la vie et au développement de la Guinée et de l’Afrique.

GCI : Vous venez d’évoquer le RPG, pouvez-vous dire ce qui vous a guidé votre choix du Pr. Alpha Condé ?

T.M.B : Je me rappelle que quand les partis politiques ont été officialisés en 1991, ils ont donné les noms de tous les partis et les noms des dirigeants de chaque parti ainsi que leurs professions respectives, dès qu’il a été dit que le Pr. Alpha Condé est un Professeur de droit, je me suis tout de suite dit que ce sont les droits des Guinéens qui sont détournés. Donc, je suis en politique pour aider à récupérer les droits des Guinéens qui sont détournés pour les leur remettre.

GCI : Des droits détournés par qui ?

T.M.B : Détournés par les petits hommes guinéens qui ont toujours combattu pour leurs intérêts personnels. Vous connaissez très bien que la Guinée est parmi les premiers pays africains à recouvrer leur indépendance. Et c’est l’exemple de la Guinée qui a inspiré tous les autres  pays pour réclamer leur indépendance. N’oublions non plus que la Guinée est un carrefour des matières premières pour les industries lourdes. Et les Guinéens sont intelligents et courageux.

Vous savez, on ne peut être à la fois plus riche et plus pauvre. C’est impossible. Soit on est pauvre, soit on est riche. Donc, c’est récupérer et transformer notre économie dans l’intérêt de la Guinée et des Guinéens. C’est ce droit qui est détourné. Or, il faut qu’il revienne. Et le moment est arrivé.

GCI : Nous sommes à six mois depuis l’investiture du Pr. Alpha Condé. Est-ce que vous pouvez faire un petit bilan ?

T.M.B : Mais il y a grand et positif bilan. L’année dernière, si on allait dans les hôtels de la Guinée, on y trouvait que les mouches. On ne pouvait même pas s’asseoir, tout étant couvert de poussière. Aujourd’hui, dans ces mêmes hôtels, il n’y a pas de place.

A l’aéroport international, le rythme du trafic était d’un décollage par semaine. Aujourd’hui, c’est un peu l’embouteillage entre les vols personnels et les vols commerciaux.  Dans le bilan également, il ne faut pas perdre de vue que le pays a pris un retard de cinquante ans. C’est vous dire qu’en six mois, au niveau administratif, le Pr. Alpha Condé a déjà élaboré la feuille de route pour que le pays décolle. Mais je ne peux pas vous dire tout maintenant.

Mais d’ici peu de temps, on va vous montrer le résultat sur le terrain. Parce que ce n’est pas tout le monde qui est capable d’entrevoir ce qui peut arriver. Il y en a qui ne voient que ce qui est concrètement sur la table. Mais je vous dis que la confiance que nous avons avec la présidence du Pr. Alpha Condé à la tête d’un parti politique qui s’est battu pendant des décennies, sans se blesser et sans se faire aucune espèce de tâche noire.

Et aujourd’hui ce parti politique a une envergure internationale car il fait partie de l’Internationale socialiste, en tant que membre permanent. Nous avons 177 représentations au niveau mondial. Je vous en fais une promesse solennelle. Vous savez en Angola, on est nombreux, mais je peux vous garantir et personne ne peut me démentir, je fais partie des hommes d’affaires qui ont participé à la reconstruction de ce pays, après la guerre. A votre avis, ceci a été possible à travers quoi ?

GCI : Je vous le demande ?

T.M.B : A travers mon président et le RPG. Et dire qu’hier, étant dans l’opposition, on a investi dans les autres pays. Même ici on investissait. Il y avait des cadres qui étaient en train de travailler avec nous ici, qui se sacrifiaient. Aujourd’hui, ces cadres sont en train de démontrer qu’ils ont été empêchés de se développer. Ils sont en train de montrer l’exemple. En bref, je vous dis que les six mois sont grandement positifs. Je ne rentre dans les détails techniques. Il y a des spécialistes pour cela. Je suis un homme d’affaire. Notre métier c’est quoi ? C’est créer des affaires pendant que les hommes de spécialité travaillent.

GCI : Vous dites que votre poids relatif en Angola dépend du Pr. Alpha Condé, mais il y a quarante ans qu’il n’était que dans l’opposition. Comment se fait-il que vous vous soyez appuyé sur lui, pour consolider vos assises en Angola, alors qu’il était tout simplement opposant?

T.M.B : Quand je le dis, c'est parce que c’est un homme riche de tout. C’est un homme d’une grande vision et qui sait attendre. Je me rappelle encore que chaque fois qu’il y avait une réunion, les premiers mot qu’il prononçait étaient : « les cadres, soyez patients ». C’est toute sa richesse et cette patience qui font qu’on a confiance en lui et on renforce la confiance encore. Parce que vous allez voir, la Guinée va changer.

Quand, invité sur le plateau de la télévision nationale, il a dit que Sékou Touré et son équipe ayant libéré la Guinée des mains des colons, que lui allait bientôt développer la Guinée, des gens qui ont toujours barré la route à la démocratie qui ont prétendu que c’était le retour de Sékou Touré. Avoir une certaine vision, c’est une sorte de devoir de la part de l’être humain.

Pour ceux qui sont musulmans notamment, la lecture du Saint Coran permet de savoir d’où on vient, pourquoi sommes-nous sur Terre et où devons-nous aller ?   J’invite juste les Guinéens à se mettre au travail.

GCI : Parlons maintenant de ce que vous pensez de l’ethnocentrisme en Guinée ?

T.M.B : Selon moi, il n’y a vraiment pas d’ethnocentrisme en Guinée. Il y a surtout le chômage en Guinée. Un homme, s’il n’est pas occupé, il va trop parler. On va occuper les Guinéens, on va les mettre au travail. Ça c’est fini...

GCI : A propos, vous-même, dans le cadre de votre entreprise, à combien de Guinéens, vous allez donner du travail?

T.M.B : Nous avons un projet qui va bientôt commencer à bouger. Un projet qui va employer quelques 54 400 personnes.

GCI : Au compte de votre seule entreprise?

T.M.B : Bien sûr ! Au compte de notre groupe.

GCI : On verra bien. En attendant, quel message à l’endroit des lecteurs et de l’ensemble des Guinéens?

T.M.B : Tous les Guinéens doivent se lever pour travailler. Personne ne doit rester au lit. Je vous le jure, la Guinée n’est p as divisée. Il n’y a pas d’ethnocentrisme en Guinée, il n’y a pas de régionalisme. Parce que n’importe quelle localité de la Guinée que vous prenez, vous y trouverez toutes les composantes  ethniques du pays. Tous les humains sont pareils. On est tous égaux. Mettons-nous au travail. Notre pays est riche. Nous devons nous donner la main pour le construire rapidement.

Propos recueillis par Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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