
Cette décision aurait en effet suscité une certaine inquiétude de la part des autorités des trois autres pays. Pour comprendre ce sentiment d’inquiétude, il est important de savoir que la construction du barrage de Kaléta faisait partie d’un plus vaste projet énergétique, à caractère sous-régional qui, outre le barrage devant être réalisé sur l’embouchure du fleuve Konkouré, comprenait le barrage de Sambagalou, sur le territoire sénégalais, et plus précisément sur le fleuve Gambie, puis un vaste réseau d’interconnexions d’une longueur totale de 1700 km, devant mettre en réseau les quatre pays.
Les premières études en ce qui concerne ledit projet remontent à 1994. Depuis, de nombreuses autres études, notamment sur l’impact environnemental ont été menées, grâce à l’appui financier des quatre pays concernés et d’autres institutions de financement africains. Si les efforts avaient été couronnés de succès, le dernier de ces barrages, Sambagalou, aurait été mis en service à la fin de cette année 2011. Le coût total du projet avait été estimé en 2006 à 216 millions d’euros. Des chiffres qui ont sans doute augmenté depuis.
Mais ces dernières années, le projet a perdu de son aura. En ce qui concerne la Guinée, la raison est à trouver dans l’instabilité socio-politique qui caractérise le pays depuis cinq longues années. Le climat était tel qu’il n’était pas envisageable d’initier un quelconque projet de l’envergure de celui de Sambagalou et de Kaléta. De la part des autres partenaires sous-régionaux également, le projet avait perdu de son intérêt. Ils avaient certainement pensé qu’il était plus judicieux d’attendre que la Guinée retrouve le calme et la sérénité, de nature à lui permettre de véritablement prendre part au projet.
Seulement, le 13 août dernier, en concluant l’accord de la réalisation dudit barrage avec la China International Water and Electric (CWE), la Guinée semble avoir pris ''au dépourvu" ses partenaires. Car il faut dire que les 625 millions de dollars américains nécessaires à la réalisation du barrage seront fournis par la Guinée, sur fonds propres. Autrement dit, la Guinée sera la seule à gérer à la fois les questions relatives à la construction du barrage, à l’établissement du réseau de transport ainsi que celles se rapportant sur l’énergie qui sera produite. Une situation qui ne pouvait laisser tranquilles les autres pays de la sous-région.
C’est ainsi qu’aussitôt, la réunion des experts a été convoquée en vue d’amener les quatre gouvernements à discuter des modalités de relance éventuelle du projet d’intégration énergétique régionale. Il s’agit notamment de voir si la Guinée accepterait que Kaléta soit réintroduit ou maintenu, dans l’approche sous-régionale ou si son option solitaire est définitive et exclusive.
Selon certaines informations, les autorités gambiennes, bissau-guinéennes et sénégalaises auraient réussi à convaincre le gouvernement guinéen à opter pour la première alternative, cela risque bien d’entrainer une certaine modification des données du projet de barrage de Kaléta. Si ces tractations n’aboutissaient pas, la Guinée vendrait certainement le courant à ces trois autres partenaires, comme elle le ferait avec n’importe quel client.
Une solution que ces autres membres de l’OMVG semble avoir réussi ont réussi à
éviter. GCI suit pour vous.
Fatimatou Barry pour GuineeConakry.info




















