INTERVIEW GCI : Avec Doumbouya Mohamed Lamine, préfet de Boké

La préfecture de Boké a été récemment confrontée à la survenue de la maladie à virus Ebola. De Kamsar à Tamaransy, la mobilisation a été rapide et fulgurante pour endiguer l’invasion du virus maudit. En chef d’équipe, le jeune préfet de Boké, Mohamed Lamine Doumbouya, a su mettre partenaires et administrateurs en action pour atteindre les objectifs de l’urgence sanitaire. GuineeConakry.Info l’a rencontré pour vous. Interview.

Guineeconakry.info : quel est l’état des lieux de la situation d’Ebola dans votre préfecture ?

 

Doumbouya Mohamed Lamine : Boké était l’une des rares préfectures qui n’était pas entrée dans cette histoire d’Ebola, c’est seulement vers le 29 avril dernier que nous avons enregistré, un cas qui s’est présenté  à Kamsar. C’était  une malade venue de Boffa, qui  avait déjà développé la maladie et elle en est morte. Malheureusement, l’enterrement n’a pas été sécurisé. C’est de là que sont parties assez de contaminations de ma préfecture. Certes, il faut dire que de Kamsar, Ebola s’est présenté à Boké-ville au niveau de la rentrée de Tamaransy à la commune urbaine. Mais je vous avoue que nous sommes à 45 jours aujourd’hui sans Ebola dans la préfecture, la situation y est totalement sous contrôle.

GCI :   Quel le sort des citoyens détenus depuis les dernièresmanifestations à Kamsar ?

DML : Les manifestations qui ont eu lieu à Kamsar, le 29 mai passé, ont fait beaucoup de dégâts. Cette réticence qui a finalement abouti à des manifestations violentes avec la destruction d’édifices publics et privés comme le commissariat, la commune rurale ; même les motos et les véhicules ont été incendiés. Et, il y a eu  assez de dégât dans la cité  de Kamsar. Alors ceux qui ont été appréhendés et vus par les services de sécurité sur le terrain, ont été interpellés et sont à Boké, au niveau de la maison centrale. Leur situation se trouve dans les mains de la justice.

Si certains détenus qui ont été libérés, ça franchement, c’est  une nouvelle pour moi, parce que le gouverneur et moi étions sur le terrain, quand les services de sécurité sont venus de Conakry pour renforcer ceux de Boké et Kamsar. Les interpellations ont été faites et ont été conduites à la sureté de Boké. De là, nous avons fait leur première audition, ils ont été mis à la disposition de la justice. Et, une fois qu’un citoyen se retrouve dans les mains de l’appareil judicaire, leur sort est automatiquement géré les autorités juridiques du pays.

GCI : Quelle est la stratégie de combat utilisée par votre administration dans la lutte contre Ebola? 

DML : La première arme efficace de combat  contre Ebola, c‘est la sensibilisation. Nous avons pris la  sensibilisation comme notre arme de combat à tous les niveaux, les associations de femmes, de jeunes et des religieux, qui ont tenu des sermons dans les mosquées, dans les églises, même les laveurs de corps faisaient partie de nos cibles.

Nous avons mis en place un comité de surveillance d’Ebola à Boké, de de riposte dirigée par Dr Yattara, un homme averti, qui a de l’expérience. Il a vécu les moments durs d’Ebola à Macenta, où l’épidémie a fait plus 500 morts ! Après, il est parti à Boffa, et quand la situation de Kamsar s’est présentée, il a été aussitôt muté là par la Coordination. Donc avec toutes ces expériences appuyées par la direction préfectorale de la santé de  Boké, qui avait à ses côtés les partenaires comme l’OMS, l’UNICEF, la Croix rouge, CECID, MSF, qui ont accompagné et qui continuent d’accompagner l’Etat dans la lutte contre Ebola sur le terrain. 

 

GCI : Quelles actions prioritaires sont engagées pour développer la préfecture de Boké ?

DML : Pour le développement de la préfecture  de Boké, C’est le lieu et le moment de remercier le prof Alpha Condé qui est vrai un véritable bâtisseur, un véritable visionnaire,  un défenseur des causes justes, avec l’heureuse initiative d’organisation à travers les quatre régions de la Guinée les fêtes de l’indépendance.

C’est ainsi que  Boké fut la première ville  à abriter  ces festivités nationales. Il faut l’avouer que  ce n’est pas seulement ces festivités, ce sont aussi des infrastructures socio-économiques réalisées. Boké a été vraiment dotée, et même l’actuel siège de la préfecture fait partie des infrastructures qui ont été rénovées et d’autres sont en cours jusqu'à présent. Donc, cela a contribué positivement à changer l’image de Boké. Notre première action a été d’abord un projet d’adduction d’eau qui était en souffrance, le projet est allé jusqu'à 90% de financement. Mais,  il s’était arrêté et dès que nous avons appris la nouvelle de cette situation, nous avons mis tout en œuvre pour rencontrer les autorités compétentes et la situation a été débloquée, et aujourd’hui, le projet d’adduction est assuré, et il y a de l’eau à Boké !

Donc, nous nous sommes battus pour l’équipement de nos infrastructures et j’ai pensé que la restauration de l’Etat oblige que l’autorité soit dans le minimum des conditions de travail.

GCI : Votre appel aux Bokékas ?  

DML : Il faut que les fils de Boké s’entendent pour développer leur ville qui est celle qui apporte pour le moment le plus de devises au pays grâce  à l’exploitation de ses richesses minières.

 

Propos recueillis par Mariama SYLLA pour GCI

2015-GuineeConakry.Info

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