
Origine du conflit
En mars 2011, dans la foulée du « printemps arabe » débuté en Tunisie et dont beaucoup d’observateurs mettent en doute les mobiles, et qui va par la suite se répandre sur le monde arabe comme une trainée de poudre, le 15 mars, les populations syriennes entrent dans la danse pour réclamer comme les autres pays sous la coupe des dictatures monarchistes plus de liberté et de démocratie. Ce soulèvement sera réprimé dans le sang, et au fil du temps va se muer en contestation systématique du régime de Bachar Al Assad au pouvoir depuis 2000, puis en guerre civile.
Le constat
Quatre année après le début de ce soulèvement, la Syrie reste plongée dans le chaos, prise en tenaille par des rivalités géopolitiques entre grandes puissances ou des groupes djihadistes à l’image de Daesh (EI) avec à la clef, une indescriptible catastrophe humanitaire.
Le bilan humain fait état de plus de 200.000 morts et plus de trois millions de réfugiés (OSDH), un pays terriblement dévasté ainsi que des victimes de sévices du régime d’Assad, mais également des djihadistes et des membres de L’ALS. Qui ont fait de la Syrie un terreau du djihadisme international.
Aspect géopolitique du conflit
Un soulèvement qui avait débuté sur une volonté du peuple syrien à obtenir plus de liberté et de justice de la part du régime, s’est transformé en un théâtre ou des puissances régionales affirment leur volonté d’influence et de domination caractérisée, d’un coté par les pays du golfe en tête l’Arabie saoudite ,le Qatar et la Turquie qui, inquiets de voir l’Iran gagner du terrain sur la scène régionale abattent leurs cartes sur le terrain, en finançant notamment l’ASL(armée syrienne libre), mais également des groupes djihadistes sunnites pour combattre le régime de Bachar; de l’autre l’Iran, soutien numéro un du régime de Damas, en se basant sur la puissante milice chiite libanaise du Hezbollah, envoie ses combattants se battre aux cotés du régime syrien, avec le soutien logistique militaire de la Russie.
Mais au delà des intentions de ces deux puissances régionales à maintenir leur capacité d’influence dans la région, nous sommes en face d’un conflit entre deux idéologies sectaires de l’islam: le sunnisme incarné par l’Arabie saoudite et le chiisme dont l’Iran est le fer de lance, et dont il veut absolument préserver l'Alliance stratégique avec Damas, lui permettant de conserver son "axe de résistance" chiite Irak-Syrie-Liban (Hezbollah).
Des élans de guerre froide
Outre ces principaux acteurs régionaux, il y a également l’implication des Etats-Unis et de la Russie. Pour les premiers la cause géopolitique revient sur la table avec la volonté des Etats-Unis de faire chuter le régime de Damas pour mettre un pied en Syrie, cherchant ainsi à contrôler les hydrocarbures de la région mais également prendre la place de la Russie, qui est un allié historique du régime de Damas et qui a déjà une base militaire sur son sol, les Américains pourraient éventuellement se servir de la Syrie comme base arrière, avec Israël pour attaquer l’Iran.
Quant à la Russie, elle n’entend pas abandonner son allié syrien pour les raisons que nous venons d’évoquer tantôt mais également pour des considérations économiques, la Syrie étant un allié de l’Iran la chute du régime syrien pourrait avoir des répercussions sur le partenariat économique liant Moscou et Téhéran, car ce dernier, en dépit des sanctions occidentales sera très affaibli.
L’Europe dans le jeu
Du coté de l’Europe, les enjeux sont économique et énergétique, les investissements des pays du Golfe sont en forte progression sur le vieux continent, notamment ceux du Qatar, fort de cet argument, ceux-ci mettent la pression sur certains gouvernements européens pour voir chuter le régime d’Assad, quant à l’aspect énergétique, l’Europe étant grandement dépendante du gaz russe, essaie de trouver des alternatives avec les pays du Golfe pour non seulement s’approvisionner en gaz par l’intermédiaire du Qatar de l’Arabie saoudite via la Syrie, mais aussi pour isoler l’Iran dans ce secteur.
Pour l'islamologue Gilles Kepel, « La Syrie est la clef de voûte de tout le système moyen-oriental et s'articule aux deux enjeux essentiels qui caractérisent l'inscription du monde arabe dans l'univers : le conflit israélo-arabe et le pétrole ».
Résolution du conflit
Quatre printemps après le début du conflit, tous les observateurs s’accordent sur un constat : le conflit n’a pas d’autre issue que politique. Car les enjeux défendus par les protagonistes ont fini par dénaturer l’essence du meme du combat qui était mené au préalable par l’opposition syrienne, et aujourd’hui la coalition internationale se consacre désormais particulièrement à cet autre fléau appelé ''Etat Islamique'', qui est en même temps une conséquence du double jeu auquel se livrent les acteurs de ce conflit.
Mamadou Aliou DIALLO pour GCI
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