INTERVIEW GCI : Avec Thierno Saidou Diakité, consultant sportif

Thierno Saidou Diakité est connu dans les milieux sportifs guinéens pour son indépendance d'esprit et la pertinence de ses analyses. Depuis des années, il mène des activités de plaidoyer pour la tenue d'une édition de la Coupe d Afrique des nations en Guinée. Ses vœux désormais exaucés, il continue de porter un regard critique sur le fait sportif. entretien avec celui que ses intimes appellent ''Tino''...

GuineeConakry.Info : En tant qu’un consultant sportif, quelles vos perspectives auxquelles les autorités guinéennes en charge des sports devraient s’atteler pour obtenir une éventuelle organisation de la CAN dans le pays ?  

Thierno Saidou Diakité : L’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations est un meilleur projet pour promouvoir le développement d’un pays. C’est un peu ça, le credo de Issa Ayatou qui  a dit certes, que la  CAF essaie d’attribuer l’organisation de la Coupe d’Afrique aux pays dans le but de les aider à travers cette compétition  à relever un peu le niveau de leurs infrastructures tous secteurs confondus. Il faut le dire, le meilleur exemple de cette politique, c’est le cas du Mali qui en 1998 a postulé pour  l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations de 2002. C’est suite à cette organisation  que le président malien d’alors , Alpha Oumar Konaré  a réussi à mettre en exécution  le plan quinquennal qu’il avait élaboré avec ses  techniciens pour la République du Mali. 

Donc, c’est à travers cette Coupe d’Afrique des Nations 2002 qu’il a pu doter son pays  de toutes ces infrastructures dans  plusieurs domaines notamment : quatre aéroports internationaux, quatre stades à l’intérieurs du pays, plus 1 à Bamako, le signal satellitaire, des hôtels, des routes, des hôpitaux, des commissariats de police et des logements . C’est un peu ce qui nous a inspirés  pour mener  un plaidoyer depuis le 01 février 1994 à l’adresse de nos autorités  afin que la Guinée aussi puisse abriter une épreuve à  l’échelle de la Coupe d’Afrique des nations, pour rattraper  le retard qu’on a enregistré au plan des infrastructures. 

Regardez un peu la Guinée depuis notre indépendance, il n’existe que le seul stade du 28 septembre qui a été construit en 1960, par le biais de la coopération de  l’ex Union soviétique, et le grand stade de Nongo dont le premier ministre du gouvernement de consensus Lansana Kouyaté avait posé la première pierre en 2007, mais jusqu'à présent, il n’est pas encore fonctionnel, bien que c’est un don que nous avons reçu  de la république de Chine d’une valeur de 50 millions de dollars. 

Le contrat a été négocié de telle sorte que la Chine devrait faire une partie et la Guinée finir les travaux extérieurs du stade. Il faut l’avouer, les Chinois ont fini leurs parts  contractuelles, nous sommes jusqu'à présent incapables d’achever ce bijoux architectural que nous avons eu de nos amis chinois. 

Comme on nous a attribué l’organisation de  la coupe d’Afrique des nations 2023, je pense que c’est le seul moyen pour nous d’avoir des infrastructures et de permettre aux régions de l’intérieurs de résorber  un peu le manque d’infrastructures que connait le pays. C’est ainsi que Conakry, Kankan, Labé et N’Nzérékoré qui ont été choisis comme sites  de compétitions, pourront  abriter, selon le cahier des charges de la  CAF, un aéroport international, des hôtels, un stade au norme CAF et FIFA, des routes, signaux satellitaires, de l’électricité, des formation sanitaires, etc.

Le projet de la CAN  est un véritable projet de développement et je pense que nos autorités devraient s’en saisir pour continuer le véritable développement de notre pays.    

GCI : Quelles leçons, tirez-vous de l’élimination de la Guinée face au Ghana, en quart de finale et que dites-vous de la démission du technicien français, Michel Dussuyer après cet échec ?   

TSD : Du point de vue technique,  le match contre le Ghana a été une humiliation, mais je pense qu’on aurait pu l’éviter, si on avait pris les devants, si on avait réalisé nos victoires dès nos premières rencontres pendant cette CAN 2015.

Si vous avez suivi cette compétition, nous avons joué à 100%contre la Cote d’Ivoire, ce jour-là, le 20 janvier, les Ivoiriens étaient à la portée de la Guinée. On a manqué d’audace et d’un peu de culot pour pouvoir battre les Ivoiriens. 

Le second match qui s’est effectué  le 24 janvier contre le Cameroun, la Guinée  a fait un match satisfaisant. Elle  a encaissé un premier but sur un corner et sur le coup, nous sommes revenus à la hauteur des  Camerounais. Il faut dire que l’arbitrage a un peu joué sur notre pays, dans le mesure vers la fin du match, un penalty nous a été refusé par l’arbitre. Sinon, on aurait gagné ce match. 

Ensuite,  troisième match a été une catastrophe, parce qu’en seconde  période, les Guinéens n’ont pas pu tenir, ils ont complètement flanché physiquement. Raison pour laquelle, on a pas pu résoudre le déficit physique, ce qui voudrait  dire que la préparation de l’équipe était quelque peu  approximative, je dirai qu’il y a des leçons d’ordre technique, administratif, puisque la fédération doit endosser la responsabilité d’avoir reconduit Michel Dussuyer à la tête du Syli national, après notre élimination à la CAN 2012, organisée  par le Gabon et la Guinée Équatoriale. 

Nous avons  été éliminés dès le premier tour parce qu’on avait perdu 1-0 contre le mali. Nous avons battu le Botswana 6 buts à 1 et nous avons fait un match nul 1-1 contre le Ghana. Le Mali et le Ghana se sont qualifiés pour le second tour.

a fédération a lancé un appel à la  candidature  mais,  Michel Dussuyer a été reconduit et là, il n’a pas réussi à  nous faire qualifier à  la CAN 2013, en Afrique du Sud. Malgré tous  ses échecs, il a été maintenu à la têtede l’équipe. 

Cependant, il se trouve qu’aujourd’hui, nous avons une bonne sélection qu’il a certes constituée mais, l’entraineur a prouvé ses limites pendant cette CAN 2015, et nous avons remarqué que l’équipe est beaucoup plus forte que lui. Ce qui fait qu’aujourd’hui heureusement, la fédération a compris et a lancé un appel pour une autre candidature d’entraineur pour le Syli National. 

Cette fois-ci, je pense que la fédération doit recruter un entraineur de haut niveau dépassant celui de Michel Dussuyer. Du  point de vue financier,  il y a beaucoup d’argent qu’on a dépensé pour la gestion de la CAN concernant le Syli national. Je pense que les autorités devraient faire très attention parce que c’est l’argent du contribuable. Il faut qu’il serve réellement le sport et non pas qu’on se serve du sport pour des intérêts égoïstes. 

Interview réalisée par Léon KOLIE, pour GCI

2015 - GuineeConakry.info

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