
« Tout est parti du cas d’un jeune qui se trouve être le neveu de notre homologue, jusque-là Directeur de l’hôpital préfectoral de Macenta. Lequel a tenu à s’occuper personnellement du patient pour le sauver d’une fièvre terrible assortie de vomissements intenses et de diarrhées sanguinolentes. Pour ne rien laisser au hasard, il a mis dans la balance tous ses efforts de médecin compétent et expérimenté dans le traitement de son neveu, qui n’a pu malheureusement, être sauvé de son mal étrange. Il mourra au bout de trois jours de traitement. Au bout de 48 heures, le directeur de l’hôpital commence à développer les mêmes symptômes que son neveu. Situation qui devait, comme on pouvait s’y attendre, mettre toute la structure sanitaire en alerte. Médecins chefs, infirmier d’état, garçon de salles, techniciens labo…la mobilisation fut générale pour sauver le premier responsable de l’hôpital préfectoral. Son état de santé ne s’améliorant point, après deux jours de traitement, le personnel médical décide de se référer à un des CHU de Conakry, pour des solutions appropriées. La voiture de service du célèbre patient a été illico carburée et un ordre mission dressé, par les bons soins du Préfet de la localité, pour Conakry.
Le Directeur est accompagné pour la circonstance outre d’un médecin expérimenté, de certains membres de sa famille, dont le majeur de ses huit enfants et sa belle-mère entre autres. Mais, juste au niveau de Kolèntèn, avant même d’arriver dans la ville de Kindia, le Directeur rend l’âme. Quelques jours plus tôt, c’est sa belle-mère qui développe les mêmes symptômes et meurt par la suite. Et puis, alors qu’il avait rejoint N’Zérékoré pour des soins intensifs, c’est le fils ainé du chef de la structure sanitaire de Macenta qui meurt. Dans la même période, le laborantin attitré de l’hôpital de Macenta qui avait fait des prélèvements sur le neveu de son Directeur qu’il a analysé qui succombe.
L’information a été vite remontée au niveau du gouvernement qui a décrété une épidémie de la fièvre Ebola dans les préfectures de Kissidougou, Guéckédou et Macenta…puis à Conakry où une dizaine de cas ont été identifiés...(...) Tout au début de l’épidémie au mois de janvier, on n’a pas su que c’était l’Ebola. C’est lorsque les cas se sont multipliés qu’on a prélevé 8 échantillons pour Lyon et six se sont avérés positifs. C’est en ce moment qu’on a sonné l’alarme. J’ai pris le chemin de la Guinée forestière. Et je suis parti à Guéckédou, Kissidougou, Macenta. ».
Totalement inconnue du corps médical guinéen, la fièvre Ebola fait, depuis janvier 2014, des victimes, en Guinée Forestière. Au jour d’aujourd’hui, on parle de 78 décès sur les 112 cas confirmés par les laboratoires spécialisés installés à cet effet à Conakry et dans le pays. Une véritable catastrophe naturelle qui a fini par créer une certaine psychose au sein des populations à tous les niveaux.
En dépit de la campagne de sensibilisation à outrance menée par le gouvernement, en synergie avec les partenaires au développement, notamment l’OMS, UNICEF et Medecins Sans frontières. Avec, en premier lieu le chef de l’Etat, le Président Alpha Condé, qui, après avoir longtemps attendu, s’est adressé à la nation, pour rassurer tout le monde sur la volonté des autorités qu’il incarne dans la lutte contre l’épidémie. Non sans rappeler les meures importantes à tous les niveaux de l’administration pour bouter définitivement cette fièvre hémorragique meurtrière en dehors de nos frontières.
Salématou Diallo pour GuineeConakry.info




















