INTERVIEW GCI: Alpha Oumar Diallo, auteur de "Demba & le Bembeya Jazz"

S’il y a un atout de la première république qui requiert l’accord unanime, c’est bien la promotion et le rayonnement culturels de la Guinée. Or, le symbole de cette belle épopée est incontestablement: le Bembeya Jazz national, l’orchestre africain du siècle. Ce groupe mythique et Aboubacar Demba Camara, son chanteur émérite, ont donné et donnent encore lieu à de nombreux écrits. "Demba & le Bembeya Jazz" est de ceux-là. Publié par la maison d’édition, "Verdure", le livre est le fruit de l’émotion que le groupe a suscitée chez son auteur, Alpha Oumar Diallo, sociologue de formation. Il s’agit donc de la lecture forcément passionnée d’un observateur qui n’aura pas résisté à la tentation de se laisser séduire par la légende Bembeya. Par rapport aux autres ouvrages qui ont été produits sur le groupe, le livre d’Alpha Oumar Diallo, en guise de complètement, sonne une comme une confirmation du succès planétaire du Bembeya Jazz national. Entrevue...

GuinéeConakry.Info : Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

Alpha Oumar Diallo : Je pourrais bien dire que le goût de l’écriture me vient quelque part du contexte socioculturel de ma jeunesse. Je voudrais à propos dire ici que je suis de la génération des années 50-60. A cette époque, les jeunes que nous étions, avons été bercés et impressionnés par de grandes œuvres culturelles dont entre autres, je cite ici, les Ballets africains de Fodéba Keïta, les orchestres nationaux de la République de Guinée, l’Enfant noir de Camara Laye, Leuk le lièvre d’Abdoulaye Sadji et de Léopold-Sédar Senghor. Sur le plan sportif, je voudrais ici relever le fait que cette époque avait vu l’éclosion et la consécration du Hafia AC de Conakry. Je pense que vous serez d’accord avec moi que ce sont là des chefs d’œuvres légendaires en Afrique. Alors, quand on a grandi dans un tel contexte, on ne peut ne pas en être marqué. Ce fut mon cas, de cette période, j’ai acquis un grand amour pour la lecture. En guise d’illustration, je voudrais ici dire que j’ai lu l’Enfant noir de Camara Laye, quand j’étais encore en 3ème année de l’école primaire. Et de cette lecture, je suis vite passé à l’écriture. Du coup, dès le collège, j’ai commencé à m’exercer à l’écriture avec des poèmes et des textes relatifs au football.   

GCI : Vous  venez de publier aux Editions Verdure, "Demba et le Bembeya Jazz ". De quoi est-il question ?

AOD : Avant de répondre à cette question, permettez-moi de saisir l’opportunité qui m’est ainsi offerte pour remercier tous ceux dont le concours a permis la réalisation de ce qui a longtemps été pour moi un rêve. Je voudrais particulièrement témoigner ma gratitude à M. Karamoko Oury Wann, l’éditeur, M. Sidiki Sano, Salifou Kaba du Bembeya ainsi que tous les autres artistes de l’orchestre. De même, je dis merci à Alpha Yaya Condé, fis du fondateur du Bembeya Jazz.

Pour revenir à votre question, le livre retrace la vie de Demba dans le Bembeya Jazz. Comme je le disais plus haut, il s’agit là d’un rêve qui se réalise heureusement pour moi. Pour la petite histoire, j’ai fait la connaissance de Demba pour la première fois à Mamou en 1969. J’étais collégien. Au cours d’une rencontre des plus fortuites au Buffet de la gare, m’entretenant avec le charismatique chanteur du groupe, je lui ai promis de parler de lui un jour, après mes études. Dieu merci, chose promise, aujourd’hui chose faite.

GCI : Pouvez-vous nous faire un résumé de votre livre ?

AOD : Il s’agit d’un livre de 60 pages et comportant 11 chapitres. Comme vous l’avez souligné précédemment, il a été édité par la maison, La Verdure. Pour la première livraison, nous avons sorti 500 exemplaires. Dans cet ouvrage, usant d’un style simple et relativement abordable par le lecteur, j’ai essayé de camper la merveilleuse histoire de l’orchestre le plus célèbre de l’Afrique.

Ce n’est pas moi qui le dis, mais le Tamani d’or que le groupe a reçu l’atteste éloquemment. Dans ce livre, il est tout à la fois question de la création du groupe en 1961 au bord du marigot dont il porte le nom, l’arrivée de Salifou et de Demba, les années de gloire (1964, 1965,1966), la participation au sommet tricontinental ou au festival d’Alger, sans oublier le 10ème anniversaire avec l’album Dix ans de succès. Un album qui du reste le hissera au sommet du hit parade de nombreuses radios africaines, assurant du coup sa suprématie sur les autres groupes orchestraux africains. Du moins jusqu’à la mort de son charismatique chanteur en 1973 à Dakar.

GCI : Au-delà de la célèbre histoire du Bembeya, quel autre message avez-vous voulu véhiculer à travers ce livre ?

AOD : Dans ce livre, au-delà du Bembeya, j’ai voulu mettre en évidence les acquis culturels de la République de Guinée. J’ai également eu à cœur d’apporter ma modeste contribution à la connaissance de l’histoire musicale de mon pays. J’espère simplement que ma démarche inspirera la génération actuelle dans le sens du rayonnement de notre identité culturelle. Enfin, je voudrais surtout préciser à l’intention de vos lecteurs que le livre est le point de vue d’un spectateur qui a été subjugué par le Bembeya et ce que cet orchestre à réalisé comme prouesses. C'est ma façon à moi de souhaiter bonne fête de l'indépendance à tous les Guinéens.

Propos recueillis par Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce