
Dans un long exposé sur la question de l'immigration, le désormais responsable en égalité des chances au sein de l'armée américaine, M. Kaba a d'abord brièvement retracé le parcours qui l’a mené là où il est. Il a expliqué que l'objectif pour lequel il a voulu partir en France, était pour étudier. La démarche qui lui a permis cela c'est Campus France.
Après avoir eu son bac, il décide de tenter l'aventure pour l'Occident. Il se retrouve d'abord en France pour les études, puis en Amérique où finalement par des concours de circonstances, il rejoint l'armée américaine, grâce à un parcours académique irréprochable qui lui a permis d'obtenir son diplôme français et guinéen en droit.
Il raconte qu'à son arrivée à Grenoble en France en 2001, le choc pour lui était énorme parce que « le système et le mode de vie n'étaient en rien semblables » à ce qu'il avait connu jusque-là. Après ses études en France, il obtient entre autres, un master 2 en droit des activités des entreprises à Lyon. Il réussit par la suite à décrocher un stage aux USA grâce à des correspondances de proches vivant en Amérique.
Il se retrouve donc à new York en avril 2006. Après quelques soucis liés à la barrière linguistique, tout rentrera très vite dans l'ordre, car M. Kaba va rapidement apprendre cette langue. Là-bas, il obtiendra entre autres un diplôme en droit à l'égalité des chances, ce qui va lui ouvrir après la voie pour rejoindre l'armée américaine, après avoir passé « un test de recrutement très compliqué », comme l'avoue le sergent Kaba. Selon lui, le concours était déséquilibré et très serré, parce qu'il y avait des postulants de niveau master ou doctorat.
En préambule il a défini l'immigration comme « un mouvement de populations de leurs points de naissance vers un autre territoire dont il ne sont pas natifs , ou citoyens à des fins qui leur sont propres ». Il a aussi fait remarqué que « ceux qui s'engagent dans l'immigration sont souvent des personnes des pays en voie de développement ou sous développement généralement les pays en-dessous du Sahara, les pays d'Amérique latine et les pays d'Asie du sud-est ».
Il a fait remarquer par exemple que « 80% des habitants des Etats-Unis sont des immigrés ». Ce sont des gens qui viennent de partout. L'Amérique est « un bel exemple en matière d'immigration, car ils ont su accepter les immigrés qui, à leur tour se sont fondus dans un grand tout ». Il a cité l'exemple notamment du président américain Barack Obama qui est d'origine kényane. Une réalité difficile à appliquer à d'autres pays occidentaux compte tenu, d’après lui, de facteurs spécifiques à eux.
Pour illustrer la problématique du pourquoi décide-t-on de partir ? M. Kaba a pris l'exemple sur l'Allemagne, ce pays dans lequel il sert actuellement au sein des forces américaines. Il explique que les Allemands sont très peu enclins à l'immigration. Pourquoi? Parce que selon lui, les Allemands ont tout ce dont ils ont besoin en Allemagne. Contrairement à un pays comme la Guinée. ''Ici les gens pensent qu'on manque de tout, on pense que le système éducatif, sanitaire, routier, font défaut…'' pense M. Kaba.
Grosso modo, le conférencier a répertorié quelques raisons qui poussent souvent les gens à prendre le chemin de l'aventure. Premièrement, il a cité la volonté de réussir dans « cet îlot de manques ». Il explique la volonté de vouloir prendre en charge les siens, amènent parfois certains jeunes ou pères de famille à vouloir rejoindre l'Occident. Deuxièmement, il y a le désespoir. A son avis, le fait de finir les études et de rester sans perspective, de trouver du travail pousse également la plupart des jeunes à s'engager dans l'immigration, dans l'espoir de trouver un meilleur sort.
Il y a plusieurs autres raisons à cela dont chacune est spécifique selon Sergent Kaba, mais il a tenu à préciser qu'il n'est pas de son ressort ni de sa volonté de vouloir dissuader les candidats à l'immigration de partir. Mais, il les exhorte à épuiser les voies légales. Il a cité par exemple son cas, en précisant que c'est à travers Campus France qu'il a pu rejoindre l'Europe pour ses études. Il regrette que certaines personnes qui se rendent en mission en Occident, prennent la poutre d'escampette et refusent carrément de revenir. Une attitude qu'il trouve « contreproductive et dommageable ». Car selon lui, il est préférable d'accomplir sa mission et de revenir. Cela ouvre la voie à d'autres voyages.
Il aussi mis en garde les candidats à l'immigration contre la situation de la vie en Occident. Il a averti qu'en Occident, « si vous ne travaillez pas, c'est très difficile. Nous en tant qu'étudiants, on a beaucoup souffert. Ce que vos proches vivant là-bas vous racontent, quand vous arrivez sur place, ils ne répondent plus au téléphone, donc c'est compliqué ! Ne vous fiez pas trop à vos parents qui sont là-bas, qui vous font miroiter à travers les réseaux sociaux, un soi-disant paradis. Ce qu'ils vivent là-bas, vous ne le savez pas…»
Pour finir, il a exhorté les jeunes à ne pas s'engager dans l'immigration clandestine. Notamment les embarcations clandestines de fortune qui ne sont en fait, que des réseaux de contrebande de passeurs véreux, « qui vendent des illusions aux jeunes pour les embobiner. À quoi bon dépenser des milliers d'euro pour mettre sa vie en péril? », s'est-t-il interrogé, alors qu'avec la même somme d'argent, « on peut normalement utiliser la voie légale pour immigrer ». Il a donc essayé dissuader les jeunes en les invitant à renoncer à ces genres de pratique, en rappelant le nombre de victimes en mer.
Mamadou Aliou DIALLO pour GCI
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