
Ayant multiplié les marches ces dernières semaines, cette opposition n’est-elle pas dans une logique guerrière aux allures d’un cheval de Troie dont le but inavoué, est d’empêcher la tenue de la présidentielle ?
De toute évidence, il est clair que l’opposition au vu de sa capacité de nuisance et de paralysie de la capitale guinéenne Conakry, et de quelques villes de province, cette hypothèse est inquiétante. Pour la simple raison qu’une élection ne pourrait se tenir dans un climat de violence et de chaos. Ce qui suppose que la reprise du dialogue, pour trouver un accord sur la base d’un éventuel consensus, est plus que jamais capital pour les deux camps. Car si la présidentielle venait à ne pas se tenir à date, cela pourrait ouvrir la voie à une boite de pandore, où tous les scenarii seraient envisageables. Et cela mettrait le président actuel en situation d’illégitimité constitutionnelle, son mandat ayant expiré. Ce qu’Alpha Condé veut éviter à tout prix.
Mais en même temps cette stratégie pourrait s’avérer contreproductive pour l’opposition, parce que, dans ce cas de figure, le pouvoir pourrait être tenté de s’appuyer sur une armée acquise à sa cause à coup de billets de banques et d’autres méthodes dissimulées, pour confisquer le pouvoir. Cela nous plongerait dans un statu quo constitutionnel où le risque d’implosion n’est point à minimiser.
Avec la rencontre Hollande-Condé à l’Elysée, on avait fondé l’espoir que le président guinéen parviendrait à faire fléchir la position de l’opposition, en s’appuyant sur une certaine pression diplomatique de la France, afin qu’elle revienne à de meilleurs sentiments pour arrêter son cycle infernal de manifestations.
Cette rencontre au sommet avait suscité de l’espoir dans l’opinion nationale, mais ce n’était en fait que l’averse avant la tempête. Dans une sortie du porte-parole de l’opposition, ce dernier a annoncé la reconduite des manifestations le jeudi 30 avril 2015 dans la capitale, étendues à tout le pays, avant de les reporter pour le lundi 4 mai.
En Guinée, le combat que se livrent l’opposition guinéenne, menée par son chef de file Cellou Dalein Diallo, et le pouvoir Condé, est le dernier avatar en date d’une lutte politique fratricide sans merci, entre frères ennemis du même bord hier, et rivaux irréductibles aujourd’hui.
Mamadou Aliou DIALLO pour GCI
2015-GuineeConakry.Info




















