
uineeConakry.Info : Vous avez eu des entretiens avec le président Sassou N’Guesso. Peut-on connaitre de quoi avez-vous parlé ?
Pierre Moussa : Au cours du sommet qui a eu lieu à Malabo, le 30 juillet dernier, le président de la République avec ses pairs ont analysé la situation économique, monétaire et financière de notre sous-région. Avec l’effondrement du prix du baril du pétrole, notre sous-région qui est composé des pays qui produisent et exportent essentiellement du pétrole, s’est retrouvée dans une difficulté énorme. Ces difficultés ont impacté la situation économique générale. La croissance a diminué, les budgets ont été réajustés, des programmes d’investissements extrêmement importants ont été réduits.
Cette situation a interpellé les Chefs d’Etat. Et elle a exigé que ceux-ci se mettent d’accord sur un programme des réformes économiques, monétaires et financières au niveau de la sous-région. Ce programme doit être élaboré incessamment et un comité de pilotage a été mise en place pour porter ce programme de réforme. Les Chefs d’Etat ont désigné leur pair, le président Denis Sassou N’Guesso, comme le parrain de ces réformes sous régionales : comme celui qui doit jouer de leadership. Toutes ses réformes ce seront sous son leadership. Je suis venu pour en discuter avec le président qui nous a donné un certain nombre des directives, d’instructions et d’orientation pour que le comité de pilotage sous régional se mette rapidement en place et qui sera composé des ministres, des hauts fonctionnaires de l’ensemble de la sous-région qui aura une cellule technique, et qui prendra un certain nombre de décisions qu’il exposera au président dédié aux réformes économiques, monétaires et financières au niveau de la CEMAC et de l’ensemble des pays de la CEMAC. Ceci afin de sortir rapidement notre sous-région de l’état de crise sérieuse qu’elle connait.
GuineeConakry.Info : Quel est le problème prioritaire que devrez traiter au niveau de la commission de la CEMAC ?
Pierre Moussa : Il n’y a pas un dossier plus brûlant aujourd’hui, en dehors des dossiers de sécurité. Nous savons que nous avons deux pays : le Cameroun et le Tchad qui connaissent une situation sécuritaire assez sérieuse et préoccupante avec les attaques terroristes de Boko-Haram. En dehors de ça, il n’y a pas un dossier plus prioritaire que sortir notre sous-région de l’état de crise grave qu’elle connait. Parce que la crise, c’est moins de ressources, pas de croissance et plus de chômage. Pas des projets réellement porteurs de développement, alors qu’il nous faut aller dans le sens qui était déjà et donner l’impulsion qui avait été déjà donnée par les Chefs d’Etat avec la diversification des économies qui étaient déjà en cours, mais tous ces problèmes se trouvent brutalement ralenti par cette crise économique. C’est les tensions sociales, la crise économique. Le passeport CEMAC, oui, mais il faut que les gens soient dans de bonnes conditions de travail et de développement économique et social. Cela dit, il y aura toujours des problèmes habituels. Le passeport CEMAC est en circulation dans quatre pays de la sous-région. Plus de 90% de la population CEMAC est en libre circulation dans quatre Etats. Mais il faut que tous rentrent dans la libre circulation des personnes. Nous avons des problèmes de genre « programme économique sous régional » que nous sommes en train d’actualiser et concerne tous les pays, pour qu’on mette fin à l’enclavement interne, enclavement entre les Etats que des commerçants d’un pays puissent prendre un camion pour aller acheter la marchandise au Tchad, au Gabon, etc. mais la crise, si elle continue sera un obstacle à tout ça.
Propoos recueillis exclusivement pour GCI
MIATOLOKA Boryce Agapyth
Correspondant particulier de GCI au Congo Brazza
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