GUINEE : "Ebola, bouge d'là !"

La fièvre hémorragique à virus Ebola ébranle la santé publique en Guinée. Selon la commission nationale de riposte contre l’épidémie, environ 862 cas suspects et 550 cas de décès ont été enregistrés dans tout le pays. Malgré des efforts qui sont en train d’être fournis par les agents sanitaires, beaucoup de sensibilisation reste à faire sur le terrain.

L’épidémie a créé du jour au lendemain une réelle psychose chez les citoyens guinéens. La peur habite les cœurs. Mais depuis quelques temps l’on peut remarquer l’utilisation de produits chlorés ou javellisés, de savons pour le lavage systématique des mains et de certains aliments, aussi bien dans les familles que dans les lieux publics. Cependant, la méconnaissance des modes de transmission favorise encore la progression de la maladie au niveau de certaines villes.

 

Dans un pays où l’analphabétisme règne en maitre, la sensibilisation à travers les langues des différentes localités s’avère d’une nécessité absolue pour faciliter la communication de proximité qui exige autant que possible, le porte à porte.   

Selon les spécialistes, la contamination interhumaine est plus rapide dans l’évolution du virus Ebola. Ils soutiennent également que les frottements quotidiens des personnes dans les véhicules de transport en commun n’occasionnent pas la transmission de l’épidémie. Pour ces mêmes chercheurs : « le virus ne se transmet d’une personne à une autre que quand les signes et les symptômes se développent et apparaissent chez le malade. »

 

En dépit de tout cela, il  faut dire que cette maladie est grave, mais elle peut être éradiquée si le patient se présente avant l’apparition des signes d’Ebola.

La difficulté reste dans les villages où l’on ignore toujours  la fièvre hémorragique à virus Ebola. C’est pourquoi, pas plus tard qu’hier des émeutes ont fait plus de 22 blessés dans la région administrative de N’Zérékoré à cause, selon certains observateurs de séances de sensibilisation troublées par des jeunes contestataires.

A Macenta également les agents de Médecins Sans Frontière ont été chassés par des riverains qui ne veulent pas croire en l’existence de la maladie, selon les médias locaux. Ces pratiques montrent que beaucoup de campagnes de communication autour du virus, doivent être menés pour amener les paysans à croire et à combattre volontairement l’épidémie dans tous ses aspects.

 

Les zones frontalières avec la Sierra Léone et le Libéria sont  aussi très exposées à la maladie, d’autant plus que les relations de promiscuité traditionnelle entre ces populations. Une raison de plus pour renforcer le contrôle sanitaire à ces endroits.

Certes,  médicaments et kits ont été octroyés par la coopération chinoise mais les regards restent rivés sur l’aide des Etats-Unis qui vont déployer 3000 soldats américains dans les pays touchés par Ebola, en vue de freiner la propagation de l’épidémie.

 

Bien que tardive, le réveil de la communauté international paraît solide. L’OMS et MSF ne sont plus seuls, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la CEDEAO et même l’ONU ont rejoint le cercle de la lutte contre Ebola !

 

Hippolyte BATUMBLA pour GuineeConakry.info

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