HAMIDOU DIAOUNE : Le premier Chef d’orchestre du Bembeya Jazz, inhumé ce jour

Né le 29 Décembre 1939 à Kindia dans le quartier Wondima, de feu Ousmane Diaouné et feue Aissata Chérif. A cinq ans, il fréquente l’école coranique puis à sept ans à l’école française. De 1946 à 1953, il est à Kindia pour des raisons familiales, puis, il va s’orienter vers le projet génie route de N’Zérékoré comme chauffeur où il restera de 1954 à 1956. Il obtiendra là un permis de chauffeur spécialiste des engins lourds.

La même année, il est  engagé à la mairie de N’Zérékoré, après un stage de quelques mois à Kakata, au Liberia. En 1957, il est recruté à Conakry, au compte du service national de la voierie et muté à Fria en avril ; puis à Kérouané pour la réfection de la route Kérouané Bandakoro, où il va rencontrer Monsieur Emile Condé, l’ami intime de son oncle maternel Cherif Nabaniou. Celui-ci était à l’époque, le premier magistrat de la ville de Kérouané.

Ils se lieront d’une profonde amitié, ce qui explique qu’à la nomination d’Emile Condé au poste de premier commandant à Beyla, il se fera conduire tout naturellement par son ami, Hamidou Diaouné !

Ainsi, il participera tout à fait normalement à la fondation de l’orchestre Bembeya, en avril 1961.  Bénéficiant de la confiance d’Emile, il en  devint le premier chef. Il le restera pendant  vingt-cinq ans. Il y jouera tour à tour du saxophone ténor et des guitares (basse et accompagnement).

Personnage discret et courtois, il savait s’effacer pour laisser le talent de ses musiciens s’exprimer sans aucune contrainte de sa part. Il donnera une place à chacun pour faire ce qu’il sait faire, certain de recevoir ses encouragements personnels. C'est sous sa direction éclairée que l'orchestre récoltera ses plus belles palmes durant les années 70.

Malade depuis plusieurs années, il a progressivement lâché bride pour se consacrer intensivement à ses soins. Mais la faucheuse est venue ce dimanche 22 mai, l’arracher à nos amours.

Le ministre de la Culture Siaka Barry, qui lui avait récemment rendu visite, a écrit sur sa page Facebook : «Lorsque, ce jour, je fus annoncé à son chevet et qu’il put, dans un ultime sursaut, difficilement porter un faible regard sur ma personne, Diaouné ne put prononcer qu’un simple petit mot : « MERCI ». Ce petit « merci  » qui fut le dernier mot que je l’entendis prononcer, n’était pas seulement adressé à ma seule personne, c’était le dernier mot que cette icône adressait à tout le peuple de Guinée qu’il a tant aimé et tant servi avec abnégation et loyauté… Dors en paix BAOBAB, ton peuple te pleure !!!»

J’étais cet après-midi à son enterrement au cimetière de Camayenne, à Conakry. C’était à 13h 57mn. Que son âme repose en paix.

Justin MOREL Junior pour GCI

© 2016 GuineeConakry.Info

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