HISTOIRE IMMEDIATE: La libre opinion de Lanciné Fadiga

Décidément, il ne fait pas bon vivre en Guinée ces dernières années. De 2006 à 2008, que d’événements en signes de protestation contre le régime en place depuis plus de 24 ans, comme pour dire que chaque chose a sa fin quelque soit la durée. Le régime fortement applaudi lors de la prise du pouvoir par l’armée le 03 Avril 1984, est aujourd’hui renié de la presque totalité de la population. (Photo:S/Lt Claude Pivi alias Coplan, "le Chef de village".

Reprenons quelques événements au cours de cette période:

 

1- Juin 2006: Grève des enseignements, examens de fin d’année boycottés, manifestation des élèves réprimés par les forces de l’ordre, plus de 12 morts dans leurs rangs.

2- Janvier et Février 2007: Grève populaire regroupant les travailleurs du secteur public, privé, mixte et informel dirigée par l’inter- centrale syndicale CNTG – USTG et le conseil national des organisations de la société civile. Conséquences: Répression militaire contre la population plus de 120 morts et des centaines de blessés ; état de siège décrété, nomination d’un premier de large consensus. Le peuple découvre Lansana Kouyaté et l’accueille en HERO.

3- Mars 2007: Mutinerie des militaires, ils réclament un certain « bulletin rouge » sonnant plus de 12 millions de francs guinéens par soldat ; plusieurs morts et blessés civiles, des dizaines de militaires arrêtés et emprisonnés à Kassa.

4- Mars 2007 – Mai 2008: Le pays est dirigé par le premier Ministre de consensus Lansana Kouyaté pour sauver ce qui peut l’être encore, il est à la tête d’un gouvernement qui reste quand même à désiré.

5- Janvier 2008: Limogeage du Ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information porte parole du gouvernement, un des ministres influents du gouvernement de consensus en place. Quelques agitations par ci par là, ça sent l’implosion et l’on s’attend à une démission du premier Ministre ; mais rien n’en est. Une commission de veille composée de la Société civile, de l’assemblée nationale, des partis politiques, des sages, des religieux et des syndicalistes est mise en place pour sauver le pays.

6- Mai 2008: Limogeage du premier ministre chef de gouvernement. Un silence bleu règne sur le pays, quelques démonstrations de joie et de mécontentement se signalent à Conakry et en haute Guinée région d’origine de Lansana Kouyaté. Dr Ahmed Tiadiane Souaré, un ancien dignitaire du pouvoir remplace Kouyaté en violation supplémentaire de l’accord tripartite signé en début d’année 2008 entre le syndicat, le patronat et le gouvernement. La pilule semble cependant être avalée par tous vu la déception… Tous attendent la composition de l’équipe Souaré.

7- Mai 2008: Dans cette attente, où le peuple cherche désespérément une lueur d’espoir qui ne pointe toujours pas à l’horizon, une seconde mutinerie éclate au sein de l’armée à partir du camp Alpha Yaya Diallo de Conakry, avec à sa tête un certain Claude Pivi alias « Coplan ». Ils réclament le reliquat de l’affaire « bulletin rouge », le limogeage du ministre de la défense et de tous les généraux. Le ok s’installe, on murmure une prise de pouvoir imminente par les mutins, s’ensuit une bataille rangée entre les mutins de Coplan et la Garde présidentielle. Conséquence: des morts civils et militaires, des blessés et des dégâts matériels importants. Au finish, l’affaire est traitée à l’amiable entre mutins et leur Commandant en chef, le Général Lansana Conté ; des milliards de francs guinéens sont déboursés de nos caisses languissantes. Un contre commandant en chef des armées est révélé aux yeux des guinéens, alias COPLAN, il est le nouveau « Manguè » des forces de l’ordre et règne en chef de village au camp Alpha Yaya Diallo de Conakry.

8- Juin 2008: Juste après les militaires, les policiers se lancent aussi dans la danse, ils réclament eux aussi leur part du gâteau ; sans blague! Qui est fou? Mais c’était mal connaître le nouveau commandant en chef des forces de l’ordre, une patrouille en pleine journée est organisée par Coplan pour démanteler les policiers retranchés dans leurs bases. Combat frontal, bataille rangée, les policiers sont ‘’mis hors d’état de nuire’’ et pourchassés jusqu’à leurs derniers retranchements comme de vulgaires voyous. Coplan suspend la police jusqu’à nouvel ordre et déploie la gendarmerie pour réguler la circulation. Ca chauffe dans les carrefours, matraques en main, l’ordre est quand même établi dans la circulation routière. Pas mal, les bourreaux de la population ont le leur, ils apprendront certes que la « revendication du bien être » est un droit fondamental dans l’existence de l’Homme!

9- Juin 2008: Les enseignants confirment leur mot d’ordre de grève, ils réclament l’application intégrale du statut particulier de l’enseignant et tous les autres avantages qui leur sont dus. Ils proclament haut et fort qu’il n y aura pas d’examen de fin d’année, sans que leurs revendications ne soient satisfaites. Et ça commencé le 19 juin 2008 ; jusqu’où ira ce nième soulèvement? On craint déjà que les élèves et étudiants ne se mêlent de la danse. Les jours à venir nous édifieront.

10- Le nouveau gouvernement de Souaré vient de naître, il est composé de 33 ministres et 3 Secrétaires généraux. 36 sépulcres de francs glissants, où chaque clan trouve sa part du gâteau; hé bon Dieu!

Pour le moment, rien n’est signalé. Nous attendons un espoir dans notre désespoir, car on a vu beaucoup de choses pareilles.

 

Je m’arrête à ces quelques événements. Pour moi, ce sont des signes évidents de l’apogée du régime en place. Tous les clignotants sont aux rouge: Président malade, désordre au sommet de l’Etat et dans les rangs de l’armée, révoltes populaires. Quoi de plus pour deviner même si on ne est pas devin….

 

C’est le moment opportun pour tous les fils du pays de se rassembler et de préparer l’avenir ; car, l’atmosphère politique, économique, sociale et spirituelle du pays est totalement polluée.

 

Sur qui pourrons-nous compter, quel est l’Homme guinéen aujourd’hui qui peut porter l’espoir de ce pays? Je me pose mille et une fois cette question à travers mes nuits obscures ; pour le moment, je ne trouve pas de solution. Je compte plutôt sur tous les Guinéens et sur la GRACE impérissable de DIEU.

 

En attendant, gardons notre souffle.

 

Que DIEU garde le pays. AMEN!

 

FADIGA Lanciné pour GuineeConakry.info

PS. Lancinè Fadiga est un internaute qui a décidé d'apporter librement sa contribution au site référence sur la Guinée qu'est GCI. Merci.

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