
C’était un honneur pour moi de partager avec ces aînés, ces moments de convivialité où chacun égrenait des souvenirs sur la longue traversée du journalisme guinéen de la Révolution à nos jours.
Témoin privilégié de l’évolution de la presse guinéenne, Fassiri Camara ne manquait jamais l’occasion d’attirer l’attention des jeunes journalistes sur le danger de l’auto-satisfaction. Car , aimait-il le souligner, c’est dans l’humilité que l’on apprend mieux et, c’est dans le travail bien fait qu’on sait grandir dans ce métier, parfois ingrat.
Vérité crue d’un doyen au fait de son art. Car mon secret, je l’avoue, était de réussir à suivre le chemin tracé par ces illustres « devanciers » qui ont aimé le journalisme non pas à cause de ce qu’il rapporte à qui l’exerce, mais à cause de ce qu’il procure pour ceux auxquels on s’adresse, à travers une information juste et équilibrée.
C’est pourquoi, lorsque j’ai été nommé en 2008 par décret du président Lansana Conté, directeur général de Horoya, sur proposition du ministre de la Communication d’alors, j’ai vu défiler tant de souvenirs, et je ne pouvais pas ne pas penser à Fassiri Camara qui avait occupé ce poste avant moi. C’aurait été merveilleux de travailler avec lui d’autant plus que le même décret l’avait nommé, lui le doyen, directeur adjoint du Service de la presse écrite publique et de l’édition.
Cette fois-là, je n’ai pas eu à bénéficier des conseils de Fassiri car je n’ai pas rejoint mon poste et je suis sûr, même s’il ne me l’a jamais dit, qu’il en était triste, lui qui a toujours œuvré dans la modestie, pour le renouvellement des générations. Un autre mérite de Fassiri Camara: transmettre le savoir et s’effacer.
Hélas, pour de bon, depuis le 4 décembre. Son inhumation aura lieu ce jeudi 6 décembre à Wanidara, après la prière de 14 heures, le jour de son anniversaire, car le doyen Fassiri est né le 6 décembre 1949 à Kissidougou!
Que la terre de Guinée qu’il a tant aimée et servi lui soit légère.
Aladji Cellou
Florence, Italie




















