
Vice-président de Conseil National des Organisations de la société Civile, Directeur Exécutif du CECIDE, représentant de la Fondation Internationale pour les systèmes électoraux( IFES), président de la commission des relations civilo-miltaires, Bakary est issu de la diaspora guinéenne. Il a fait ses études post- universitaires en Économie et sociologie au Canada, avant de rejoindre son pays pour se mettre au service de sa nation...Ainsi, après avoir passé quelque mois à la tête de ce département, Bakary Fofana fait le bilan exhaustif de son ministère qui battait l'aile depuis 2008, suite à l'arrivée au pouvoir en Guinée du Conseil National pour la Démocratie et du Développement (CNDD), qui avait rappelé à l'époque tous les ambassadeurs en postes à l'étranger. Une situation catastrophique, qui a mis en chômage technique tous nos ambassadeurs.
Mais ,aujourd'hui la situation s'améliore grâce à cet homme , qui est entrain non seulement de mettre des bouchées doubles pour le payement intégral des arriérés de salaires de ces ambassadeurs, mais aussi, de poser les jalons du bon fonctionnement de nos ambassades notamment, la création d'une mutuelle pour les fonctionnaires de son département, la mise en place d'un cadre institutionnel destiné à définir un plan de carrière pour ces fonctionnaires, et l'ouverture d'autres ambassade dans certains pays, comme récemment en Guinée Équatoriale.
Le ministre déplore l'attitude de certains acteurs qui ont signé les accords de Ouaga, qui prévoyaient que le Gouvernement, la Commission Électorale Nationale Indépendante ( CENI), le Conseil National de Transition ( CNT), le Ministère de l'Administration du Territoire et des Affaires Politiques ( MATAP), aient une plate-forme de consensus pour l'organisation des élections présidentielles de 2010.
"Malheureusement, nous avons été écartés pour l'organisation de ces élections, pour des raisons que nous ignorons de la part des acteurs politiques ,alors que les accords de Ouaga , prévoient que nous devons être impliqués pour la réussite de ces présidentielles", souligne le ministre des affaires étrangères.
Une occasion pour le ministre d'exprimer son regret par rapport à l'organisation du premier tour de ces présidentielles, qui ont été entachées de beaucoup de fraudes et d'irrégularités, des manquements à la maîtrise du code électoral, de la part des membres de certains bureaux de votes, qui ont fait disparaître les procès verbaux du choix des citoyens guinéens.
"Nous avons voulu nous impliquer dans l'organisation de ces élections, mais certains partis politiques ont refusé à ce que nous soyions associés, en nous faisant croire que la Ceni reste et demeure la seule à organiser ce scrutin. C'est pourquoi, le gouvernement et le président de la transition le Général Sékouba Konaté, ont laissé la Ceni faire son travail sans aucune influence...", indique Bakary Fofana.
Le ministre récuse par ailleurs les accusations concernant le président de la transition, après le premier tour de ces élections du 27 juin dernier, à savoir sa préférence pour les candidats du Rassemblement du Peuple de Guinée ( RPG) le Pr Alpha Condé et de l'Union des Forces Démocratique de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo et de son immixtion dans le fonctionnement de la Ceni.
Par contre il met en lumière la bonne foi du président, qui s'engage personnellement à conduire ce processus jusqu'à son terme. Qu'à cela ne tienne, il souhaite que l'organisation du deuxième tour de ces élections présidentielles se passe dans les meilleures conditions pour permettre aux Guinéens d'avoir un président élu sans heurts, et qu'au lendemain de ces élections que celui qui est battu reconnaisse sa défaite et qu'il félicite celui qui a gagné.
Dans tous les cas, Bakray Fofana, a dit que ''ce que le gouvernement est entrain de faire comme reformes, c'est de permettre au nouveau gouvernement élu démocratiquement, de s'adapter aux nouvelles exigences des Guinéens et de la communauté internationale''.
Selon lui, l'aide publique au développement a beaucoup diminué et les bailleurs de fonds sont devenus de plus en plus exigeants.
Une occasion pour le ministre de lancer un appel à l'ensemble des bailleurs de fonds de la Guinée d'agir pour permettre aux Guinéens de sortir de ce processus électoral, qui est à la fois difficile et complexe.
Par rapport à l'envoi des troupes guinéennes plus de 800 militaires en Somalie, le ministre des affaires étrangères, a été clair ; ‘' C'est une sollicitation de l'Union Africaine à laquelle nous avons le devoir de répondre; cela malgré des critiques formulées par certains Guinéens qui ne veulent pas que l'armée guinéenne s'engage dans un tel "bourbier", où certains pays qui interviennent dans ce pays, payent un lourd tribut aujourd'hui notamment, en hommes et en extension de ce conflit sur leur territoire, à travers des actes terroristes. Mais, l'armée guinéenne, il faut se souvenir, est intervenue dans plusieurs conflits en Afrique notamment, en RDC, ex- Zaire, en Algerie, en Angola, au Benin, au Liberia, en Sierra Leone, et même en Côte d'Ivoire. C'est une obligation morale pour la Guinée d'intervenir en Somalie pour maintenir la paix et la stabilité dans ce pays ravagé par une guerre civile...", souligne Bakary Fofana, avant de rappeler que ‘'la Guinée est avant tout un pays musulman qui vient en aide à un pays frère; en conséquence, la Guinée a deux missions essentielles en Somalie: maintenir la stabilité et la paix dans ce pays, également négocier un cessez-le-feu avec les belligérants, pour l'arrêt des combats, afin de les obliger à s'asseoir autour d'une table. Nous n'allons pas en Somalie pour combattre; mais c'est pour protéger les populations civiles...".
En tout état de cause, à propos des élections, le ministre des affaires étrangères, invite tous les acteurs politiques guinéen à prendre des dispositions concrètes, pour que l'organisation de ce second tour des présidentielles, soit une réussite pour tout le peuple de guinée, avant d'inviter également la diaspora guinéenne à s'impliquer davantage dans ce processus pour sortir le pays dans l'isolement et la misère''.
Bakary Fofana invite également les partenaires au développement bi et multilatéraux de la Guinée, à respecter leurs engagements financiers pour permettre au pays d'organiser ces élections dans les meilleurs délais.
Propos recueillis par Amara Sylla pour GuineeConakry.info




















