
A la fin de cette marche, elles ont exigé le retour au bercail, à travers un discours historique, de leur idole et fils, le capitaine Moussa Dadis Camara ! Lequel, après une longue période de convalescence, ne serait, ni plus, ni moins qu’en exil à Ouagadougou, au Burkina Faso.
Dans le microcosme politique national, nul ne doutait que cette marche s’inscrivait dans la logique du renforcement du combat engagé à Conakry, il y a peu, par les responsables des Forces Patriotiques pour la Démocratie et le Développement (FPDD). En effet, cette une formation politique de la place, a récemment désigné le capitaine Moussa Dadis Camara, comme son porte-flambeau, à ‘occasion de la prochaine présidentielle. Sans nul, doute face au gotha d’acteurs politiques, au premier rang desquels, figure en bonne place, le président Alpha Condé dont le parti au pouvoir a déjà annoncé la candidature.
Pour Dadis: « Un bon leader politique n’a pas d’ethnie ni de religion. Il est de toutes les confessions religieuses et de toutes les communautés de notre chère Guinée.» Aussi curieux que cela puisse paraitre, l’ex-chef de la junte guinéenne qui, d’habitude, n’a pas sa langue dans la poche, et qui s’est montré toujours prompt de rappeler à l’ordre ses compatriotes qui s’obstinent à poser des actes politiques en son nom, a préféré laisser faire… Jusqu’à ce lundi 11 mai 2015, quand de la capitale burkinabè des informations dignes de foi ont filtré, quant à la volonté de l’ancien commandant en chef des forces armées guinéennes, dorénavant démissionnaire des rangs, de se porter candidat à la prochaine échéance électorale. Dadis declare : « Les portes du FPDD restent grandement ouvertes à toutes les communautés et religions qui sont les bienvenues pour faire de notre parti un véritable parti national ».
Ce qui, en réalité, n’est pas forcément grave. Au contraire, comme il l’aurait personnellement allégué, jouissant de tous les droits, en particulier d’électeur et d’éligibilité, c’est avec intérêt qu’il sera accueilli dans certains milieux. Mais, quant à sa chance de remporter cette élection, et plus loin la pérennité de sa carrière politique, il s’avérerait impérieux que les inconditionnels de Moussa Dadis Camara y réfléchissent davantage.
En plus, qu’en Guinée les partis politiques dont les chefs sont à la fois, les financiers et les têtes pensantes, sont moulés dans les sillages du régionalisme et de l’ethnostrategie, l’ancien chef de la junte, issu d’une minorité ethnique, risque de tomber plus bas que ne le soupçonnent ses supporters. Sans oublier l’épée de Damoclès que représente le dossier des massacres du stade du 28 septembre, ou la justice n’a pas encore dit son dernier mot.
Kerfalla KOUROUMA pour GCI
GuineeConakry.Info




















