HOLLANDE FACE A LA PRESSE: La forme et le fond

Six mois après son arrivée à l’Elysée, le président français était hier devant la presse. Pour ne pas laisser aux seuls journalistes, calés dans leurs salles de rédaction, le soin de dresser son bilan, François Hollande avait donné rendez-vous à 400 confrères, dans la grande salle des fêtes de l’Elysée. Pendant 150 minutes, le président français et les journalistes ont échangé. Les sujets français ont tout naturellement dominé la rencontre. De l’Afrique, il ne fut question que de la crise malienne, par rapport à laquelle le numéro un français à précisé les limites de la participation de son pays. Par extension, la question du vote des étrangers lors des élections locales est aussi de nature à intéresser le continent berceau de l’humanité. Mais pour la société civile et l’opinion publique africaines, l’enseignement à tirer de cette première grande conférence de presse de François Hollande, était moins dans le contenu que dans le fait même de son organisation... 0:38 14-11-2012

Les populations africaines voudraient tant que leurs dirigeants puissent s’inspirer d’une telle initiative pour apprendre à rendre compte.

La première chose dont on pourrait se réjouir suite à la conférence de presse de François Hollande d’hier, c’est le fait même que la rencontre constitue le respect d’une promesse électorale. Sur plusieurs sujets évoqués au cours de la conférence, le successeur de Sarkozy pourrait être logiquement critiquable. Mais en même temps, on reconnaîtra aisément qu’il a au moins tenu à sa promesse de convoquer la presse chaque six mois, pour évoquer la situation du pays. Il en découle le respect et la considération qu’il a pour la presse de son pays.

Cette attitude tranche avec celles de nombreux de ses collègues africains.

En guise d’illustration, il faut dire que pratiquement deux ans après son investiture, le président guinéen n’a pas encore un seul rendez-vous avec les médias de son pays. Malgré les sempiternelles protestations des médias guinéens, le chef de l’Etat continue à privilégier les confrères étrangers pour ses plus grandes annonces.

Sur beaucoup de sujets, le président guinéen est pourtant prompt à mettre en exergue la similitude qu’il a avec son camarade socialiste français. Eh bien, par rapport au respect que l’un et l’autre vouent aux médias de leurs pays respectifs, les deux hommes politiques ont des points divergents. Une différence que chacun semble cependant assumer.

Au-delà de cet intérêt pour les médias, les populations africaines aimeraient que leurs dirigeants, s’inspirant plus largement de l’attitude du président français et d’autres américains, européens et asiatiques, apprennent à leur rendre compte. Elles aimeraient, de la bouche de leurs chefs, en savoir davantage sur la façon dont leurs pays sont gérés.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info.

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce