IN MEMORIAM: Page Souvenir Kèlètigui Traoré

Il y a quatre ans, la mort frappait Maître Kèlètigui Traoré chef d’orchestre de l’ensemble de musique moderne Kèlètigui et ses Tambourinis. Avec cette disparition, c’est tout un pan de l’histoire de la musique guinéenne qui s’est envolé en poussières artistiques. Pour la génération actuelle, nous retraçons le parcours de ce talentueux musicien. Avec Thierno Saidou Diakité « Tino » qui depuis la mort de Maître Kèlètigui TRAORE le 11 novembre 2011, chaque année anime une émission avec une radio de la place. En 2008, c'était sur les antennes de Djoliba FM avec Sékou Mady Traoré, l'année suivante sur Horizon FM avec Diésira Condé. Cette année, ce dimanche, toujours avec Diésira Condé, il était à 20h, dans une émission spéciale sur le patriarche "Kèlè". Tino en a fait son affaire, puisque quelques jours avant la mort de Maître Kèlè, il a eu l'occasion de le déposer à deux reprises à son domicile de la Paillotte. Il lui avait promis que s'il se relevait de sa maladie, il lui accorderait une interview exclusive. Malheureusement, le destin en a décidé autrement... 22:43 11-11-2012

                              PAGE SOUVENIR KELETIGUI TRAORE

                                      11 novembre 2008 – 11 novembre 2012

Né le 26 mai 1934 à Conakry, beaucoup ne le savent pas, feu Kèlètigui Traoré n’a pas embrassé immédiatement la musique. A la suite de ses études à Conakry, il exerça le métier de pompiste à la place de son père. Avant d’être commissaire de police, il sera quelques années tailleur. 

Atteint par le virus de la musique, Kèlètigui Traoré commence à flirter avec le banjo, mais il a aussi joué de l’accordéon, la guitare et la basse. En 1951, il rejoint son premier groupe et prend des cours de saxo avec deux français. De 1953 à 1956, il a joué avec la Symphonie Joviale, un orchestre qui s’était formé dans les années 1930. Cette formation musicale animait l’hôtel de France (aujourd’hui Novotel) pour la clientèle française. Dans le groupe, on comptait la présence de Kanfory Sanoussi et Momo Wandell Soumah.

En 1956, la Guinée perd la gestion de l’hôtel de France, et Kèlètigui achète des instruments pour constituer une nouvelle formation musicale Harlem Jazz. Cet orchestre était considéré comme le meilleur sur la scène musicale jusqu’à l’indépendance du pays en 1958.

Au mois de mars 1959, le premier congrès de la JRDA, la Jeunesse du Rassemblement Démocratique Africaine, l’organisation des jeunes du PDG, décide de la suppression de tous les orchestres privés. On assiste ainsi à la constitution d’un ensemble musical, le Syli Orchestre, dirigé par Kanfory Sanoussi, qui donnera plus tard deux orchestres nationaux, l’un dirigé par Kèlètigui Traoré et Balla Onivogui.

Ainsi débuta la carrière de l’orchestre moderne Kèlètigui et ses Tambourinis qui prit le nom de feu Maître Kèlètigui Traoré.  Pendant près de quatre décennies, ce groupe musical nous a bercé avec un répertoire riche en couleur et rythmes du pays.

Homme orchestre, touche à tout,  Maître Kèlètigui était un musicien hors paire, qui rivalisait avec les meilleurs saxos d’Afrique. Instrumentiste et arrangeur, ses partitions dans Sax Parade ou son intro dans le best Maderi ne laisse personne indifférent.

Pour mesurer le talent de Maître Kèlètigui, je vais citer une américaine spécialiste de jazz qui dépeint en ces termes la personnalité musicale de Kèlètigui. Citation ‘’Kèlètigui Traoré est un saxophoniste ténor musclé qui cumule un large ton vocalisé vibrato avec un style attrayant lyrique improvisé. Kèlètigui maîtrise parfaitement la flûte cubaine, et a été le premier chef d’orchestre à utiliser le clavier dans la musique guinéenne en combinaison avec le balafon. Quel que soit l’instrument utilisé pour une chanson, les arrangements de Kèlètigui étaient frais et imaginatifs, mêlant instruments traditionnels, les rythmes et chansons avec le jazz et les musiques cubaine dans une parfaite harmonie musicale’’

Celui qui s’est entièrement investi pour la promotion de la musique moderne de Guinée, n’a malheureusement pas bénéficié de la reconnaissance nationale. Kèlètigui et bien d’autres illustres compatriotes disparus méritent d’avoir leurs bustes au Musée national. 

Comment a-t-on pu ignorer le rôle capital de ceux qui ont donné une vraie âme à la culture guinéenne, comme le fondateur des Ballets Africains de Guinée, Fodéba Keïta, l’artiste comédien Italo Zambo, Aboubacar Demba Camara le chanteur émérite du  Bembeya Jazz national, le saxophoniste MomoWandell Soumah, l’artiste Fodé Conté, l’écrivain Laye Camara, ou autres Williams Sassine ? 

T. Diakité pour GuineeConakry.info                                 

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