
Après un an d’une guerre tantôt ouverte, tantôt sournoise, le vent semble enfin tourner en faveur du président Mahamadou Issoufou. Depuis qu’en août 2013, le Mouvement démocratique Nigérien pour une Fédération Africaine (Moden Fa Lumana Africa) et son président Hama Amadou se sont publiquement offusqués de la part incongrue, à eux accordée, dans la composition gouvernementale, ce n’est pas la paix entre les deux alliés. Percevant le président de l’Assemblée nationale comme un adversaire qui assume de plus en plus son statut, Mahamadou Issoufou n’a pas ménagé ses efforts pour faire regretter à Hama Amadou ''son audace et son impertinence.'' C’est ainsi qu’on a dernièrement assisté à l’arrestation et à l’incarcération de certains de ses militants pour, dit-on « attentat contre la sureté de l’Etat ». De même des proches à lui dont son fils, Ismael Hama Amadou, sont persécutés. Dans la même veine, sa garde rapprochée lui a également été retirée. La seule chose qu’on n’avait pas réussi jusqu’ici, c’était de le démettre du poste de président de l’Assemblée nationale!
Mais avec l’affaire très embarrassante des ‘’bébés importés’’, Hama Amadou aura du mal à sortir son épingle du jeu. Sujet éminemment moral dans un pays où la quasi-totalité des populations est de confession musulmane, il ne sera pas évident pour le président de l’Assemblée nationale de se tirer d’affaire. Certes, il soutient son épouse, en indiquant que les deux jumeaux supposés importés du Nigéria sont de sa chair. Il se dit prêt pour un test ADN, à condition que ce soit avec une structure indépendante.
Mais avec l’aide des médias, il est probablement déjà perçu comme coupable aux yeux de l’opinion publique. On pourrait notamment voir en lui le polygame qui n’hésite pas à mentir, pour couvrir son épouse préférée. On le présentera également comme l’incarnation du riche qui, sans vergogne, profite de la misère des véritables mères que l’extrême pauvreté a poussé à monnayer leurs bébés. Lui et son épouse passeront sans doute pour un couple qui utilise son argent pour pallier l’impossibilité naturelle de procréer. Parce qu’il faut bien rappeler que dans cette affaire, le prix d’un seul bébé se chiffrerait à 15.000 euros. Or, au Niger, avec un Islam relativement ancré, l’adoption n’est pas une pratique socialement approuvée.Surtout pas des suites de présumée supercherie.
Comme on le voit, toutes les conditions sont réunies pour qu’Hama Amadou ne sorte pas indemne de cette ténébreuse affaire des ‘’bébés importés’’. Lui et les autres accusés encourent jusqu’à huit ans de prison. Et s’il n’est pas condamné, son casier judiciaire aura tout de même été suffisamment sali pour de futures ambitions politiques. Sans oublier la perception répulsive qu’il inspirera à l’opinion publique.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















