GRANDE INTERVIEW EXCLUSIVE GCI : Avec Kanfory Lappé Bangoura, nouveau coach du Syli National

Kanfory Lappé Bangoura c'est le nouveau coach du Syli National de Guinée. Vainqueur d'une rude concurrence, ou il était confronté à plusieurs expertises internationales, il a réussi à satisfaire à tous les critères de sélection, pour retenir finalement l'attention d'un jury compétent et exigeant. GuineeConakry.Info et l'hebdomadaire L'Indépendant vous proposent l'interview exclusive d'un expert qui à tant a dire.

GuineeConakry.Info / L’Indépendant : Vous venez d’être désigné parmi tant d’autres managers, pour prendre les rènes de l’équipe nationale guinéenne. Quels sont vos premiers sentiments ?

Kanfory Lappé Bangoura : Je crois que ce sont des sentiments de joie, de satisfaction, de motivation et de remerciements vis-à-vis de toutes les personnes qui, de près ou de loin ont œuvré tant pour ma formation, pour mon développement et pour mon épanouissement. Aujourd’hui je pense que c’est la récompense d’un travail de longue haleine.

Je crois que j’ai été choisi parce que je réponds à certains critères par rapport à ce profil. Dont entre autres, la volonté que j’ai pour redorer le football guinéen, l’expérience acquise pendant plus de 20 ans. J’ai entrainé à peu près tous les clubs de ligue de la Guinée, j’ai entrainé toutes les catégories des équipes nationales du pays. La dernière illustration, c’est le CHAN du Rwanda en 2016. D’abord qualifié l’équipe locale à ce CHAN, ensuite pouvoir pousser cette équipe jusqu’en demi-finale. En plus de ma volonté et de mon expérience, il y a aussi la formation que j’ai reçue, tant en Europe qu’en Afrique. Entre parenthèses, je reconnais cette grande formation européenne, qui a été supportée par monsieur Antonio Souaré, pendant un an 6 mois. Cette formation a été sanctionnée par un solide diplôme : la licence A, qui de facto, fait de moi instructeur de la CAF.

Au-delà de tout, j’ai une parfaite connaissance sociale de l’environnement du football guinéen. Je pense que tous ces facteurs ont milité en ma faveur pour mon choix.

GCI/L’Indpt : Peut-on avoir une idée sur le cahier de charges que le comité de normalisation du football guinéen vous a confié ?

KLB : Vous savez l’entraineur est régi par les résultats. J’ai présenté un projet que j’estime, a été admiré et accepté. La charge : on est éliminé à la CAN 2017. Il faut conquérir la coupe du monde. Alors par rapport à ça, il faut urgemment mettre une équipe compétitive en place.

GCI/L’Indpt : Justement, vous dites dans l’urgence une équipe compétitive. Bon nombre d’observateurs du football guinéen estiment que vous n’aurez pas la tâche facile. Selon eux,  Michel Dussuyer avait laissé un bon groupe, mais qui a été finalement quelque peu chamboulé par Luis Fernandez. Vu cet état de fait, quelle serait votre stratégie pour avoir une équipe compétitive ?

KLB : L’avantage que j’ai particulièrement, c’est que, j’ai la connaissance du football guinéen. Je connais les points forts, je connais les points faibles. Par rapport aux qualités techniques, le Guinéen est presque surdoué, on a du talent, on a du répondant. Mais nous avons un problème psychologique, ensuite un problème tactique. C’est pourquoi, le joueur que je dois choisir, doit être performant, c'est-à-dire avoir non seulement du répondant technique, mais aussi avoir un très bon état d’esprit.  Pour moi, il faut répondre à ces deux critères pour être sélectionné. On commencera l’aventure à travers un match amical qu’on aura le 30 août prochain en Egypte. Ce match nous permettra de voir un peu la philosophie qu’on veut mettre en place. Le type d’équipe que nous recherchons et après, peut être contre le Zimbabwe à Conakry. J’imagine qu’à partir de là, on aura une équipe qui pourra nous représenter pendant la phase préliminaire de la coupe du monde.  

GCI/L’Indpt : Au compte de la qualification de la coupe du monde 2018, la Guinée va en découdre avec deux pays magrébins : Tunisie et Lybie et un pays du sud du Sahara, habitué des compétitions continentales : la République Démocrate du Congo. Pour certains ce sont des adversaires coriaces. Avez-vous commencé à mûrir déjà des réflexions sur ces derniers ?

KLB : Bon je dirai que c’est un peu tôt, mais retenez qu’on a une idée générale du football de toutes les régions de l’Afrique. A savoir les pays magrébins, les pays de l’Afrique centrale et tous les autres. C’est dans ce sens qu’on a prévu le match amical contre l’Egypte, qui a un peu du style de jeu que la Tunisie. Moi je pense que la première des choses qu’on a essayée, c’est qu’on a pu constater les joueurs. On a discuté avec les joueurs et après on va se déplacer, aller vers eux pour en savoir plus. Mais j’exige et je persiste sur l’état d’esprit des joueurs. Parce que là, il faudrait que je discute amplement avec les joueurs un à un, pour voir jusqu’où ils en ont la volonté d’intégrer la philosophie que je veux mettre en place.

Je pense que si cette philosophie est acceptée et que le joueur est en forme, pendant la formation rien ne peut l’empêcher d’appartenir à cette équipe, que nous voulons mettre en place, pour aller conquérir les éliminatoires de la coupe monde.

GCI/L’Indpt : Vous dites que vous avez contacté certains joueurs. Avez-vous rencontré des obstacles par rapport à certains, notamment des cadres de l’équipe ?

KLB : Jusque-là, je dirai que je n’ai pas eu d’obstacles. La seule chose certainement que je peux dire, c’est que les téléphones de certains ne passent pas, je pense qu’ils doivent être en phase préparatoire. Nous attendons peut-être deux semaines pour revoir les contacts. Pour le moment le peu de joueurs que j’ai eu à rencontrer, m’ont d’abord félicité, ensuite ils se sont remis à ma disposition, et moi aussi j’ai renouvelé ma confiance en eux.

GCI/L’Indpt : En plus des internationaux, vous connaissez bon nombre de joueurs locaux du championnat guinéen, est-ce un réel un atout pour vous ?

KLB : Après le championnat, j’ai prévu un programme d’entrainement de deux séances par mois avec cette équipe locale. D’abord les joueurs qui ont eu le bonheur d’être avec moi au Rwanda, mais après les ceux qui sont certainement en forme durant le championnat.   

GCI/L’Indpt : En Afrique, il est très rare que les fédérations de football portent leur choix sur les entraineurs nationaux. Vous, vous venez d’être sélectionné par le Comité de normalisation du football guinéen. Qu’attendez-vous de ce dernier afin, de pouvoir travailler sans obstacle ?

KLB : Moi je pense, j’ai une formation qui me dit que dans le poste que j’occupe je suis indépendant. Mais je suis obligé de collaborer avec toutes les structures de football, dont le comité de normalisation, qui représente aujourd’hui la fédération guinéenne de football. C’est une collaboration obligatoire, je dois collaborer avec la direction technique, le ministère de tutelle. Mais j’ai mon indépendance dans la planification non seulement de mon entrainement, le choix, l’animation de cet entraiment et l’organisation de l’équipe, mon staff….

C ’est une collaboration sincère, que je pourrais demander au comité de normalisation. Ensuite le ministère devrait au même moment travailler, pour mettre certainement des moyens à ma disposition, par rapport aux voyages, aux contacts, aux matchs, la logistique, bref, tout ce qui peut nous faciliter la tâche, nous permettant d’atteindre les objectifs fixés.    

GCI/L’Indpt : Pour beaucoup en Afrique, les expatriés sont mieux traités que les nationaux pour le même poste. Partagez-vous cette idée ?

KLB : Vous savez ce complexe est à tous les niveaux, moi je crois que nous devons toujours nous défère de cela. Vous journalistes, vous devez nous aider dans ce sens. Mais je crois que le respect de l’homme dépend de l’homme lui-même. Moi je pense que vous avez certainement connu Kanfory Lappé Bangoura en service dans les clubs. A un moment donné, quand il a senti que ses idées n’étaient pas comprises, ou qu’il n’y a pas comptabilité d’humeur, il démissionnait. Moi je pense que la rigueur c’est d’abord moi, l’application des décisions, c’est moi, le respect c’est moi. Et je pense que si cela est fait comme ça, se doit. Je pense que les autorités impérativement vont m’accorder le même respect que je leur accorderai en toutes circonstances. Tout peut et doit se faire dans le respect réciproque.

GCI/L’Indpt : Autre sujet, parlons du dernier CHAN au Rwanda. Lors de cette compétition, l’on a encore vu la grande passion des Guinéens pour le foot. Vous étiez sur le banc du Syli local jusqu’en demi-finale. Comment avez perçu notre élimination ?

KLP : Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on a ramené l’émotion, ce qu’il fallait pour le football guinéen, les gens se sont intéressés. Moi je pense que ça été une grande satisfaction de venir jusqu’en demi-finale. Parce que depuis 40 ans, la Guinée n’avait pu le faire. Mais bon ça été une déception, c’est vrai. Parce qu’on a imposé un football séduisant. On égalise un but pendant le temps additionnel de la deuxième mi-temps et puis, aux tirs au but par des petites fantaisies nous perdons.

Le choc était là, mais il faut accepter que c’est ça aussi le football. Les jeunes joueurs à un moment,  étaient  fatigués. Mais il faut dire que le problème des joueurs guinéens, c’est le mental. A un moment donné, ils étaient bloqués, ils ont oublié qu’on était en demi-finale. Un coup de pied que j’appelle pénalty, qui pouvait nous amener en finale, il y a eu un peu de balade où le gardien a fait son maximum, en bloquant deux pénalties.

On a eu quelques avantages mais je crois que c’est ça aussi la grande plaie du football guinéen. J’ai eu un petit choc, mais après, je me suis dit : c’est une satisfaction. Quand tu amènes une équipe inexpérimentée, ou un effectif qui a été plus ou moins diminué a ce niveau. On remercie le Seigneur. Puisqu’avant qu’on ne vienne au CHAN, on a perdu Fodé Camara, perdu Ben Youssouf Camara, Amadou Camara, après on a repris d’autres, adopté pendant une petite période. Réussir avec une équipe comme ça, moi je pense que c’est une grande satisfaction. Mais au-delà perdre en demi-finale, c’est un regret, mais satisfaisant, parce qu’on n’a pas perdu pendant les 90 minutes, c’est aux tirs au but !

GCI/L’Indpt : Vous êtes aujourd’hui entraineur national, avec votre formation, allez-vous vous intéresser aux entraineurs locaux pour leur évolution dans leur métier ?

KLB : Dans mon projet c’est clair, c’est la constitution d’une équipe nationale compétitive. Ensuite la formation des formateurs, la détection, le recrutement et la formation des joueurs. Pour répondre à votre question, vous venez vous-même de le vivre un peu. C’est vrai que ce n’est pas le formel, vous m’avez vu avec les jeunes formateurs. Avant même que je ne sois entraineur national, je pense que je me suis beaucoup investi dans la formation des jeunes, la formation des formateurs et vous verrez beaucoup de jeunes entraineurs qui ont le style Lappé Bangoura. Je pense même de loin, ils apprennent avec moi et après je viens vers eux. Nous avons prévu la formation des entraineurs.

GCI/L’Indpt : Pour finir, quel le message que vous voulez passer non seulement au public guinéen, mais également aux dirigeants du pays, pour le bien de l’équipe nationale ?

KLB : C’est juste une main tendue vers tous : au public, aux journalistes, aux dirigeants à tout le monde pour accompagner le projet Kanfory Lappé Bangoura. Moi seul, je ne peux rien, il faut que tout que le monde accepte de m’accompagner et que chacun essaye de jouer son rôle. Comme ça se doit. Je pense que ma réussite, sera la réussite de tous les techniciens guinéens. Ma réussite sera la réussite des Guinéens et, quelques part, en fils du pays, je crois que l’Afrique aura gagné avec l’Afrique et la Guinée aura gagné avec la Guinée…

 

Interview réalisée par Léon KOLIE pour GuineeConakry.Info et

Richard TAMONE pour L’Indépendant

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