
L’entente et l’harmonie que les présidents français et ivoirien ont affichées durant toute la journée d’hier, sont la preuve que devant les enjeux économiques, les incompatibilités idéologiques sont de l’ordre du baratin.
Les affaires font oublier les frontières idéologiques
Autrement dit, François Hollande et Alassane Ouattara sont de deux bords idéologiques qui n’ont rien en commun. Alignant une croissance qui, depuis deux ans, frôle allègrement les deux chiffres, et convoitée par aussi bien les Américains que les nouveaux géants asiatiques, la Côte d’Ivoire n’est plus un pays que l’on peut aborder avec certains caprices. Agissant au nom et pour le compte de la cinquantaine d’entrepreneurs français qui l’accompagnent, dont Martin Bouygues, Bertrand Meheut (Canal+) et Dominique Lafont (Bolloré Africa logistics), le chef de l’Etat français avait un agenda rigoureux à suivre. Il lui était juste demandé de faire en sorte qu’au lendemain de sa visite, les entreprises françaises, qui ont des atouts à faire valoir, continuent à garder leurs positions de leader dans une Côte d’Ivoire en phase de redémarrage économique, et qu’elles ne soient pas obligées de faire la queue pour décrocher certains marchés.
Avec une telle mission, il ne fallait bien entendu pas s’attendre à ce que François Hollande se préoccupe, outre mesure, de la manière dont le contentieux de la crise postélectorale de 2011. Le camp pro-Gbagbo et les activistes des droits humains ont beau parlé, il n’y a rien à faire. Pour se donner bonne conscience, il a reçu quelques organismes des droits humains, mais la demi-heure d’audience qui leur était accordée était symptomatique de place que leur préoccupation a dans l’agenda du président français.
Les questions de droits humains peuvent attendre…
Les enjeux économiques sont si importants aux yeux du numéro un français que jusqu’à présent, ils occultent les dossiers de Guy André Kieffer, Yves Lembelin, Frantz di Rippel ou encore celui de Michel Gbagbo (de nationalité franco-ivoirienne). Leurs proches devront malheureusement continuer à ruminer leur colère et attendre une autre occasion.
Il en est de même de la réconciliation nationale. S’intéressant très peu à la crise qui secoue le Front populaire ivoirien (FPI) de l’ancien président, Laurent Gbagbo, Hollande n’a également accordée que 30 petites minutes à l’opposition ivoirienne. Pire, il pense que le FPI a plus à perdre si, comme l’évoquent certains, il se refusait à prendre part aux prochaines consultations électorales.
Selon le président français, rien ne justifierait donc le boycott des élections de 2015. Pas même l’acharnement de la justice ivoirienne et même celle internationale contre exclusivement les partisans du président déchu. Sur cette question précise, empruntant la stratégie de la diplomatie chinoise, le chef de l’Etat français pourra toujours dire qu’il n’avait à se mêler des affaires intérieures d’un pays souverain.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















