GUINEE SANTE: C'est bien Ebola qui est là!?

Si sa manifestation date du 9 février dernier, son identification comme étant le virus ‘’Ebola’’ remonte seulement à ce vendredi 21 mars 2013. En effet, après le décès d’un certain nombre de patients de Macenta qui se plaignaient d’une mystérieuse fièvre hémorragique, les autorités sanitaires guinéennes qui, dans un premier temps, avaient pensé au virus Lassa, avaient néanmoins prélevé et acheminé des échantillons dans un laboratoire à Lyon en France, en vue d’examens et d’analyses plus poussés. Et c’est le résultat de ces examens qui révèle qu’en réalité, il s’agit du très virulent virus ‘’Ebola’’. Un virus dont c’est la toute première manifestation en Afrique de l’ouest, et qui a déjà occasionné 59 morts sur les 80 cas enregistrés, y compris à Conakry. D’où la mobilisation des autorités et de partenaires en vue de juguler la vague meurtrière.

Les autorités sanitaires avaient acheminé 12 échantillons dont l’examen de trois seulement a révélé la nature de ce qui était jusqu’ici appelée « mystérieuse fièvre hémorragique ». La diffusion de cette terrible nouvelle coïncidant avec l’établissement d’un bilan tout aussi effrayant de 59 morts sur les 80 cas répertoriés, le pays est entré dans une panique soudaine.

Du côté des autorités, mais aussi au niveau des partenaires comme UNICEF, OMS, MSF Belgique, c’est le branle-bas total. Le ministère de la santé a notamment décidé de la gratuité des soins aux patients. Du côté de MSF, on a annoncé la mobilisation et l’acheminement express d’une équipe multidisciplinaire (Vingt-quatre médecins, infirmiers, logisticiens et spécialistes de l’hygiène et de l’assainissement). A cette équipe déjà présente sur le terrain, viendront s’ajouter, précise-t-on du côté de l’ONG, d’autres personnes, dans les tout prochains jours.

La dimension logistique n’est pas en reste. C’est ainsi qu’on annonce également de la part de Médecins Sans Frontières que 33 tonnes seront prochainement acheminés par deux avions en provenance respectivement de la Belgique et de la France. Sous la coordination des autorités guinéennes, MSF a enfin mis en place une structure d’isolation des cas suspects dans la préfecture de Guéckédou et s’apprêterait à faire de même pour ce qui est de Macenta.

Cette mobilisation prompte de ces partenaires se justifie tout d’abord par le caractère foudroyant de la maladie. On voudrait enrayer très vite la spirale de la transmission qui, il faut le rappeler, a déjà touché la ville de Conakry. Une autre raison de l’intérêt évident que le monde médical notamment occidental manifeste à l’occasion du déclenchement de ce virus, c’est bien le fait que c’est la première fois qu’il se signale en Afrique de l’ouest. Habituellement, il est connu dans les pays de l’Afrique centrale en général et la République Démocratique du Congo notamment. Les experts voudraient trouver les raisons qui pourraient expliquer cette migration exceptionnelle. Surtout, ils aimeraient surtout savoir ce qui, dans le cas guinéen, explique sa présence, alors que jusqu’à présent, il ne se signale pas avec la même ampleur dans les pays limitrophes dont la Sierra Léone et le Libéria.

L’UNICEF Guinée pour sa part, précisant que la fièvre “Ebola’’ est une maladie extrêmement grave et l’UNICEF a pris immédiatement des mesures pour réduire les risques pour les enfants de  Guinée. « En Guinée, un pays dont les infrastructures sanitaires sont déjà faibles, une maladie comme celle-ci peut être dévastatrice » a dit le Représentant de l’UNICEF en Guinée, le Dr. Mohamed Ag Ayoya. “L’UNICEF a déjà prépositionné des intrants et a accentué  la communication sur le terrain pour informer et sensibiliser le personnel médical et la population sur les mesures à prendre afin d’éviter de contracter Ebola.”     

En attendant, comme mesures préventives, les autorités préconisent d’éviter le contact avec toute personne suspecte ou décédée des suites de la maladie. Cela suppose notamment que l’on s’abstienne de fréquenter, dans la mesure du possible, les structures sanitaires et plus globalement, tous les lieux de grand regroupement humain tels les funérailles. De même, il est vivement conseillé d’éviter de manger n’importe quoi et n’importe où, car le virus se transmet aussi via la viande d’animaux de brousse infectés. Il est enfin demandé de signaler le plus rapidement possible tout cas présentant les symptômes que sont : une poussée de fièvre, des diarrhées, des vomissements, une fatigue prononcée et parfois un saignement. Ce dernier point est d’autant plus à prendre au sérieux que ces symptômes sont facilement assimilables à ceux de certaines maladies que la majorité des Guinéens perçoivent comme les plus ordinaires qui soient.  

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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