GRANDE INTERVIEW GCI : Avec Khadija Camara

Ecrire à 21 ans, c’est apporter la fraicheur de sa jeunesse à la littérature, offrir son inspiration vagabonde dans les méandres malsains de la vie ; dire ce qu’on sait et ce qu’on ignore, dans une séduisante spontanéité. En décidant d’écrire, Khadija Camara, cette frêle belle et jeune fille née à Dakar, le 26 février 1994 de parents guinéens, voulait raconter les choses qui lui plaisaient ou qu’elle ne comprenait pas, dans un style de roman thriller, où le suspense est roi et les surprises nombreuses, au détour d’aventures trépidantes.

Son premier roman ‘’La mission’’, sorti en novembre dernier à Paris aux Editions Jets d'Encre, est enfin disponible depuis la semaine dernière à Conakry, grâce à l’appui technique et financier de la COFFIG (Coalition des femmes et filles de Guinée pour le dialogue, la consolidation de la paix et la démocratie (COFFIG/DCPD) et du Refamp (Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires), sous la dynamique présidence de Dr Makalé Traoré. Sortie réussie. GCI a eu l’exclusivité de l’interview d’auteure de notre jeune compatriote. Edifiant !  

GuineeConakry.Info : Pour un début en écriture, vous avez directement choisi de vous lancer dans le genre thriller, ce qui n’est pas courant en Guinée…

Khadija Camara : Vous avez raison. C’est que depuis ma tendre adolescence, c’est un genre qui m’a passionnée. Je lisais donc beaucoup. Un peu de tout, mais le genre thriller, par ses rebondissements, ses enquêtes, avec ses nombreux points d’interrogation, m’interpellait. Les fortes émotions que procure ce genre littéraire ou cinématographique m’a toujours attirée, car il faut savoir démêler les intrigues ! Cependant, moi je mets le crime au centre pour mieux le combattre. Mais dans un autre cadre, je peux et dois vous dire par exemple, que j’ai beaucoup été influencée par le grand écrivain malien, Amadou Hampaté Bâ avec les truculentes aventures de Wangrin. Plus précisément :’’ L'étrange destin de Wangrin’’, publié en 1973.

GCI : Parlons alors de Yasmin, l’héroïne de votre roman ‘’La Mission’’. Au fond, quelle était sa mission ?

KC : La Mission, c’est l’histoire de Yasmin, témoin par hasard d’un meurtre, puis de fil en aiguille, elle va descendre dans les profondeurs de la violence, de la drogue, avec des policiers à la poursuite du gang qui l’entrainera sur les chemins du mal. Elle, si brillante, mais engouffrée dans une compagnie redoutable; comment Yasmin va-t-elle faire pour se sortir de cet imbroglio infernal du mal ? C’est toute la question. Yasmin, c’est un destin mouvementé ! Je m’arrête là ! … (Sourire)

GCI : C’est comme un clin d’œil à la jeunesse ?

KC : La tentation est partout dans la vie moderne. Il faut beaucoup de personnalité pour résister à toutes ces choses qui nous entourent et nous attirent. Mon roman est un appel à la raison, à la force de caractère pour ne pas dériver. Les situations que montre le roman, peuvent arriver à tout jeune, s’il ne fait pas preuve de responsabilité, de libre-arbitre, pour se sortir des impasses les plus invraisemblables…

GCI : A votre avis, quelle est la caractéristique principale de votre style,?

KC : L’indépendance. J’écris librement ce que ressens, ce que rêve, ce que j’imagine. J’écris en toute indépendance. Je refuse d’être écrasée par mes influences. Ce n’est pas un exercice facile, mais je m’y suis engagée avec certitude. J’espère pouvoir continuer ainsi, ce qui n’exclut naturellement, nullement mon ouverture au monde.

GCI : Les parents peuvent-ils aider en cela… Quels sont vos rapports avec les vôtres ?

KC : Tout d’abord, cette histoire n’est point la mienne. Elle est fruit de mon imagination. Même si la vie moderne comporte quelques ressemblances par coïncidence. En tant que jeune, en écrivant ce roman, j’ai eu une pensée personnelle pour tous ceux qui peuvent se trouver dans pareilles circonstances, et aussi, ceux qui n’y sont pas. Pour que tous trouvent les raisons et les armes morales pour en sortir positivement. Mes parents m’ont toujours bien soutenue dans ma vie, comme dans mes études et je continue toujours à bénéficier de leurs conseils avisés et de leur soutien total. C’est important. C’est le lieu pour moi, de remercier mon père et ma mère, et surtout Tantie Makalé Traoré et ses ONG, la COFFIG et le REFAMP qui ont permis l’organisation de ma dédicace, avec L’Harmattan Guinée de M. Sansy Kaba. C’était merveilleux. J’étais dépassée par l’accueil que j’ai reçu. L’organisation était de qualité. Je dis merci à tous.   

GCI : Au cours de ce séjour, vous venez d’être choisie comme ‘’Ambassadrice de Conakry, Capitale du Livre, 2017’’. Quelle signification, cette distinction, revêt-elle pour vous ?

KC : C’est vraiment un grand honneur pour moi, je ne m’y entendais pas du tout. Moi, la débutante, que les organisateurs choisissent comme porte-flambeau de l’extraordinaire événement culturel, ‘’Conakry, capitale mondiale du Livre en 2017’’ ; vraiment, vous comprenez mon émotion, et ma fierté ! Je ferai tout pour mériter de la Guinée, pour porter dignement cet événement partout, pour honorer mon pays, la Guinée, mes parents et mes amis à travers le monde. Oui enfin, grand, très grand merci à Tantie Makalé, qui est l’initiatrice de cette formidable promotion de mon livre en Guinée.

Propos recueillis par JMJ pour GCI

2016-GuineeConakry.Info

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