
Les spécialistes y voient la marque d’une certaine vulnérabilité des populations face à l’insécurité alimentaire.
En ce qui concerne les caractéristiques des ménages en insécurité alimentaire, les experts ont identifié au compte de l’insécurité alimentaire sévère, entre autres : ménage très pauvre et agricole, chef de ménage femme, peu ou pas du tout éduquée, forte dépendance au marché, vit dans l’enclavement, dépense plus de 60 % de son revenu en alimentation (dette). Pour les ménages victimes de l’insécurité alimentaire modérée, ils se caractérisent notamment par le fait qu’ils dépensent la moitié de leur revenu pour la nourriture, consomme des céréales, quelques légumes/fruit, huile et surtout pas du tout de protéines et sont très vulnérables aux chocs économiques.
Les auteurs de l’étude ont également remarqué une certaine corrélation entre l’insécurité alimentaire et des facteurs socio-démographiques tels l’éducation et la santé. Ainsi, disent-ils, 38 % des chefs de ménages de leur échantillon n’ont aucun niveau d’instruction formel tandis que 49 % des enfants âgés de 6 à 14 ans et relevant des ménages identifiés comme très pauvres (55 % de l’échantillon) n’étaient pas scolarisés au moment de l’enquête. Du point de vue sanitaire, les auteurs de l’étude notent que 44 % des villages enquêtés n’avaient aucune infrastructure sanitaire fonctionnelle. Dans seulement 11 % des villages, il a été notifié l’existence d’une pharmacie, d’un dépôt ou d’une mutuelle pharmaceutique. De même 10 % seulement de ces villages sont accessibles via une route goudronnée. 57 % des villages enquêtés sont enclavés dans l’année en raison de la pluie (41 %) et des mauvaises routes (30 %).
Au terme de cette présentation et se fondant sur les principaux enseignements de l’étude, les auteurs ont formulé des recommandations qu’ils ont catégorisées en court et moyen termes. Ces recommandations qui ont été par ailleurs enrichies par les contributions pertinentes que certains participants ont apportées. Il s’agit notamment de l’examen approfondi de l’impact des activités minières artisanales sur les activités agricoles. Mais au-delà de tout ce qui aura été dit, tout le monde a reconnu la nécessité d’une action concertée et s’inscrivant dans une certaine synergie pour permettre de venir à bout de tous les défis qui sont mis en exergue par les résultats de cette enquête.
En tout cas, du point de vue des autorités, le ministre de l’agriculture a mis à profit son mot de clôture pour réitérer la disponibilité de son gouvernement et celle du président de la République en particulier en vue de l’atteinte de l’objectif relatif à l’autosuffisance alimentaire. A propos, il ne s’est d’ailleurs pas privé de rappeler les investissements, dit-il, importants que l’Etat a engagés dans le secteur depuis l’avènement de la 3ème République.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















