
Depuis quelques jours, l’avis de grève avait été relayé par les certaines radios privées de la place, mais visiblement, très peu de personnes y croyaient sérieusement. Aussi, les populations de Conakry ont été quelque peu surprises par l’effectivité de la grève décidée par la Fédération nationale des transporteurs routiers et de mécanique générale de Guinée. Sortis massivement en ce début de semaine, les citoyens sont restés massés pendant une bonne partie de la matinée au niveau des principaux carrefours de la capitale guinéenne.
La plateforme revendicative des grévistes dénonce entre autres : les tracasseries policières, les barrages sauvages, l'emprisonnement de certains syndicalistes sans motifs convaincants, etc.
Obéissant librement au mot d’ordre de débrayage ou agissant par précaution, les chauffeurs de taxis et de minibus ont déserté les routes de la capitale guinéenne. Sur l’axe de l’autoroute Fidel Castro, la circulation est exceptionnellement fluide. Les véhicules personnels sont plus visibles que les bruyants taxis jaunes. Aux ronds-points de Matoto, Aéroport, Gbessia, au carrefour de Bonfi, Kénien ou encore à Madina, c’est la guerre ouverte à chaque fois que l’un des rares taxis pointe le bout du nez.
Au bout de leur peine, certains comme Mlle Sylla du ministère de l’Economie et des Finances, envisagent le retour à la maison. Selon elle, en effet, « Je ne vais pas pouvoir passer toute la journée sous ce chaud soleil ». Elle a la chance d’être pas loin de son domicile. Ce qui n’est pas le cas Mamaïssata Keïta, vendeuse de frippes au marché avaria de Madina. Habitant à Matoto, elle est bloquée au rond-point de l’aéroport. Estimant qu’elle ne peut livrer la bataille pour se trouver un véhicule, elle en est à regretter d’être sortie de chez elle « Je crois que je vais essayer de voir s’il est plus facile de trouver un taxi pour retourner à la maison. Parce qu’on ne me dit qu’à Madina, il n’y a beaucoup de monde ». Justement, les travées de ce grand marché de la capitale guinéenne sont plus que jamais dégagées en ce lundi.
Tout autre est le climat qui a régné sur l’axe de la route le Prince. Réputé particulièrement portés sur la violence, les jeunes de cet axe, comme obéissant à une manipulation des syndicalistes, ont très tôt érigé des barricades au niveau des principaux carrefours de Cosa, Bambéto et Hamdallaye. Et comme si cela ne suffisait pas, ceux de Bambéto se sont mis à cogner les véhicules des audacieux chauffeurs qui voulaient braver le mot d’ordre des syndicalistes.
Conséquence ? La voie est systématiquement désertée par les taximen et même les particuliers. Bien que les forces de l’ordre déployées sur les lieux aient réussi à chasser les fauteurs de troubles, les chauffeurs ne s’y sont hasardés que tard dans la journée de ce lundi.
De l’avis de M. Ousmane Horoya Sylla, vice-président de la Fédération syndicale des transporteurs routiers à l’origine de la grève, cette dernière est consécutive de nombreuses tracasseries auxquelles les membres de son organisation sont confrontés. S’exprimant sur les ondes, il a également évoqué les arrestations, dit-il « arbitraires » de chauffeurs relevant de sa structure, suite aux affrontements qui avaient opposé ces derniers et les membres d’un syndicat rival à Kankan.
Pour M. Sylla, les autorités ayant ignoré le mémo et le préavis de grève à eux adressés, le débrayage qui a commencé ce lundi est illimité. Même si un service minimum reste en vigueur.
Aux dernières nouvelles, la Confédération nationale des travailleurs de Guinée, CNTG, se dit solidaire des transporteurs et menace à son tour d'enclencher une grève générale, si rien n'est fait dans les 72 heures pour satisfaire les transporteurs.
GCI suit pour vous.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















