INTERVIEW EXCLUSIVE GCI : Avec Mohamed Ag Ayoya, Représentant de l'Unicef en Guinée

Mohamed Ag Ayoya est le Représentant de l’Unicef en Guinée. Il est en même temps un partenaire technique et financier avisé de la lutte contre Ebola, à travers la Coordination nationale de lutte contre la maladie à virus. L’Unicef vient d’apporter son appui à l’organisation de l’atelier scientifique international sur les vaccins, organisé du 27 au 29 novembre à Conakry. Quoi de plus logique, quand on connait le rôle nodal de l'Unicef dans les grandes campagnes de vaccination contre la poliomyélite, la méningite, la rougeole, etc. Dans cette interview exclusive, M. Ayoya, le haut fonctionnaire onusien analyse et dit son espoir face aux recommandations de l'atelier, dont la pertinence appelle la Guinée et la communauté des professionnels et des politiques, à approfondir la réflexion pour des actions futures concertées.

GuineeConakry.Info : L’Unicef étant partie prenante dans la lutte contre la maladie Ebola, quelle est votre appréciation de l’opportunité de la tenue de cet atelier sur les vaccins ?

Mohamed Ag Ayoya : Je pense que de façon globale, l’atelier s’est  très bien passé. On a, durant trois jours avec des experts au niveau mondial, discuté de la question du vaccin pour la maladie à virus Ebola et également des autres fièvres hémorragiques épidémiques. De ce que nous avons entendu durant ces trois jours, il ressort  notamment les recommandations qui ont été lues lors de cette clôture devant les autorités nationales, en l’occurrence le premier ministre, sur les étapes essentielles pour atteindre les objectifs que le pays s’est fixés.

GCI : Pensez-vous que les lignes ont bougé à l’issue de cet atelier ?

MAA : Des avancées ont été faites, non seulement sur le plan de la lutte de terrain contre l’épidémie d’Ebola, ici en Guinée, avec la méthode en ceinture, parce qu’un essai vaccinal a été conduit avec beaucoup de succès ici, et actuellement les autres pays en profitent. Mais aussi tous les spécialistes se sont retrouvés ici, au même moment pour échanger sur le futur du monde, parce qu’il s’agit quand même d’une épidémie d’ampleur internationale. Ensemble, ils ont accepté d’arriver à un certain nombre de recommandations et c’est déjà une avancée extrêmement importante !

GCI : Pensez-vous que les recommandations faites ici ont des chances d’être appliqués par les parties prenantes ?

MAA: Je disais tantôt que nous avons aujourd’hui la chance d’avoir des recommandations, qui à mon avis tournent autour de plusieurs aspects. Notamment les plaidoyers et les aspects scientifiques, techniques et de financement. Je disais aussi que notre appel va être entendu parce que déjà durant deux ans, on a fait face une épidémie plus large d’Ebola qui a sévi en Guinée, mais aussi en Sierra Léone et au Libéria, en plus du reste du monde. A Conakry, ce sont des scientifiques et des décideurs politiques qui ont travaillé conjointement et concrètement, avec des exposés pointus sur l’état des recherches. On peut donc prendre au sérieux les recommandations issues de cette rencontre de haut niveau.

Parce que qu’il s’agit de l’avenir de ce pays et de l’avenir du monde entier, pour faire en sorte qu’aucun autre pays au monde ne connaisse ce que nous avons connu ici en Guinée, en Sierra Léone et au Libéria ! Pour justement faire en sorte que dans tous ces pays de la sous-région, en Afrique et dans le monde, qu’on ait plus une épidémie d’une telle envergure.

Donc c’est avec satisfaction que l’Unicef a soutenu ce projet. J’ai beaucoup d’espoir que les recommandations sortis de ces travaux de professionnels, seront vraiment prises en considération, à la fois par le gouvernement et le président de la république. Mais aussi par les partenaires techniques et financiers que nous sommes et qui sommes là en appui au gouvernement.

GCI : Une unité de production de vaccins en Guinée, vous y croyez ?

MAA : Vous savez les spécialistes ont beaucoup discuté de cette question. Il y a eu des discussions assez franches à mon avis, que ce soit du cas du vaccin ou des produits pharmaceutiques. Mais je crois que les cadres de l’OMS qui ont une certaine expérience en la matière ont montré clairement qu’il y a des étapes qu’il faut nécessairement suivre, et je crois que ces gens qui ont beaucoup d’expérience à travers le monde ont toujours montré qu’il y a une possibilité de voir cela réalisé, si toutes les conditions objectives sont réunies. Mais il s’agit là d’une question de temps, de conditions techniques et financières, sans oublier une solide volonté politique de travailler dans un partenariat intelligent au service des populations.

Propos recueillis par Mamadou Aliou Diallo pour GCI

2015-GuineeConakry.Info

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