
Aussi, à Zogota, Siguiri et près de nous, dans la commune de Matoto et plus précisément dans le quartier Fagban, les populations sont sorties et exprimé leur colère! Dans certains cas, on a malheureusement déploré des morts et des blessés..
Le front des manifestations populaires s’était relativement calmé après les événements liés au courant électrique, dans le cadre de la Coupe d’Afrique des Nations au mois de février. Mais le phénomène semble avoir repris. Tout d’abord, avec les populations du quartier Tombo qui, en raison des pluies diluviennes qui s’abattent sur la capitale guinéenne depuis quelques semaines, s’étaient soudainement retrouvées sous les eaux. Accusant le pouvoir de n’avoir rien fait pour éviter que le phénomène d’inondation se répète dans leur quartier, elles avaient brièvement paralysé la circulation. Par la suite, on avait connu les protestations des femmes balayeuses de Conakry qui, pour des raisons d’arriérés de salaires impayés, avaient, elles aussi, obstrué le passage à plusieurs niveaux.
Le blocage de la circulation, c’est également l’approche dont se sont servis hier les manifestants du quartier Fagban. Là aussi, les populations étaient sorties pour dire leur colère pour le déficit qu’ils connaissent en matière de fourniture du courant électrique et de l’eau. C’est à croire qu’il s’agissait des résurgences des manifs du mois de février. C’est d’autant plus anachronique qu’on a l’impression qu’il y a une légère amélioration dans la desserte électrique à Conakry, depuis quelques jours. Justement remontés par ce qu’ils pensent être une injustice à l’égard de leur quartier, les manifestants en voulaient particulièrement au chef de quartier, qu’ils ont pris en otage pour plusieurs heures.
A la différence des manifestations qui ont lieu dans la capitale guinéenne, les événements de ces derniers temps à l’intérieur du pays, ont été plus violents, au point de déboucher même sur des morts. Le plus dramatique reste les altercations entre les forces de l’ordre et les villageois de la CRD de Zogota. C’était dans la nuit du vendredi au samedi passé.
Dépêchées sur place pour procéder à l’interpellation des présumés auteurs des manifestations qui avaient deux jours plus tôt conduit au saccage des installations de la société minière brésilienne, Vale, les forces de l’ordre, soumises à une forte résistance, s’étaient servies de leurs armes.
Au moins cinq villageois y avaient perdu la vie. De nombreux autres, blessés. Un véritable drame qui n’a pas fini de parler de lui dans le pays. A Siguiri aussi, il y a eu au moins une victime mortelle. C’était hier mardi. Dans cette ville située à la ponte nord-est du pays, on vit essentiellement de l’exploitation des mines aurifères. La raison de la manifestation d’hier se trouve dans les récurrentes attaques contre les magasins contenants des bijoux en or. La dernière ayant été perpétrée la veille même.
Une dégradation du climat sécuritaire que les populations disent trouver incompréhensible, au regard de la passivité qu’affichent les autorités locales à tous les niveaux. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ces autorités ont été les cibles principales du soulèvement d’hier. Pour leur part, les forces de l’ordre ont tout naturellement intervenu. Mais elles semblent y être allées, avec une certaine disproportion. De sorte qu’on a déploré un manifestant tué par des balles réelles. Beaucoup d’autres ont également été blessés.
Finalement, on se demande s’il s’agit là d’un phénomène de mode qui sonne l’impatience face au retard enregistré dans la concrétisation de certaines promesses?
Momo Soumah pour GuineeConakry.info
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