
En somme, il est reparti comme il est venu. Juste là pour les rigueurs du protocole judiciaire, mais résolu à ne piper mot. L’homme a gardé la sérénité de ses 73 ans et l’aura de son aventure présidentielle. Ceux qui le connaissent, disent qu’il est un résistant que ces genres de rituel juridique n’ébranlent guère.
Peut-être que pour lui, seul compte le 20 juillet prochain, quand il devra affronter les juges des chambres extraordinaires africaines qui veulent connaitre la vérité sur les nombreux crimes commis durant les huit ans de son règne (1982-1990), après qu’il ait renverse Goukouni Oueddei. Une période dictatoriale, où le sang de nombreux pauvres innocents a coulé. « Hissène Habré est soupçonné d'être responsable de la mort de presque 40 000 personnes. En novembre 1990, à la veille du renversement du régime, 300 détenus politiques ont été exécutés sommairement. »
Aujourd’hui, il est inculpé surtout pour crimes contre l’humanité et doit conséquemment répondre de ses actes depuis son refuge dakarois. Mais avant, la justice tchadienne l’avait condamné par contumace. Il poursuit un exil visiblement doré, où beaucoup disent qu’il aurait fait allégeance confessionnelle ‘’pour se sortir d’affaire’’. Cependant de façon récurrente, la justice internationale est à ses trousses.
Quand on juge que la justice sénégalaise est incompétente ou laxiste sur le dossier, il est ordonné aux autorités sénégalaises « soit de juger Habré, soit de l'extrader vers la Belgique ». Alors, on trouve d’autres alternatives dans la quête obstinée de la vérité.
L’heure de la vérité a-t-elle vraiment sonné ? Rien n’est moins sûr avec l’attitude du ‘’silence absolu’’ affichée hier par Hissène Habré.




















