
Guineeconakry.info : Madame, vous êtes citée comme un des exemples de la réussite de la femme au sein des forces armées nationales. Que ressentez-vous à l’idée d’incarner un tel statut ?
Colonel M’Mahawa Sylla : Rien qu’un sentiment de satisfaction. D’ailleurs, je profite de cette occasion pour remercier le bon Dieu de m’avoir accordé cette chance. J’exprime également ma gratitude à mes parents pour m’avoir mise au monde et donné une éducation. Je n’oublie pas non plus les autorités militaires qui m’ont encadrée et donné une certaine culture.
GCI : Colonel, à quoi attribuez-vous votre réussite dans l’armée, en tant que femme?
Col. M. S : J’attribue ma réussite dans cette grande institution à la volonté, au courage et à l’abnégation. Car dans la vie, l’être humain doit avoir des ambitions positives, se fixer un objectif et être déterminé à l’atteindre.
GCI : Pouvez-vous nous dire Colonel, quels sont les obstacles à surmonter en tant que femme pour se hisser au sommet de l’armée?
Col. M. S : J’avoue que n’en ai pas rencontré de particuliers. En tout cas, pas en rapport avec le fait que je suis une femme. Tout le monde a le même cursus à suivre, c’est-à-dire passer par les différentes formations et obtenir les diplômes y afférents. Les Statut de l’armée en font foi.
GCI : A ce titre, Comment vous sentez-vous en tant que femme parmi les officiers supérieurs de l’armée?
Col. M. S : C’est un plaisir et un réconfort pour moi de me retrouver parmi ces élites. Leur milieu me permet d’exceller aussi dans mon sens d’analyse et renforce ma capacité intellectuelle. Donc, je m’y sens bien.
GCI : Etre femme au sein des armées est-il perçu différemment par la société?
Col. M. S : Par endroit oui. Certains pensent que les femmes militaires sont agressives, outrancières et surtout illettrées. Pourtant, c’est tout à fait le contraire. Qu’à cela ne tienne, nous pensons qu’ils auront l’occasion de mieux nous apprécier.
GCI : Une femme au sein de l’armée guinéenne peut-elle faire l’objet de harcèlement sexuel ?
Col. M. S : En ce qui me concerne, je n’en ai pas été victime. De même, depuis mon intégration au sein des armées, je n’ai pas été témoin d’un cas de harcèlement dont une femme militaire a été victime. De ce fait, si je me fonde sur ma propre expérience, je dirais que le milieu militaire n’est pas concerné par cet état de fait.
GCI : Ah bon ! A présent, dites-nous quelle est la proportion des femmes au sein de l’armée guinéenne ?
Col. M. S : Pour l’ensemble, les femmes représentent 6% de l’effectif de l’armée guinéenne. Soit 4% au niveau de l’armée de terre, 8% à l’armée de l’air, 5% à l’armée de mer et 9% dans la gendarmerie nationale.
GCI : Pourriez-vous encourager le recrutement des femmes au sein dans l’armée?
Col. M. S : Affirmatif. Cependant, je leur suggèrerais plus d’avoir un certain niveau intellectuel et une aptitude physique leur permettant de suivre les différentes formations. Car, l’égalité de l’homme et la femme dont on parle tant, ne doit pas être un simple slogan mais une réalité dans les faits.
GCI : Plus globalement, quelles appréciations faites-vous des conditions de la femme en Guinée?
Col. M. S : La situation semble s’améliorer apparemment ces dernières années, bien qu’il y ait encore du chemin à faire. Pourtant, la femme guinéenne est reconnue partout à travers sa bravoure. C’est pourquoi elle doit redoubler d’ardeur afin de renforcer son statut professionnel.
Propos recueillis par Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















