IN MEMORIAM : Adieu, l'artiste Abdoul Karim ''Chuck Berry'' !

Quand le Congolais Ange Miguel chantait dans Kèlètigui et ses Tambourinis ‘’Chuck Berry dis-moi la vérité !’’, il s’adressait à ce chanteur de charme, musicien et danseur hors pair de salsa devant l’Eternel : Abdoul Karim Camara alias Chuck Berry. Ce surnom lui venait d’une certaine ressemblance, dans sa jeunesse, avec le guitariste chanteur-américain Chuck Berry, né Charles Edward Anderson Berry, ce génie du rock and roll.

Celui qui fut le musicien qui nous révéla la petite Saran Sanguiana, que l’Unicef propulsera dans son titre ‘’Je suis enfant, mais…’’, nous a quittés le 23 septembre dernier, terrassé par une longue maladie, dans le quartier Lansanaya. Malgré sa légendaire discrétion, il promènera sans complexe, sa fragile silhouette dans le Bafing Jazz de Mamou, le Gombo Jazz et African Groove de Maître Barry, sans oublier son aventure sénégalaise qui l’introduira chez Maestro Labah Sosseh, avec lequel, improvisera dans certaines chaudes soirées dakaroises.

Avec ses chapeaux melon velours, il s’était volontairement offert un look de dandy jazzy qui voulait se faire respecter par la classe artistique qu’il cultivait avec une bonhomie gourmande et généreuse. Quand il se mettait au piano ou au synthé, il se voulait un élégant accompagnateur de talents nouveaux et prometteurs. On lui doit à ce titre s’avoir fait pousser sur le terreau de son inspiration, cette inoubliable rose vocale que fut Saran Sanguiana et dont regrettera longtemps encore la fugacité.

Dans les animations du week-end au CybeResto « Chez JMJ-Maguy » avec l’African Groove, le public attendait toujours son interprétation réussie de la chanson ‘’Espiritu Burlon‘’ de Johnny Pacheco y su Charanga, où son humour artistique explosait littéralement, tandis que ses jambes esquissaient des figures chorégraphiques, où la souplesse le discutait à la vitesse et aux pirouettes. Au XIème Festival mondial de la jeunesse, il impressionnera plus d’un Cubain par ses glissades qui leur rappelaient le chanteur Ernesto Bacallao !   

S’étant sérieusement mis à l’école de la musique, il maîtrisera naturellement le solfège et s’appliquera à l’enseigner aux musiciens qui le fréquentaient. Il avait gardé de son père Da Momo Camara, compagnon de l’indépendance, décédé lui aussi en septembre 1968, cet amour fusionnel pour la Guinée. 

Justin MOREL Junior pour GuineeConakry.info

Crédits photo : GCI/Tabassy Baro

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