
Pour IBK, il n’y a pas de répit. Alors que les négociations d’Alger avec les mouvements touarègues ne semblent pas encore donner les résultats escomptés et que les attentats terroristes sont toujours signalés dans la partie nord du pays, voilà que les syndicalistes de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), eux aussi, exigent du gouvernement de meilleures conditions de vie et de travail.
Une revendication qui pourrait s’expliquer aussi bien par le blocage sociopolitique que le pays a dernièrement connu, que par la déliquescence et le délitement de l’Etat et de l’administration au cours des dernières années du règne d’Amadou Toumani Touré. IBK va donc devoir faire face à cette situation socioéconomique dont il hérite. S’il est bien vrai que la défense de l’intégrité du territoire nationale et la préservation de la Nation malienne sont de nobles ambitions, elles n’excluent pas cependant que les Maliens se plaignent de la précarité qui hante bon nombre d’entre eux. Ventre vide n’a point d’oreilles, a-t-on coutume de dire.
La position des autorités maliennes est d’autant plus inconfortable que l’argument selon lequel les caisses sont vides, ne saurait passer quand on se rappelle tout ce qu’Ibrahim Boubacar Keïta avait dépensé par s’offrir l’avion présidentiel. Mais au-delà, ses compatriotes semblent s’être rendus compte que la gestion des problèmes politiques est sa priorité. C’est en tout cas le critère fondamental qui avait conduit à la désignation de Moussa Mara en lieu et place d’Oumar Tatam Ly au poste de premier ministre. Le management entre les différents courants de l’échiquier politique national ainsi que le contentieux de la crise politico-sécuritaire du nord du pays paraissaient davantage préoccuper le nouveau président.
Les Maliens lui disent qu’il n’a pas raison. Ils le lui disent en se conformant le plus massivement possible au mot d’ordre de grève lancé par l’UNTM. C’est ainsi qu’en ce jeudi, les activités ont tourné au ralenti aussi bien à Bamako qu’en province. Certes, il n’y a pas eu de violence, mais à travers ce premier acte, les syndicalistes auront démontré qu’ils représentent une force avec laquelle le pouvoir devra composer. Un détail qui peut se révéler déterminant pour les négociations qui devront nécessairement reprendre au terme de ce premier mot d’ordre.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















