INTERNET: WikiLeaks, séisme planétaire!

Depuis dimanche dernier, il n'est plus question que de cela dans la presse internationale. Les révélations du site WikiLeaks. Ce site dont le fondateur est l'australien de 39 ans, Julian Assange, s'est spécialisé dans la publication des documents plutôt confidentiels. Il s'est fait connaître tout au début en publiant plus de 90 000 enregistrements d'incidents ainsi que des rapports secrets rédigés par les services de renseignements américains durant la guerre en Afghanistan, révélant les détails du conflit dans ses moindres aspects,..

Il s'est fait connaître tout au début en publiant plus de 90 000 enregistrements d'incidents ainsi que des rapports secrets rédigés par les services de renseignements américains durant la guerre en Afghanistan, révélant les détails du conflit dans ses moindres aspects, et mettant en lumières ses ramifications en Irak et au Pakistan.

Au menu, la manière dont des unités spéciales traquent et abattent sans autre forme de procès des leaders talibans, comment les forces armées américaines ont caché le fait que ces mêmes talibans avaient acquis des missiles sol-air?

Ou encore la façon dont les forces de la coalition utilisent de plus en plus intensément des drones, télécommandés depuis une base militaire au Nevada, ainsi que des dizaines de milliers d'autres informations. Ça c'était à l'été dernier. Bien que fortement critiqué à l'époque par l'administration américaine, WikiLeaks récidive.

Mais cette fois-ci, la cible est plus large et le contenu des informations plus varié. Cette fois-ci, il s'agit de télégrammes classés « secrets » pour certains, « confidentiels » ou « non classifiés » pour la plupart. Aucun n'est classé « Top Secret ». La publication de leur contenu a mobilisé cent-vingt journalistes de cinq pays.

Le Monde en France, El Pais en Espagne, Der Spiegel en Allemagne, le Guardian en Grande-Bretagne et le New York Times aux Etats-Unis, ont analysé pendant des semaines les documents bruts fournis par WikiLeaks. Selon Le Monde, les cinq journaux concernés ont collaboré pour effacer les indices qui pourraient mettre des vies en danger.

Comme on le voit, Julian Assange a pris soin d'élargir aussi le réseau de distribution. Alors que dans le précédent cas, il ne s'était appuyé que sur Der Spiegel, Guardian et New York Times, cette fois, il y ajoute El Pais et Le Monde. La source des fuites pourrait être Bradley Manning, un militaire américain âgé de 23 ans, qui a travaillé dans une unité de renseignement de l'US Army basée en Irak. Il a eu accès à des réseaux informatiques utilisés par les militaires et les diplomates américains du monde entier.

Manning aurait copié des centaines de milliers de documents, qu'il a envoyés à WikiLeaks. Il s'en est vanté auprès d'un ancien hacker, qui l'a dénoncé. Arrêté, le jeune militaire a été inculpé et risque 52 ans de prison. Les membres d'un comité de soutien à Bradley Manning sont strictement surveillés.

Mais au-delà de tout, Ce qui embarrasse Washington et beaucoup de capitales du monde entier, c'est le tableau des attributions des diplomates américains, tel qu'il apparait à la lecture des télégrammes. Il leur est demandé de se procurer à des fins de renseignement les données personnelles, y compris l'ADN, de divers diplomates et responsables politiques étrangers, même ceux des pays amis.

Les membres de l'ONU et les militants d'organisations non-gouvernementales constituent également des « cibles » pour les diplomates. Craignant des réactions hostiles, Washington a pris soin d'informer ses alliés par avance de certains contenus sensibles révélés par les télégrammes.

Ce qui est sûr c'est qu'on y apprend des confidences jusque-là insoupçonnables. Ainsi, sait-on, à travers ces documents que la chancelière allemande Angela Merkel est trop prudente et manque d'imagination, le président français Nicolas Sarkozy, par ailleurs un allié fidèle des Etats-Unis, serait devenu au fil du temps « susceptible et autoritaire », le Premier ministre italien Silvio Berlusconi est un dirigeant incapable, inefficace et fêtard, alors que le président russe Dimitri Medvedev serait dominé par son Premier ministre Vladimir Poutine...

Beaucoup de personnalités politiques de premier plan en prennent pour leurs grades. Cependant, tous les alliés des Etats-Unis restent solidaires et condamnent les fuites. François Baroin, porte-parole du gouvernement français, a estimé que la publication des télégrammes constitue « une menace ». Il a souligné que, pour lui, « une société transparente, c'était une société totalitaire ».

Ce qui apparait comme la première évidence, à travers les documents reçus de WikiLeaks, c'est la peur que provoque, surtout dans les pays arabes, la perspective d'un Iran doté de l'arme atomique. Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite, n'a pas hésité à demander aux Etats-Unis d'engager une action militaire contre Téhéran, afin de « couper la tête du serpent ».

La déclaration du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, dans ce contexte, mérite d'être soulignée: il affirme que les pays de la région sont tous amis les uns avec les autres et que les Américains ont « fabriqué » les documents diffusés via WikiLeaks, car « ils poursuivent des buts politiques ».

Comme pour dire que l'informatique, manifestement impersonnelle se retourne contre ces concepteurs. Mais la principale leçon qu'il faudra tirer de ce déluge d'informations Wiki, et surtout des menaces en tous genres et pressions que subirait Julian Assange, c'est que la liberté d'expression et de presse, est hélas, toute relative, même quand il s'agit des pères fondateurs de la démocratie et traditionnellement donneurs de leçon.

La détermination du site ne serait pas toutefois pas entamée outre mesure,  puisque de nouvelles révélations sont encore projetées début 2011, au sujet d'un grand établissement bancaire américain. Pour le fondateur du site, l'impact de ces révélations sera comparable à « l'affaire Enron », même s'il se prive de révéler l'identité de la banque en question. Une délectation médiatique en perspective! Ce qui est sur, cet résistance passionnée de Julian Assange, donnera des idées à bien d'autres journalistes de pays africains ou d'ailleurs, dans la quête professionnelle de la vérité... en toute liberté.
GCI suit pour vous.
Fodé Kalia Camara pour GuineeConakry.info

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