GUINEE MACROECONOMIE 2007: Le Ministre de l'Economie, Finances et Plan fait le point devant l'Assemblée nationale

La session extraordinare se poursuit à l'Assemblée Nationale. Les travaux se déroulent en Commissions. A la cérémonie d'ouverture, le Ministre de l'Economie, des Finances et du Plan, M. Ousmane Doré                                   des Finances et du Plan s'est adressé à la               Représentation nationale. Adresse portant projet de loi de finances 2007 et dont voici l'intégralité :

Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ; Messieurs les Présidents ou Représentants des autres Institutions républicaines ; Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement ; Honorables députés ; Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique et consulaire accrédités auprès du gouvernement de la République de Guinée ; Mesdames et Messieurs les représentants des partenaires au développement ; Messieurs les Officiers supérieurs de l’Armée guinéenne ; Distingués invités ;

 

Mesdames et Messieurs ;

 

Ma présence parmi vous ce matin est, pour moi, à la fois un honneur et un devoir. En effet, je suis ici en vertu de la confiance placée en ma modeste personne par le Président de la République et le Premier Ministre, Chef du gouvernement, qui, par la grâce de Dieu, ont bien voulu me nommer au poste de Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, et, à ce titre, j’ai l’obligation, au nom du gouvernement, de présenter à votre honorable Assemblée le projet de loi de finances 2007.

 

Il convient de préciser, d’entrée de jeu, que le processus d’élaboration de ce projet de loi de finances a été sérieusement perturbé par les crises sociales que notre pays a connues sur fond de revendications syndicales au cours des mois de janvier et février 2007.

 

A cause de ces évènements, le gouvernement n’a pu déposer, dans le délai requis, sur le bureau de l’Assemblée nationale, son projet de loi de finances. Cette obligation a été d’autant plus différée que le pays a connu une période de transition au terme de laquelle un premier ministre, chef du gouvernement a été nommé avec, entre autres, pour mandat de proposer au président de la république la structure et la composition d’un nouveau gouvernement dont la mise en place a nécessité de longues concertations.

Pour permettre à cette nouvelle équipe gouvernementale de répondre, à court terme, à la demande sociale de plus en plus pressante, un séminaire a été organisé à Bel Air (Boffa) du 24 au 27 mai 2007, à l’issue duquel un programme d’urgence, définissant les priorités du gouvernement sur la période juillet-décembre 2007, a été adopté.

 

Il est apparu, tout à fait logique, que ces priorités soient reflétées dans le projet de loi de finances de l’année en cours, avant qu’il ne soit soumis aux représentants du peuple, que vous êtes.

 

Telles sont les raisons qui expliquent le report prolongé de la session budgétaire qui a finalement lieu neuf mois après le délai légal de sa tenue et six mois après le début de l’année fiscale concernée.

 

Pour assurer le fonctionnement des services publics, en vertu du principe de la continuité de l’action administrative, le gouvernement a été amené à mettre en place des douzièmes provisoires pour les premier et deuxième trimestres 2007.

 

Cela est la traduction d’une situation de crise qui a produit des effets pervers aussi bien sur le processus de formulation que le contenu du budget de l’Etat pour cette année.

 

Mais, au-delà d’une simple perturbation du calendrier budgétaire et de la remise en cause des données de la première esquisse de ce budget qui était déjà disponible en décembre 2006, cette crise a révélé l’ampleur des problèmes économiques auxquels la Guinée est confrontée.

 

L’EVOLUTION RECENTE DE LA SITUATION DE NOTRE PAYS EST, EN EFFET, REVELATRICE DE LA PERSISTANCE DE DESEQUILIBRES INTERNES ET EXTERNES DE SON ECONOMIE ET DE L’INADEQUATION DE SES POLITIQUES PUBLIQUES ;

 

Depuis plus de cinq ans, le rétablissement des équilibres macroéconomiques demeure un problème majeur auquel les politiques publiques n’ont pu encore apporter une solution viable, en dépit des engagements régulièrement réitérés dans ce sens par les autorités gouvernementales.

 

A titre indicatif, en 2006, les indicateurs macroéconomiques n’ont pas été, loin s’en faut, à la hauteur des attentes, comme le montrent les données ci-après:

 

Ø Taux de croissance du PIB: 2,2%, contre une projection de 4,8% ;

Ø Taux d’inflation (en glissement annuel): 39,1%, contre un objectif de 24,0% ;

Ø Taux de dépréciation (GNF/dollars US): 44,6%

Ø Déficit budgétaire en pourcentage du PIB (hors dons): -1,8%, contre un objectif de -0,29% ;

Ø Masse monétaire en pourcentage du PIB: 19,7%, contre un objectif de 14,83%

 

Ainsi, l’économie guinéenne connaît encore d’importants déséquilibres internes et externes qui fragilisent les conditions de vie des populations dont une proportion de plus en plus grande éprouve le sentiment d’être victime de l’exclusion sociale.

 

La situation économique de la Guinée se caractérise donc fondamentalement par la faiblesse de la production intérieure, l’accélération de l’inflation et la dégradation du pouvoir d’achat de la monnaie et de la position extérieure du pays.

 

Ce marasme économique, qui a provoqué un malaise social sans précédent, s’explique, en grande partie, par l’inadéquation des politiques publiques, notamment dans les domaines des finances publiques, de la monnaie, du crédit et du change.

 

Par ailleurs, des problèmes de gouvernance, dont l’une des manifestations les plus apparentes est le non respect des règles de transparence, de libre concurrence et d’équité dans la gestion économique et financière, l’accentuation de la corruption et la persistance de la culture de l’impunité, ont été perçus par la communauté financière internationale comme les signes de l’absence d’une volonté politique en faveur d’un véritable développement économique et social, fondé sur la démocratie.

 

Ainsi, en décembre 2002, est intervenue la rupture du dernier programme formel en cours de réalisation avec les institutions de Bretton Woods, qui devait conduire la Guinée, à fin mars 2003, au point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés, à laquelle elle avait accédé en 2001.

 

L’atteinte de ce point d’achèvement aurait permis au pays de bénéficier d’une réduction substantielle de sa dette extérieure pour un montant initialement estimé à huit cent millions (800.000.000) de dollars US.

 

Comme « le malheur ne vient pas tout seul », dit l’adage populaire, le pays a également souffert de la suspension des relations économiques avec l’union européenne, qui l’a empêché pendant longtemps d’accéder au reliquat des ressources du 9ème FED - dont l’enveloppe disponible a été de ce fait réduite - et d’ouvrir les négociations pour l’obtention de ressources au titre du 10ème FED.

 

En outre, tout en étant dans les conditions de bénéficier de l’initiative du G8 pour l’annulation de la dette multilatérale, celle-ci représentant environ 65% du stock de sa dette, la Guinée n’a pas encore accédé à cet autre mécanisme de financement international auquel elle a pourtant droit depuis 2005, sous réserve qu’elle respecte les règles de bonne gouvernance.

 

Ces contraintes extérieures, dues à des problèmes internes de gestion, ont empêché la mobilisation de ressources extérieures, sous forme de dons, et de prêts affectés ou non affectés, qui auraient contribué au retour à la stabilité macroéconomique et la relance de la croissance, condition nécessaire à la réduction de la pauvreté.

 

DANS CES CONDITIONS, QUE FAUT-IL FAIRE POUR INVERSER LES TENDANCES?

 

Dans la situation actuelle de la Guinée, la stabilisation du cadre macroéconomique, la croissance soutenue et durable de la production, le développement des infrastructures économiques et des services sociaux de base, la promotion de la bonne gouvernance et la réalisation du plein emploi notamment en faveur des jeunes, demeurent, pour le gouvernement, des objectifs majeurs à réaliser à court et moyen termes.

 

Pour ce faire, le gouvernement doit avant tout et plus que par le passé mettre en œuvre une politique budgétaire rigoureuse soutenue par une politique monétaire restrictive en vue de ramener et de maintenir les agrégats budgétaires et monétaires à des niveaux compatibles avec les objectifs de maîtrise de l’inflation, de réduction du solde des transactions courantes et de relance de la production.

 

A cet effet, les mesures ci-après s’imposent:

 

• La mise en œuvre d’une politique fiscale active, fondée sur la mobilisation optimale des revenus de l’Etat.

 

Celle-ci passe nécessairement par l’élimination de toutes les exonérations discrétionnaires et la réduction de celles qui résultent de dispositions légales ou conventionnelles. Les avantages fiscaux et douaniers accordés par les textes en vigueur sont jugés aujourd’hui, exorbitants et méritent d’être réexaminés.

 

En outre, les administrations fiscales et autres régies de recettes doivent être restructurées et renforcées. Dans ce cadre, de nouvelles règles de management et de déontologie (contractualisation des postes au sein de ces régies, élaboration de codes de conduite, voire de statut particulier, notamment pour la douane) devraient gouverner leur fonctionnement.

 

• La maîtrise des dépenses publiques et l’amélioration de leur efficacité.

 

A cet effet, il est nécessaire de réduire les dépenses de l’Etat, en particulier dans les secteurs non prioritaires en vue de ramener le solde budgétaire à un niveau qui ne compromette pas la solvabilité à court, moyen et long termes de l’Etat vis-à-vis de ses créanciers intérieurs et extérieurs.

 

Mais, au-delà de la limitation de leur niveau, l’effort doit être porté sur l’amélioration de l’affectation et de la qualité des dépenses publiques pour en accroître l’impact sur la réduction de la pauvreté. Ceci requiert la systématisation de l’approche du cadre des dépenses à moyen terme (CDMT) en vue d’assurer la cohérence entre la stratégie de réduction de la pauvreté (SRP), les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et le budget de l’Etat. En outre, il est nécessaire de mettre en place un cadre de mesure des performances de la gestion des finances publiques impliquant le gouvernement et ses partenaires économiques et sociaux, de procéder à la révision de la nomenclature budgétaire pour qu’elle permette d’identifier et de mieux suivre les dépenses de réduction de la pauvreté.

 

Ces actions seront complétées par l’amélioration de la collecte des statistiques en vue d’assurer, d’une part, une meilleure présentation du cadre macroéconomique et, d’autre part, un meilleur suivi de l’impact des politiques sur les conditions de vie des populations.

 

L’élimination systématique des opérations extrabudgétaires est un autre axe de la réforme à entreprendre en matière de dépense publique dont l’intérêt réside dans la maîtrise de l’équilibre budgétaire et de son impact sur les autres agrégats économiques et financiers.

 

• L’assainissement des relations financières entre le Trésor public et le système bancaire, en vue de les débarrasser du poids du passé, fortement pénalisant pour le budget de l’Etat.

 

Dans ce cadre, il s’agit avant tout de stabiliser le financement monétaire du déficit budgétaire et de procéder, sur le long terme, au remboursement du découvert accumulé du Trésor vis-à-vis de l’Institut d’émission depuis des décennies. A cet égard, une mesure préalable s’impose, à savoir la consolidation et la validation de ce stock de dette, dans la mesure où il résulte, en partie, d’opérations non initiées par le Trésor public. Les débits d’office entrent dans cette catégorie et il est impératif d’y mettre fin.

 

Ainsi, les relations financières entre les deux institutions devront se poursuivre sur la base de nouvelles règles de jeu, fondées, entre autres, sur la mise en place de plans de trésorerie permettant l’exécution du budget sur base caisse.

 

Dans le domaine de la production, la promotion de l’épargne, le soutien aux investissements privés directs et le développement des infrastructures économiques de base (routes, télécommunications, énergie, eau, aménagement rural) sont des facteurs catalyseurs du développement de l’économie, qui doit reposer sur l’émergence d’un secteur privé dynamique, débarrassé des contraintes physiques et institutionnelles auxquelles il est confronté pour lui permettre de jouer son rôle de moteur de la croissance économique. A cet effet, il est aussi indispensable d’améliorer le climat des affaires.

 

Au plan de la gouvernance, la lutte contre la corruption et la moralisation de la gestion publique sont des mesures incontournables pour le développement du secteur privé et le renforcement de la crédibilité du pays, nécessaires à la mobilisation des concours financiers extérieurs.

 

Ces concours sont, de toute évidence, indispensables au financement du développement.

 

C’est pourquoi, dans le discours d’orientation prononcé par le Premier Ministre le 29 mars 2007 et dans le programme d’urgence adopté par le gouvernement, à l’issue de son 1er séminaire tenu à Bel Air, figure comme l’une des priorités de l’action gouvernementale, la normalisation de nos relations avec la communauté financière internationale. Celle-ci ne doit pas être considérée comme une solution alternative à nos efforts internes de développement, mais plutôt comme le complément sans lequel il serait difficile, voire impossible de mettre l’économie sur le chemin d’une croissance forte et durable, qui est le principal facteur de réduction de la pauvreté.

 

A cet égard, le gouvernement déploie actuellement des efforts pour créer les conditions favorables à la négociation d’un nouveau programme économique susceptible d’être soutenu par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC) et la nouvelle initiative pour l’annulation de la dette multilatérale.

 

A ce titre, j’ai le plaisir de porter à votre connaissance que la prochaine mission conjointe du FMI et de la Banque Mondiale prévue du 4 au 18 juillet 2007, aura, entre autres, pour objectifs la négociation d’un nouveau programme économique qui sera adossé à ces nouveaux mécanismes de financement à l’échelle internationale sans lesquels notre pays ne pourra pas réussir la mise en œuvre de sa stratégie de réduction de la pauvreté, ainsi que l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

 

- Monsieur le Président,

- Honorables députés,

 

Comme il est aisé de le constater, la Guinée traverse une étape décisive de son développement. C’est pourquoi, la conduite des mesures d’assainissement économique et financier et la poursuite des réformes structurelles envisagées par le gouvernement dans le cadre de son programme d’urgence ne doivent souffrir d’aucun atermoiement.

 

C’est à cette condition que le soutien de la communauté financière internationale pourra se mettre rapidement en place et contribuer à résoudre de façon significative les problèmes économiques qui se posent de plus en plus avec acuité à notre pays.

 

Pour sa part, le gouvernement est résolument déterminé, tout en comptant sur l’appui de toutes les composantes de la nation, à mettre en œuvre toutes ces mesures.

 

C’est dans cette logique que le projet de loi de finances pour 2007, qui vous est soumis, a été élaboré.

 

Les principales hypothèses macroéconomiques retenues pour le budget de l’Etat en 2007 sont les suivantes:

• Taux de croissance du PIB: 1.5%

• Taux d’inflation (en glissement annuel): 15%

• Taux de change GNF / USD: 4.350,0 par rapport à 5.264,0 en 2006, soit une appréciation de 17,4%

 

Les grandes masses et soldes caractéristiques de ce projet de loi de finances se présentent ainsi qu’il suit:

 

• Recettes intérieures en pourcentage du PIB: 13,7 %

• Dépenses courantes en pourcentage du PIB: 11,0 %

• Dépenses en capital en pourcentage du PIB: 3,5 %

• Solde budgétaire base engagement (dons exclus) en pourcentage du PIB: -0,88%

• Solde primaire en pourcentage du PIB: 3,47%

 

Sur la base des perspectives économiques et budgétaires qui précèdent, le projet de loi de finances pour 2007 se présente, dans ses grandes lignes, comme suit:

 

Recettes et dons:

 

Les recettes et dons sont évalués à 3.033,39 mds contre 2.658,39 mds, réalisés à fin 2006, soit un accroissement de 14,10%.

 

Cette augmentation résulte de l’accroissement des recettes pour 12,80% et des dons pour 26,81%.

 

Par rapport aux estimations de la loi de finances rectificative 2006, l’augmentation est de 276,76 mds, soit 10,04%.

 

Au titre des recettes, celles du secteur minier enregistrent une baisse de 3,20%, alors que celles du secteur non minier enregistrent une augmentation de 19,00%.

 

L’augmentation nominale des recettes résulte de la volonté du gouvernement d’accroître la productivité des services générateurs de recettes avec, comme mesure d’accompagnement, la décision de mettre fin aux exonérations discrétionnaires et la mise à disposition de moyens d’action adéquats. Elle découle aussi de l’impact de la récupération des droits de licence, notamment au titre de la téléphonie mobile, pour lesquels des arriérés de redevance devront être recouvrés en 2007.

 

L’impact de l’appréciation du taux de change du franc guinéen par rapport aux principales devises internationales (dollar US, Euro) justifie également cette augmentation, plutôt modérée.

 

Mais, en termes réels, les recettes diminuent, en raison des perturbations provoquées dans l’activité économique du fait des troubles sociaux intervenus courant premier trimestre 2007 et de l’attentisme des opérateurs économiques, qui en a résulté.

 

Cela est la preuve que la paix sociale est un important facteur de développement.

 

La répartition des recettes entre les régies financières se présente comme suit:

 

- Direction nationale des Impôts: 620,44 mds, contre 509,70 mds en 2006, soit 21,7% d’accroissement ;

 

- Direction nationale des Douanes: 1.119,72 mds, contre 1.015,31 mds en 2006, soit 1,3% d’augmentation ;

 

- Service financier du Cadastre: 36,47 mds, contre 40,07 mds en 2006, soit une baisse de -9,0% ;

 

- Direction nationale du Trésor: 874,02 mds, contre 874,20 mds en 2006, soit une diminution de -0,02%.

 

Les dons quant à eux augmentent de 26,81% provenant principalement des dons affectés qui enregistrent une hausse de 60,80%. Celle-ci est contrastée par une diminution de 16,40% au titre des subventions fonds fiduciaires PPTE. Les dons non affectés ne progressent que de 6,40% et les ressources résultant de l’allègement CDP/PPTE, de 2,30%.

 

Dépenses:

 

Les dépenses, hors amortissement de la dette sont évaluées à 2.897,28 mds, contre 2.710,30 mds exécutées en 2006, soit une augmentation de 186,98 mds soit (6,90%).

 

Par rapport à la loi de finances rectificative, les crédits budgétaires ont augmenté de 441,31 mds, soit un accroissement de 17,97%

 

L’augmentation de 186,98 mds, sur la base des résultats de l’exécution 2006 se ventile ainsi qu’il suit par nature de dépenses.

 

§ intérêts de la dette -59,62 mds

§ traitements et salaires 198,66 mds

§ achats de biens et services 15,39 mds

§ subventions et transferts 5,32 mds

§ investissement sur BND 6,41 mds

§ investissements et transferts en capital 14,03 mds

 

Les dépenses au titre des intérêts de la dette, exécutées pour 536,45 mds en 2006 sur une inscription de 476,53 mds dans la loi de finances rectificative, ont été évaluées à 476,83 mds en 2007. La réduction de ces charges à hauteur de 59,62 mds par rapport à l’exécution résulte principalement de l’effet du taux de change.

 

Les traitements et salaires passent de 442,44 mds dans la loi de finances rectificative 2006 à 643,08 mds dans le projet de loi de finances 2007, soit une augmentation de 200,64 mds. Par rapport aux réalisations 2006, ils se chiffrent à 444,42 mds. L’augmentation de 198,66 mds provient d’une part, de l’application des dispositions des protocoles signés en juin 2006 et janvier 2007 entre l’inter centrale syndicale CNTG – USTG, le gouvernement et le Patronat, et d’autre part, de l’effet du taux de change sur les rémunérations payables en devises (salaires du personnel des Ambassades et des Experts étrangers).

 

Les dispositions de ces protocoles prises en compte dans le projet de budget 2007, concernent: la majoration de la valeur monétaire du point d’indice de 30 points, passant de 250 à 280, pour un coût global de 25,70 mds ; la majoration de 50.000 GNF sur les indemnités de logement et de transport pour un coût estimé à 34,53 mds ; la majoration de 28 points de la valeur monétaire du point d’indice pour le personnel enseignant en deux temps: 10 points à partir du mois de mai, avec effet rétroactif en avril pour 3,83 mds et 18 points applicables à partir du mois d’octobre 2007 pour 1,72 mds ; la prise en charge de la prime multigrade, les autres indemnités visées par les protocoles d’accord de janvier 2007 étant en cours d’évaluation ; la migration des contractuels du personnel enseignant au fichier de gestion administrative (FGA).

 

Les dépenses relatives aux achats de biens et services passent d’une exécution de 648,50 mds à une prévision de 663,89 mds, soit une augmentation de 15,39 mds pour 2,37%. Par rapport à la loi de finances rectificative 2006, les dépenses de biens et services sont passées de 465,74 mds à 663,89 mds.

 

L’augmentation de 15,39 mds est imputable aux dépenses des secteurs prioritaires pour 20,42 mds de GNF ; celles des secteurs non prioritaires connaissent pour leur part un repli.

 

Les dépenses au titre des subventions et transferts s’élèvent à 402,81 mds sur une prévision révisée de 399,90 mds. Par rapport aux réalisations, les subventions et transferts passent de 397,49 mds à 402,81 mds, soit un accroissement de 5,32 mds.

 

Cette évolution des subventions et transferts tient essentiellement à l’augmentation des effectifs dans les universités guinéennes et étrangères et la revalorisation des bourses, à l’instauration d’une subvention de 7.000 FG par sac de 50 kg de riz net vendu aux consommateurs en application du protocole d’accord du 27 janvier 2007, à la revalorisation des pensions et aux nouvelles concessions de pensions.

 

S’agissant des pensions, leur évaluation a été faite sur la base du protocole d’accord susvisé, portant la valeur monétaire du point d’indice de 162 à 182 et le taux de liquidation de 60% à 70% de la base.

 

Les investissements sur ressources propres de l’Etat exécutés pour 289,0 mds sur une prévision de 264,52 mds en 2006, sont évalués en 2007 à 295,41 mds, soit un accroissement nominal de 6,41 mds, ce qui est, de toute évidence, faible par rapport aux besoins d’investissement de l’économie. Cette faiblesse des dépenses d’investissement s’explique par le poids relativement élevé des charges incompressibles de l’Etat représentées par le service de la dette et les dépenses salariales, qui totalisent plus de 45% des dépenses.

 

Les investissements sur financement extérieur s’élèvent, quant à eux a 388,54 mds contre 377,11 mds. De la répartition sectorielle des investissements, il ressort que:

 

v 28,3% des dépenses d’investissements publics seront consacrés à la réalisation des infrastructures (Travaux Publics: 95,4 milliards GNF ; Urbanisme et Habitat: 89,66 milliards GNF, etc.)

 

v 27,5% au développement rural (Agriculture: 165,15 milliards GNF ; Forêts/ Hydraulique Villageoise: 56,34 milliards GNF, etc.)

 

v près de 18% au secteur social (Education: 96,21 milliards GNF ; Santé: 42,21 milliards GNF, etc.)

 

En 2007, au titre des investissements publics, il sera procédé au démarrage de certains nouveaux projets dans les secteurs suivants:

 

A. Développement Rural:

 

o Aménagement des bas – fonds sur initiative IPPTE ;

o Projet de gestion communautaire des terres ;

o Projet d’appui à la foresterie communautaire ;

o Projet d’appui à la création du Jardin Zoo botanique ;

o Etude Eau et Assainissement en Milieu rural ;

o Programme d’hydraulique villageoise Fouta Djallon III (KFW) ;

o et Equipement de 100 Forages à Conakry.

 

B. Mines – Industrie – Eaux – Energie:

o Réhabilitation et extension du réseau électrique de Conakry ;

o Amélioration de l’efficacité du secteur de l’énergie ;

o Programme de développement des Energies OMVG ;

o Programme d’Eclairage Public.

 

C. Infrastructures:

o Démarrage des travaux de construction de la route Labé - Madina Gounasse ;

 

o Etude Technico économique des Eaux fluviales de Conakry.

 

D. Secteur Social:

o Projet d’appui au système de santé intérieure PASSIP/PACS ;

o Construction du nouveau stade de 50.000 places.

 

E. Administration Générale:

o Projet de renforcement des capacités de la Direction Nationale de la Dette et des Investissements et des organes de contrôle (PADIPOC).

 

Enfin, les investissements financiers et transferts en capital sont évalués en 2007 à 20,27 mds contre 24,89 mds dans la loi de finances rectificative 2006, soit une baisse de 4,62 mds (18,56%). Par rapport à l’exécution 2006, s’élevant à 6,24 mds, les investissements financiers et transferts en capital augmentent de 14,03 mds, soit 224,84%.

 

Financement:

 

La comparaison des recettes et dons aux dépenses, dégage un excédent budgétaire base engagement égal à 136,11 mds. Celui-ci est toutefois absorbé par des charges de trésorerie qui se chiffrent à 373,47 mds reparties comme suit:

§ Paiement d’arriérés extérieurs: 54,76 mds

§ Financement extérieur net: 313,79 mds

§ Financement intérieur net: 4,92 mds

- dont système bancaire (sans avances de la BCRG): 142,94 mds

 

Il en résulte un besoin de financement résiduel de 237,36 mds dont la couverture est assurée de la manière suivante:

§ autres financements identifiés 180,85 mds

§ Rééchelonnement additionnel probable 56,50 mds

 

- Monsieur le Président,

- Honorable députés,

 

Telle est l’économie du document définissant les objectifs macroéconomiques et les instruments de réalisation, dont la politique budgétaire que le gouvernement entend mettre en œuvre pour 2007 et qu’il soumet à votre examen et approbation.

 

Je voudrais, avant de terminer, vous donner l’assurance, qu’en dépit des difficultés économiques que traverse notre pays, les perspectives qui s’ouvrent sont porteuses d’espoirs. Le budget qui vous est soumis, est la traduction de la volonté du gouvernement d’assainir la situation économique et financière dont la clé de voûte réside dans la sagesse financière bien connue, selon laquelle « il faut dépenser en fonction de ses revenus ».

 

Aussi, je me dois de vous exprimer toute la confiance du gouvernement pour l’appui que vous ne manquerez pas de lui apporter à travers l’approbation de ce projet de loi de finances dont la correcte exécution par toutes les parties prenantes permettra de jeter les bases nécessaires à la relance de l’économie nationale sur les moyen et long termes.

 

Je vous remercie pour votre bienveillante attention.

 

Document recueilli, mis en forme et transmis par Ibrahima Sylla "Ibra" pour GuineeConakry.Info

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