
D’autant plus que la dégradation se manifeste aussi bien dans la capitale guinéenne, qu’à l’intérieur du pays, où des coupeurs de route font vivre une véritable terreur aux usagers des voies interurbaines. Le dernier acte crapuleux dont se sont rendus coupables les bandits, c’est bien l’attaque meurtrière perpétrée dans la soirée du jeudi 5 juillet contre un bijoutier de Bomboly, un secteur relevant du quartier de Koloma, dans la commune de Ratoma. Laye Kourouma qui était l’objectif principal des malfrats semble avoir été filé par ces derniers. En tout cas, ils auront attendu qu’il amasse les bijoux qu’il avait dans son échoppe, et qu’il les mette dans son sac. Pendant que son apprenti s’affairait à fermer la bijouterie, Laye se dirige vers sa voiture dont il ouvre la portière avant de s’y installer. Il prend soin de ranger le sac sur le siège d’à côté. Et c’est alors qu’il attendait son apprenti, qu’il devait manifestement ramener avec lui que les cinq bandits encagoulés et armés, ont surgi de nulle part.
Le premier réflexe de la victime fut bien évidemment de fermer les portières et de bloquer les vitres. Mais c’était mal connaître la détermination qui animait ses assaillants. C’est ainsi que l’un d’eux, pointant son arme sur la victime apeurée, ouvre le feu! Les balles brisent les vitres et atteignent mortellement Laye Kourouma. On en profite pour ouvrir la portière et prendre possession du sac qui, selon certains témoignages, contiendraient jusqu’à 500 g d’or.
Pendant ce temps, les membres de la bande, dans le souci de semer la panique qui facilite ce genre d’opération, s’étaient mis à tirer à tue-tête et dans tous les sens. Et vont mortellement atteindre Mamoudou Bah, un jeune gérant d’un restaurant qui était contigu à la bijouterie. L’apprenti, lui, aura plus de chance, la balle n’ayant fait qu’effleurer son front.
Au-delà du regret et de la colère légitimes que l’opinion publique éprouve par rapport à ce double assassinat, c’est le caractère récurent de ces attaques qui devient vraiment inquiétant. Il faut rappeler qu’il y a quelques semaines, c’est une attaque quasi-similaire qui avait été enregistrée à Cosa. A la différence, dans ce dernier cas, les auteurs du coup n’avaient pas poussé leur cruauté jusqu’à tuer les victimes. Ils s’étaient contentés de les dépouiller, avant de s’enfuir à bord d’un véhicule.
De même, on n’a pas encore oublié l’audace et la témérité dont avait fait montre un groupe de bandits au mois de février dernier, en décidant d’exécuter leur forfaiture dans les bandes de 9 heures du matin. Heure de grande affluence au rond-point de Bambéto. Pourtant, ils avaient réussi leur coup et s’étaient fait la belle par la suite.
A l’intérieur du pays encore, la situation n’est guère meilleure. Récemment encore, c’est Kankan qui était sous les feux de l’actualité, en raison d’une attaque contre une station service qui s’était soldée par deux victimes mortelles. Par ailleurs, des assassinats et des attaques attribués à des coupeurs de route, sont régulièrement signalés sur les axes reliant les différentes préfectures.
On n’oublie pas non plus, l’assassinat récent d’un chauffeur par militaire en faction à un barrage routier à l’entrée de la ville-carrefour, Mamou.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















