GRANDE INTERVIEW GCI: Avec le magnifique chanteur Petit KANDIA

Orphelin par le cours du destin, marié et père de deux enfants, "Petit Kandia" de son vrai nom « Sory Kandia Kouyaté », l’homonyme de "la voix de l’Afrique", feu Sory Kandia Kouyaté, a été le récipiendaire du trophée du meilleur album de l’année 2012 à la onzième édition de l’événement "sacre des meilleurs", le Djembé d’Or. Et comme par hasard, c’était dans les locaux de l’espace culturel qui porte son patronyme, le Centre culturel franco-guinéen (CCFG). Son dernier album « ça fait mal », est un véritable chef d’œuvre musicale, qui dépeint plusieurs maux dont souffre essentiellement la société africaine. Notamment, la pauvreté, l’immigration clandestine, etc. Managé par le Guinéen, Ibrahim Sidibé "Arda", Petit Kandia vient de signer un contrat de trois ans avec la maison "Lusafrica" de José Da Silva, pour un album acoustique de « ça fait mal ». La rédaction de GCI l’a rencontré pour votre plaisir… 22:19 26-11-2012

GuineeConakry.info : Le 9 novembre dernier, l’album ‘’ça fait mal’’ de Petit Kandia a reçu le lauréat du prix du meilleur album de l’année du Djembé d’Or 2012. Quels sont vos sentiments ? Et que représente ce prix dans votre carrière artistique?

Petit Kandia (P.K) : J’étais très, très content d’avoir eu ce prix devant d'autres qui ne déméritent pas non plus. J’avoue que j’ai été vraiment comblé de joie lorsqu’on a prononcé mon nom dans la salle. C’était tout simplement génial. D’ailleurs, je profite de votre canal, pour dire que je dédie ce prix à mes défunts parents, mais également, je le dédie à la presse, et à tous ceux qui de près ou de loin, n’ont ménagé aucun effort pour ma réussite. Et ce prix en quelque sorte, représente un résultat d’une étape de mon travail. Ce n’est que le début, et j’espère décrocher d’autres dans la sous-région, et pourquoi pas dans le monde...

GCI : Depuis votre premier album au dernier, l’on sent que vous avez muri dans la composition musicale. Quels sont les aspects sur lesquels vous avez  fondamentalement travaillé ? 

P.K : D’habitude, je travaillais beaucoup plus sur des morceaux qui font l’éloge d’une personne. Mais au fur et à mesure, avec l’expérience de la vie, je me suis rendu compte que pour grandir, il me fallait m’intéresser à des sujets de société, d’actualité, tels que, l’immigration, la pauvreté. C’est ce que j’ai fait dans mon dernier ‘’ça fait mal’’. Aussi, j’ai apporté une touche traditionnelle de chez nous. Tout ceci a donné un caractère original à l’album.

GCI : Bon nombre de mélomanes et consommateurs de la musique guinéenne estiment que le timbre vocal de Petit Kandia s’assimile à celui de l’autre artiste guinéen, Ibro Diabaté. Que leur répondezs-vous?

P.K : J’avoue que suis constamment confronté à cette question. Ibro Diabaté, au-delà d’être un ainé dans la musique, est de surcroit, un parent à moi. Il est un oncle maternel. C’est le benjamin de la famille maternelle. J’ai passé beaucoup de temps avec lui, j’ai joué avec lui, il m’a beaucoup conseillé, et je lui resterai éternellement reconnaissant. Et le jour de la remise du trophée il était à mes côtés. C’est comme on le dit, la famille !

GCI : Vous portez le nom d’une grande voix de la musique guinéenne et africaine, en l’occurrence, Sory Kandia Kouyaté. Avez-vous la chance de le connaitre ? Vous inspire-t-il dans vos compositions musicales ?

P.K : Très malheureusement je n’ai pas eu la chance de connaitre cette icône, qui est en même temps, mon homonyme. Mais je suis fier de porter son nom, parce qu’il est une personnalité. Je l’écoute souvent dans ma voiture, à la maison, et à chaque fois que j’en ai l’opportunité. Dans mes cris, je tente de l’imiter. Et il demeure une source d’inspiration pour moi.

GCI : ‘’Conakry Cocktail’’ est le nom de l’orchestre qui a toujours accompagné Petit Kandia. Même au-delà de nos frontières, est-ce que cette complicité est toujours de mise ?

P.K : Oui bien sûr. Et pour preuve, lorsqu’on m’a invité à Dakar lors de ‘’Salam Expo’’, j’étais accompagné par le groupe en version acoustique. Et je tiens qu’à chaque fois qu’on m’invite qu’il soit à mes côtés. 

GCI : Pourquoi avoir intitulé l’album « ça fait mal » ?

P.K : Dans l’album, j’ai chanté un titre pour les orphelins étant donné que moi-même j’en suis un. Perdre ses parents dans cette vie de combat éternel, n’est pas une chose aisée, n’est pas une chose facile. C’est ce que j’exprime par l’intitulé de l’album : « ça fait mal ».

GCI : « Fâ sô » qui veut dire la « patrie », est un des titres de l’album. Essentiellement quel est le message véhiculé ?

P.K : C’est un titre qui traite essentiellement de l’immigration clandestine. Cela découle de mes constats lors de mes tournées européennes. J’ai rencontré des Guinéens, des Africains qui vivent très misérablement. Mais là où le bas blesse, ils ont le complexe de retourner les mains vides au pays. Alors que la vie qu’ils mènent en occident, n’est  pas enviable à ce point. Donc, dans cette chanson, je les incite à un retour au pays natal où au moins, ils bénéficieront d’une liberté décente.

GCI : Qu’est-ce qui a le plus marqué la vie de Petit Kandia ? 

P.K : C’est la perte de mes deux parents. Aujourd’hui, j’aurais aimé qu’ils soient à mes côtés pour qu’ils puissent me dire qu’ils sont fiers de leur fils. J’aurai aimé pouvoir leur offrir le peu que je gagne actuellement. Mais ceci est la volonté de Dieu. Paix à leurs âmes !

GCI : Aux yeux de Petit Kandia, la musique représente quoi ?

P.K : C’est ma vie, c’est mon arme de tous les jours. Si aujourd’hui je vaux ce que je vaux, c’est dû en partie à la musique. A travers elle, j’arrive à atteindre un public large. J’arrive à mettre le doigt sur la plaie et dénoncer ce qui est à dénoncer.

GCI : Quels sont les artistes qui vous inspirent ? Et pourquoi ?

P.K : Feu Sory Kandia Kouyaté mon homonyme, et Salif Keïta. Parce que ces deux personnalités pour moi, représentent une école. A les écouter, on se sent dans une salle de classe. Ces deux ont su imposer les valeurs africaines par leur voix respective. C’est exceptionnel.  

GCI : Si vous devriez formuler un vœu, que direz-vous?

P.K : C’est de devenir comme eux.

GCI : Malgré la richesse et la diversité de la musique guinéenne, elle peine encore à se vendre sur la scène internationale. A qui la faute ?

P.K : D’abord, c’est au niveau des autorités à travers le ministère de la Culture. La culture n’est pas du tout accompagnée en Guinée par le gouvernement, comme elle le mérite. Et c’est pourquoi notre musique a du mal à dépasser nos frontières comparativement aux autres pays de la sous-région. Et de l’autre, c’est aussi la faute à nous-mêmes les artistes. Le manque de professionnalisme s’invite souvent chez nous, le mauvais travail, la facilité, le manque d’objectif, et tout ce qui s’en suit. Résultat, et nous et nos produits ne sont pas vendables. Alors, si les artistes guinéens veulent se voire inviter dans la cours des grands, la seule solution c’est le travail.  

GCI : ‘’La réussite n’a pas de secret’’. Quelle est la recette de Petit Kandia ?

PK : Le travail et rien que le travai.

Propos recueillis par Lamine Camara pour GuineeConakry.info

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