
En effet, neuf des onze commissaires constituant le collège, accusent Martine Condé d’imposer la dictature au sein de l’institution chargée de réguler les médias en Guinée.
Dans le courrier qu’ils adressent à la présidente de l’institution, ils se justifient en ces mots « depuis trois mois, aucune des décisions prises par vous au nom de la HAC n’a été soumise à la plénière, malgré notre insistance pour la tenue des sessions de plénière, la seule instance de décision de la HAC. Cependant toutes ces décisions on été prises unilatéralement par vous en violation flagrante des dispositions de la loi organique régissant le fonctionnement de la HAC » peut-on lire.
Les neufs commissaires ont donc décidé à l’unanimité lors d’une plénière, tenue ce mercredi 23 mars au palais du 25 Août, siège de la Hac, de retirer leur confiance à la présidente de l’institution, en invoquant plusieurs griefs, entre autres la lettre de demande de résolution des problèmes du 17 décembre 2015 restée sans suite ; la demande d’audit interne des comptes de l’institution du 14 janvier 2016 restée sans suite ; les avis verbaux plusieurs fois réitérés et écrits les 2 et 21 mars 2016, de tenue de plénière resté sans suite ; les violations répétées des textes de lois 02 et 03 de juin 2010 ; la falsification du règlement intérieur de la Hac, ont décidé à compter de ce jour 23 mars 2016, de ne plus reconnaitre Martine Condé comme présidente de l’institution !
Un autre commissaire Nfa Ousmane Camara, représentant du ministère des postes et télécommunications et de l’économie numérique a aussi été déchu de son titre de commissaire, pour cumul de fonctions.
Les neufs commissaires ne se sont pas limités à ce niveau, Martine Condé a été également remplacée par le doyen d’âge des commissaires en la personne de ELhadj Abdoul Rahimy Bah, conformément à l’article 7 de la loi organique du 23 juin 2010, l’annonce a été faite ce samedi au siège de l’institution par les mêmes commissaires, qui lui ont retiré leur confiance.
Mais ce serait facile de croire que cette affaire va s’arrêter là, car Martine à son tour, a des arguments juridiques contre cette nouvelle évolution du conflit. C’est dire que l’affaire entre effectivement dans une nouvelle phase où la cour constitutionnelle et le Chef de l’Etat seront certainement sollicités pour mettre fin à une situation dommageable pour toute la presse guinéenne.
Mamadou Aliou DIALLO pour GCI
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