GUINEE: quand la société civile se fourvoie

Ce qui semblait être un secret de polichinelle vient d'être entériné de la plus mesquine des manières. Tout le monde connaissait l'image d'une société civile guinéenne laxiste, attentiste et corrompue. Ce mercredi 12 octobre 2016, elle a encore franchi une nouvelle étape en inscrivant son nom en lettre d'or dans les annales de l'histoire de la bêtise humaine, en entérinant un accord politique qui viole de manière implicite les dispositions légales constitutionnelles et du code électoral.

La réaction ne s'est pas fait attendre. Tous les démocrates de ce pays, au vrai sens du terme se sont levés comme un seul homme, pour crier au scandale et dénoncer ce ‘’deal’’ politique aux allures de doigt d'honneur envoyé en direction du peuple de Guinée tout entier ! En déniant à ce dernier son devoir souverain absolu. Celui d'avoir le droit de choisir ses représentants au niveau des collectivités locales et décentralisées.

Ceux qui étaient censés être à l'avant-garde de la défense de la liberté des citoyens, leurs droits ont révélé au grand jour, leur véritable nature. En plus de s'être entendu avec la majeur partie des acteurs du dialogue pour violer les textes juridiques, ils ont entériné la forfaiture, avec notamment la signature du document final des conclusions du dialogue, par des responsables de cette société civile guinéenne et non des moindres, en l'occurrence le CNOSCG.

Après avoir, en complicité avec les politiques, acté ce énième accord sur fond de consensus illégal, notre fameuse société civile s'est aperçue que les Guinéens patriotes, épris de justice et d’égalité, ne sont pas dupes. Ils l'ont rejeté. C'est ainsi qu'ils se sont révisés, en se fourvoyant de manière monumentale.

Ce jeudi, au cours d'un point de presse, ils ont essayé de justifier l'injustifiable en expliquant de façon cinique que la violation des dispositions légales et constitutionnelles, était une nécessité, pour maintenir la paix. Le comble de l'absurde! Une sorte de logique du mal nécessaire senghorien. Voulant nier sa trahison envers le peuple et tenter de légitimer son acte, ils ont essayé de rejeter la responsabilité sur l'Assemblée nationale et les députés, qui n'auraient pas fait leur travail.

Sauf que voilà, ces accords aux allures de ‘’deal politique’’ n'arrangent que ceux qui les ont conclus et signés. Ceux qui prétendent diriger ou aspirent diriger ce peuple. Cette société civile implicitement identifiée, vient de rentrer par la petite porte de l'histoire de notre douloureuse et pénible construction démocratique.

Elle vient de louper une occasion en or, de montrer au peuple de Guinée, sa bonne volonté et sa bonne foi dans le rôle de conciliateur et garant de la défense des intérêts du peuple. Malheureusement, les vieilles habitudes ont la vie dure. En réalité, la société civile ayant pris part au dialogue, n'a en fait que pris du plaisir à observer des leaders politique unis comme un seul homme dans la défense de leurs intérêts singuliers sur le dos du peuple de Guinée.

Comme une prime à la bassesse, elle a souscrit au complot.

Mamadou Aliou DIALLO pour GCI

GuineeConakry.Info

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