IBRAHIM BOUBACAR KEÏTA: Des débuts troublants

Il incarnait tout à la fois l’autorité et l’intransigeance. Mais force est de reconnaître qu’en seulement quelques mois d’exercice, le président malien suscite quelques doutes dans sa gouvernance. Se débarrasser de son premier ministre en à peine six mois, ce n’est pas preuve de stabilité et de cohérence en termes d’approche politique. Surtout quand on sait que les raisons du départ forcé d’OumarTatam Ly se trouvent dans des pressions politico-familiales exercées sur IBK. C’est à croire qu’il se laisse progressivement prendre en otage par les siens. Biologiques ou politiques.

Pour justifier la démission ou le limogeage (c’est selon) de l’ancien premier ministre malien, beaucoup d’observateurs avancent les agissements souterrains de Karim Keïta, le fils ainé d’Ibrahim Boubacar Keïta. Marchant sur les traces de son homonyme sénégalais, aujourd’hui en prison, « le fils de son père », commençant à prendre des galons, aurait torpillé les actions d’Oumar Tatam Ly, au point de le contraindre à jeter l’éponge.

Le pauvre aurait bien entendu essayé de trouver une solution à l’amiable. Mais en face, il aurait trouvé un IBK plus enclin à prêter l’oreille à son fils. Il n’aurait donc pas eu le choix. Mais en réalité, Karim Keïta n’est que la face émergée d’un lobby plus grand, auquel le premier ministre avait à faire. Comme c’est très souvent le cas en Afrique, la bataille qui a lieu autour d’IBK relève du partage du gâteau.

Une bataille qui met aux prises les cadres historiques du Rassemblement pour le Mali (RPM, parti au pouvoir) et les militants de la 25ème heure, perçus comme de « vulgaires opportunistes ». Novice en politique, l’ancien premier ministre relève tout naturellement du second groupe. De l’autre côté, outre Karim Keïta, on a BocariTéréta, secrétaire général du  RPM.

Manifestement incapable de trancher entre les deux camps, le président malien opte pour une solution médiane. Il pousse Tatam Ly à la sortie, mais ne le remplace pas par un cacique du RPM. C’est ainsi que Moussa Mara qui n’est qu’un allié politique de circonstance, n’est pas non plus perçu comme « le choix idéal » par une certaine tendance au sein du parti au pouvoir ! Comme pour dire que la bataille n’est pas terminée.

Mais de la part d’IBK, tout cela s’apparente à un balbutiement qui ne rassure point, pour le nouveau départ que bien de Maliens espéraient pour leur pays. Tout d’abord, l’influence de plus en plus évidente de Karim Keïta dans des décisions d’intérêt national, accrédite de mieux en mieux la thèse d’une gestion népotiste du pouvoir.

Une accusation que de nombreux confrères maliens brandissent depuis que l’Assemblée nationale est dirigée par le beau-père Karim Keïta. Sans oublier les informations selon lesquelles, le même Karim, se serait arrangé pour que des cousins ou copains à lui se retrouvent dans les rouages du gouvernement et de la présidence de la République.

D’un autre point de vue, l’arrivée de Moussa Mara sonne la victoire de la gouvernance politique sur celle technocratique. Comme opérant un virage en moins d’un an, Ibrahim Boubacar Keïta se soucie dorénavant de calmer les rivalités politiques autour de sa personne, que du développement économique du pays.

Cela ressemble à une gouvernance ramenée davantage à ses (seuls) intérêts personnels. Car sit à tout ce melting-pot politico-social, on ajoute l'affaire du "parrain des parrains" Michel Tomi; il y a de quoi vraiment se poser des questions sur la gouvernance IBK... 

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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