GUINEE 8 MARS 2012: Droits des femmes

*Conakry, Paris, le **8 mars 2012* - A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nos organisations, dans le cadre de la campagne « l'Afrique pour les droits des femmes: ratifier et respecter! », appellent les autorités guinéennes à s'engager résolument vers la ratification du Protocole à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Protocole à la CEDAW) et du Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples sur les droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo) et à prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre les discriminations et les violences...

/*« Un engagement ferme du Président Alpha Condé et de son gouvernement 
pour la protection des droits des femmes serait salué par tous les 
défenseurs des droits de la personne en Guinée et dans le monde entier. 
La journée du 8 mars est une formidable occasion pour le pouvoir 
d'exprimer sa détermination à éliminer toute discrimination entre les 
hommes et les femmes et à endiguer toutes violences faites aux femmes et 
de passer aux actes »*/, a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la 
FIDH.

Nos organisations sont particulièrement préoccupées par la persistance 
en Guinée de dispositions législatives discriminatoires à l'égard des 
femmes et de pratiques traditionnelles néfastes, telles que les mariages 
précoces et forcés et les mutilations génitales féminines; ainsi que par 
l'accès limité des femmes à l'éducation, à la santé, au marché du 
travail, aux postes de décision et à la justice1.

*/« La Guinée fait aujourd'hui partie de la minorité des pays du 
continent qui n'ont pas ratifié le Protocole de Maputo, instrument 
fondamental pour protéger les droits des femmes africaines »/*, insiste 
Hadja Fatoumata Sall, présidente de la CONAG-DCF, /*« En outre elle n'a 
toujours pas ratifié le Protocole à la CEDAW,  qui permettrait aux 
femmes guinéennes victimes de violations, si elle n'ont pas accès à la 
justice nationale, de saisir le mécanisme international dédié pour faire 
valoir leurs droits. »*/

Nos organisations rappellent que si les violences domestiques, tout 
comme le viol, constituent des infractions d'après le Code pénal, 
l'impunité des auteurs de ces crimes reste la règle. Elles relèvent 
néanmoins que les avancées récentes dans la procédure judiciaire menée 
contre les auteurs du massacre du 28 septembre 2009 où plus de 150 
personnes ont été tuées et 100 femmes violées lors de la répression par 
les forces de sécurité d'une manifestation pacifique de l'opposition 
constituent un réel espoir dans le combat contre l'impunité en Guinée, 
notamment pour toutes les femmes victimes de violences sexuelles. « La 
procédure engagée sur les crimes du 28 septembre 2009 doit pouvoir 
prospérer en toute indépendance », a ajouté Abdoul Gadiry Diallo, 
président par intérim de l'OGDH.

Par ailleurs, un effort conséquent doit être fourni par les autorités 
guinéennes pour permettre l'accès des femmes à la justice rendu 
quasiment impossible notamment en raison du manque d'information sur les 
droits et les lois qui protègent les femmes, du fort taux 
d'analphabétisme chez les femmes, des coûts des procédures trop élevés. 
Le manque de formation des personnels de police et de justice souvent 
corrompus entrave l'aboutissement des plaintes et dissuadent les 
victimes de recourir à la justice pour faire valoir leurs droits.

Aussi, nos organisations appellent à des engagements forts du Président 
Alpha Condé et de son gouvernement quant à la ratification des 
conventions de protection des droits des femmes, leur transcription en 
droit interne et leur application effective pour lutter contre les 
discriminations et les violences.

Nous recommandons également aux autorités de prendre toutes les mesures 
nécessaires pour favoriser l'accès des femmes à l'emploi et aux postes 
de prises de décision.

Nous invitons enfin les hommes et les femmes à se mobiliser pour faire 
du message de la campagne « L'Afrique pour le droit des femmes: 
Ratifier et Respecter! » une réalité en Guinée et dans le monde entier.

*Contacts presse:*

*à Conakry:*
Abdoul Gadiry DIALLO: + 224 60 34 17 71
Fatoumata SALL: + 224 63 21 00 25

*à Paris:*
Karine APPY: + 33 (0) 6 48 05 91 57
Arthur MANET:  +33 (0) 6 72 28 42 94

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