
L’implication directe et de plus en plus accrue des autorités nationales, au plus haut niveau, dans la campagne agricole est un fait salué et apprécié de nombreux citoyens. Vu que l’accès aux engrais chimiques et aux produits phytosanitaires, dans le cas où ils existent, relevait jusque dans un passé récent d’un véritable parcours du combattant..
Ce n’est donc pas pour rien que les remises officielles dans l’inter-saison par le gouvernement des tracteurs, motoculteurs, semences, engrais et autres intrants agricoles, ont donné lieu à des manifestations monstres un peu partout à travers le pays.
Des mouvements d’ensemble de réjouissances qui témoignent, s’il en est besoin, de la satisfaction des cultivateurs, dont les peines se trouvent ainsi considérablement allégées. Une sorte de mesures incitatives dans lesquelles le gouvernement devrait persévérer pour amener notamment les jeunes sortis des écoles d’agriculture en particulier, et toute la jeunesse guinéenne en général, de retourner à la terre.
Mais de là, à croire qu’après les mines, les exploitants artisanaux du diamant et les orpailleurs n’auront d’autres destinations que les champs, est une erreur monumentale que le gouvernement doit se défendre de commettre. Surtout qu’il n’est pas évident que ce soient les mêmes personnes qui vont à la fois aux champs et aux mines. A la limite, ce sont deux types, deux occupations et des préoccupations totalement différentes. En tout cas, nombre de paysans se moquent éperdument de ce qui se passe dans les mines.
Pour leur part, les mineurs n’ont généralement point besoin d’aller passer leur temps dans un champ quelconque. Ils sont portés sur la richesse et surtout "l’enrichissement spontané". Pour ceux-là, aller au champ représenterait une perte pure et simple de temps.
C’est exactement le sentiment que nombre d’observateurs ont cru déceler lors de la campagne agricole de l’année écoulée. Laquelle s’est déroulée sans les mineurs, dont les activités sont restées interdites pendant plus de six mois. Au contraire, au cours de cette période de trêve, les exploitants artisanaux ont connu un appauvrissement tous azimuts, une véritable descente aux enfers. Au point d’entamer la popularité du parti au pouvoir même dans ses propres bastions, jadis imprenables, comme Siguiri, une préfecture qui vit de l’orpaillage et pour l’orpaillage, et dont les populations n’ont jamais compris les raisons profondes de cette mesure absolument impopulaire.
Salématou Diallo pour GuineeConakry.info




















