GUINEE : Attention à la loi du talion !

Hier, les militants et manifestants de l’Ufdg, dans la joie et furie de la réception de leur leader, Cellou Dalein, de retour d’un mois de campagne électorale dans la Guinée profonde, avaient au passage à la Casse et à la Sig Madina, incendié au passage, certains, magasins boutiques et domiciles de membres du Rpg-Arc-en-ciel; aujourd’hui, ce sont ces derniers qui sont sortis dans un esprit vengeur, pour ériger des barricades, attaqué et pillé des boutiques du centre commercial de Madina. Les forces de l’ordre ont dû rapidement se déployer pour éviter que les affrontements ne soient encore plus violents.

Pour le ministre Moustapha Naïté, membre du directoire de campagne du Rpg-Arc-en-ciel : « C’est regrettable ce qui se passe. Jusque-là, la campagne s’est déroulée sans grands heurts et sans grandes  violences. Certes,  il y a eu quelques échauffourées çà et là, mais jamais jusqu’à la sortie de nos amis d’en face (UFDG, ndlr) hier, nous n’avions pas enregistré  autant de violences dans Conakry. En dépit de notre anticipation, en appelant nos militants à rester hors de ces manifestations, ils ont été provoqués, ils ont subi des violences inouïes »

Quant à Chérif Abdallah du Groupe Organisé des Hommes d’Affaires, GOHA, il dit : « J'appelle tous les commerçants à prendre en charge la sécurisation de leurs magasins et boutiques. On ne peut plus compter sur les autorités politiques. Ce qui s'est passé à Madina, (…) est grave, il y a eu beaucoup de dégâts ! » 

Chaque camp accuse l’autre et personne ne se sent responsable. Cependant, une chose est sure, la Guinée pays ne peut continuer à vivre ainsi, prise en otage par des confrontations politico-ethniques, sur fond de volonté obsessionnelle du pouvoir, au lendemain du 11 octobre prochain.

La loi du talion ne saurait en rien devenir la voie démocratique pour accéder au pouvoir. Chaque candidat a tout intérêt à ‘’mettre de l’eau dans son vin’’ pour éviter d’enflammer les esprits au feu d’intentions inavouées. Les autorités nationales et la communauté internationale qui les accompagne devraient avoir le courage d’évaluer objectivement les événements de jeudi et vendredi, pour prendre les décisions idoines, en vue de ramener le calme, dans cette atmosphère délétère où les voix de la paix sont étouffées par les bruits de la violence ; la situation dérivant vers une ‘’pagaille organisée’’.

Alpha Condé est monté au créneau en se rendant à la Casse pour calmer les uns et les autres. Dans ce contexte de volatilité sécuritaire, que faire ? Les élections pourront-elles avoir lieu, ce dimanche 11 octobre ? Jouant sa partition dans la gamme de l’apaisement, Sidya Touré de l’UFR, prend ses marques : « Un jour, deux jours ou une semaine de report n’est pas la question mais plutôt : comment faire pour sortir de cette élection, afin que le consensus qui en découlera, permette à notre pays de renouer avec le financement international dont on a tant besoin, pour booster notre économie et créer de l’emploi. Si  cet objectif n’est pas atteint, les élections n’auront pas servi à grand-chose. »

A méditer avant le jour J. Rappelons que les violences de ces dernières 48 heures ont fait deux morts et une trentaine de blessés, selon des sources dignes de foi contactées par GCI. Le calme est revenu ce soir, il parait pécaïre, mais il est là quand même !

Maria de Babia pour GCI

2015-GuineeConakry.Info

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