HARCELEMENT JUDICIAIRE: Le cas d’Ahmed Abba au Cameroun

De rendez-vous manqués en absences répétées, la justice militaire camerounaise joue avec la liberté et la vie d’Ahmed Abba, ce journaliste de RFI en haoussa, dont elle peine à établir effectivement l’éventuelle ‘’culpabilité’’ dans cette sordide affaire d’accusation quasi gratuite de « complicité d'actes de terrorisme et non-dénonciation d'actes de terrorisme».

Malgré toutes les démarches de ses avocats, les interventions de RFI, son employeur, dont les premiers responsables sont régulièrement montés au créneau pour regretter, dénoncer et condamner ; tout en exigeant que le droit soit dit, rien n’y fait…

Le tribunal militaire s’accroche et poursuit ainsi depuis 17 mois, un professionnel des médias dont le tort est certainement d’avoir pu par la force de ses relations obtenu des informations confidentielles que sa déontologie, son éthique le condamnent à protéger. Et comme il refuse d’être lâche, l’exutoire c’est de le présenter tout simplement en complice objectif des terroristes, sans aucune preuve crédible.

Hier encore, les experts étaient absents au tribunal ! Quand on connait la défection des témoins, la défense d’Ahmed Baba ne peut que dénoncer des « manœuvres dilatoires » dont le but cynique est un harcèlement systématique de ‘’leur présumé coupable’’, pour le briser moralement et faire trainer aussi longtemps que possible le dénouement honteux de cette parodie de justice, ponctuée de bla-bla, pour enfumer les populations et peut-être distraire, au passage, les médias.

En attendant, trop c’est trop ! C’est pourquoi avec ce dernier report intervenu à peine 10 minutes après le début de l’audience, à cause de l’absence avérée des experts, la défense avertit que si jusqu’au 18 décembre, le rapport n’est pas déposé, elle sollicitera du juge une « relaxe pure et simple d’Ahmed Abba ». Car, il serait désormais plus qu’évident que la manifestation des preuves ne se faisant pas, le tribunal militaire n’a vraiment plus de raison d’embastiller un homme qui n’a fait qu’exercer sa liberté de presse et d’opinion.

D’ailleurs, à l’exemple des responsables de RFI, Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires étrangères, a, lui aussi, demandé au nom de son pays, la libération d’Ahmed Abba. C’est aussi le lieu de fustiger une certaine frilosité des médias africains, qui ne se sont pas sérieusement emparés de ce scandale, comme s’il y avait une certaine gêne à défendre un journaliste accusé de « complicité avec les terroristes », quand les preuves ne sont pas établies.

Un épouvantail que les autorités militaires et politiques camerounaises ne pourront pas éternellement agiter pour se donner l’illusion d’avoir raison…

La libération d’Ahmed Baba est désormais impérative.

Maria de BABIA pour GCI

© 2016 GuineeConakry.Info

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