GRANDE INTERVIEW DE GCI: Avec Yamoussa Sidibé, star du JT, ex-Directeur d’Evasion Guinée

Placé par la force des choses devant les feux médiatiques, tout d’abord par son écartement de l’équipe de présentation du Journal Télévisé de la RTG, ensuite par sa démission-surprise de la tête d’Evasion Guinée, une TV privée de la capitale, Yamoussa Sidibé accepte ici de se confier sans concession à notre rédaction. Profitant de l’occasion et fort de son double statut d’homme de culture et d’observateur averti de l’actualité, à la fois guinéenne et africaine, il livre également son appréciation sur la crise politique en Guinée et à propos de ce qu’il pense être une sorte de recolonisation progressive et en sourdine du continent africain par les puissances occidentales, du fait d’erreurs dont les leçons n’ont, selon lui, jamais été objectivement tirées... 13:02 8-11-2011

Des révélations, des déceptions et des passions, exprimées dans un langage de vérité. Loin du "politiquement correct". Dans cette interview exclusive Yamoussa Sidibé dit ce qu'il fait, ce que font les autres, et les nombreuses raisons des blocages que nous connaissons, et cette terrible impression de nous voir tourner en rond. Instructif...

GuineeConakryInfo : Monsieur Sidibé, récemment, vous avez présenté votre lettre de démission de directeur général du groupe de presse Evasion Guinée. Pour les lecteurs de GCI, pouvez-vous revenir sur les raisons concrètes de votre départ ?

Yamoussa Sidibé : Disons que j’ai quitté Evasion parce que le climat d’avant avait cessé d’exister. Mon ami, c'est-à-dire le principal actionnaire, et moi-même, avions beaucoup de choses que nous ne partagions plus, des vues que nous ne partagions plus. Et cela se ressentait de plus en plus sur la ligne éditoriale de cette nouvelle chaine. Je voulais une autre télévision pour la Guinée.  Je voulais une autre télévision dans le paysage médiatique guinéen. Je voulais autre chose que ce qu’on connait jusqu’à présent dans le paysage médiatique guinéen. C’est dans ce sens que je me suis lancé avec beaucoup de passion dans l’entreprise Evasion. Donc, quand j’ai compris que ces attentes ne seraient pas assouvies, quand j’ai compris que les angles ne seraient pas arrondis à la longue, j’ai préféré partir. J’ai préféré partir parce que ce que j’attendais, la vision que j’avais, à l’horizon ne serait pas atteinte, je suis parti.

GCI : Certains de vos confrères estiment que vous avez été trahi.  Est-ce que vous avez eu le même sentiment ?

Y.S : Je ne sais pas si j’ai été trahi. Dans tous les cas, je m’attendais à quelque chose qui n’est pas venu. Je m’attendais à une compréhension qui n’est pas venue. C’est vrai que je m’étais associé avec quelqu’un qui n’est pas du métier et donc qui avait un autre regard sur ce qu’on appelle une télévision et une radio, qui avait une autre perception et qui s’attendait certainement à quelque chose tout de suite. Moi, je voulais le meilleur de la télévision d’abord, donner aux Guinéens la possibilité d’avoir chez eux une télévision digne de ce nom. Une bonne télévision, une télévision comme on n’en pas vu ailleurs encore. C’est-à-dire qu’on n’ait besoin d’attendre Africa24 ou France24, pour regarder la télévision, pour aimer la télévision, pour admirer la télévision. Qu’on crée cette télévision chez nous. Nous avons des talents, nous avons des compétences, nous avons l’intelligence d’aller dans ce sens-là. Vous comprenez maintenant que je me suis lancé avec toute cette passion.  Donc, si je vois qu’à l’horizon, quoique je fasse, on n’attendrait pas cet objectif là et qu’il y a des pesanteurs qui nous empêchent dans ce sens là, et que je ne peux pas complètement écarter ces pesanteurs-là, je préfère partir.

GCI : On a aussi évoqué à l’occasion, le fait que les médias sont gérés par des non professionnels, quel est votre point de vue là-dessus ?

Y.S : Bon, ça existe. Ce n’est pas le  cas seulement d’Evasion. Mais ce qu’il vous devez savoir c’est que le journaliste en général n’a pas d’argent. Il a son intelligence, il a son professionnalisme, mais il n’a pas d’argent en général. Et donc personnellement, je suis venu dans cette entreprise Evasion avec une action (financière) très minime par rapport au principal bailleur, qui n’était professionnel en plus et qui conservait le "crachoir".

GCI : Certains analystes estiment que vous n’auriez pas dû attendre que vos chefs hiérarchiques vous rappellent à l’ordre et que les deux fonctions étaient incompatibles. Que leur répondez-vous ?

Y.S : Oui ! Vous savez, Yamoussa Sidibé est une "hyène blanche". Tout ce qu’il fait est sous les projecteurs malheureusement. Sinon, la majorité des fonctionnaires guinéens ont un pied dans le privé. Le fait que je suis à la RTG aujourd’hui comme un simple complément d’effectif, c’est que j’ai voulu faire valoir mes talents dans un autre sens, dans une autre entreprise. C’est pourquoi je me suis lancé dans Evasion. C’est le privé ! Apparemment, cela a été très mal pris au ministère où on a estimé que je ne pouvais pas travailler à la RTG et prêter mes services dans le privé. Sinon, je suis  resté fonctionnaire à la RTG et comme je le dis, 50, voire 60  % des fonctionnaires guinéens ont un pied dans le privé. Et c’est ce que j’ai tenté de faire. Mais malheureusement, moi je suis Yamoussa Sidibé. Tout ce que je fais est vu autrement. Sinon, j’ai continué à la RTG. Tant que j’étais programmé à la télévision nationale, j’ai continué à présenter le journal et j’ai dit à tous ceux qui se sont succédé à la tête de la RTG que j’étais prêt à travailler à la RTG, à animer des débats, à faire des reportages, à présenter le journal, … Donc, j’ai continué à honorer mes engagements. A aucun moment, on ne m’a vu sur les antennes d’Evasion. Par respect pour la RTG, je ne l’ai pas fait!

GCI : Mais est-ce qu’en termes d’engagement, ce n’était pas quelque peu contradictoire entre la liberté que vous aviez à Evasion et le côté caporalisation à la RTG ?

Y.S : Je ne sais pas si la RTG est caporalisée (rires). C’est vous qui le dites!  Dans tous les cas, je reviens dessus et j’insiste parce qu’on ne l’a pas tout de suite vu, la majorité des fonctionnaires guinéens ont un pied dans le privé. Moi aussi, je suis fonctionnaire. Je croyais que la même chose m’était permise. Bon, j’ai du oublier que j’étais une "chèvre blanche" dans l’enclos.

GCI : Pourrait-on dire aujourd’hui que vous êtes sans emploi ?

Oui et non. Oui, parce que je suis un complément d’effectif. Je suis payé à la RTG, mais je n’ai aucune fonction. Non parce que je suis fonctionnaire.

GCI : Mais vous n’exercez pas… ?

Y.S : Mais si. En fait, je fais ce que je peux pour exercer. Je rencontre le directeur général de la RTG ; je rencontre les gens de la RTG ; je rencontre les gens du ministre ; je leur dit : « écoutez, je suis payé à la fonction publique, faites-moi travailler, donnez-moi du travail, laissez-moi travailler » Mais je crois que ma présence étouffe certaines personnes. Voilà, ma présence en étouffe !

GCI : Vous êtes un écrivain dont la réputation est désormais établie. Pouvez-vous nous rappeler les livres que vous avez jusqu’ici sortis et quels sont les grands thèmes que vous y abordez ?

Y.S : Alors, je suis jusqu’aujourd’hui à la tête de trois romans. Le premier est intitulé "Les Balafres du pouvoir" que j’ai écrit en 2005 ou qui a été édité en 2005, en décembre plus exactement. Après, c’est "Satè, la parole en pleurs" qui a été édité en décembre 2006. Enfin, il y a "Les écumes de la rancœur" qui a été édité en juillet 2010. Résumons un peu, "Les Balafres du pouvoir", c’est un peu le regard que j’avais sur la gestion politique de mon pays. Puisque j’étais rédacteur en chef, il y a des choses que je ne pouvais pas me permettre de dire tout de suite. Et donc, j’ai pris la trompette autrement, à travers un livre, en me refugiant dans le Moyen âge pour raconter le présent. C’est ça un peu, "Les Balafres du pouvoir", c’est le refus d’une gestion autocratique du pouvoir, une gestion où la seule humeur d’une seule personne gère la vie de la nation.

Dans le second livre, "Satè, la parole en pleurs", je rends hommage à la femme, à la femme du monde, à la femme africaine et à la femme guinéenne. La femme guinéenne qui, pour moi, est capable de tout donner à son enfant, qui est capable d’accepter même l’enfer, pour ne serait-ce qu’un instant de bonheur pour son enfant. Elle est capable de tout donner, cette femme-là. Et donc en retour, l’homme doit avoir un autre regard sur cette femme-là, qui a été maman, sa maman. On doit la regarder autrement, la traiter autrement jusqu’à la fin de sa vie, quelle soit là ou non. La maman, c’est extraordinaire, c’est le plus grand cadeau au monde. C’est l’étoile du berger. C’est tout ! C’est notre univers ! Sans cette maman, sans l’idée de cette maman, la présence physique ou non de cette maman, je ne sais pas comment on peut vivre. Donc, le livre ressort un peu tout ça.

Alors que, "Les écumes de la rancœur", est un peu un livre sur l’esclavage des Africains. Ça renvoie un peu aux observations d’aujourd’hui.  Nous sommes responsables de toutes les bêtises que nous subissons aujourd’hui. Toutes les humiliations que nous Africains, nous subissons aujourd’hui dans le monde, nous en sommes responsables. Il n’y a pas aujourd’hui un peuple aussi humilié que l’Africain. Mais qui en est responsable ? C’est nous qui avons vendu nos frères aux Européens. C’est nous qui vendons nos mines aux Européens, aux occidentaux. Quand je dis que nous vendons, c’est que le fonctionnaire ou le négociateur seul fait en sorte que ses intérêts personnels priment sur l’intérêt de la nation.

Donc, en quelque sorte, il brade le patrimoine national et ça se fait à tous les niveaux de la gestion de nos ressources, à tous les niveaux de la gestion politique et à tous les niveaux de la gestion de la société. Chaque individu africain privilégie ses intérêts. Il oublie qu’en favorisant les intérêts de la nation, il peut trouver son compte. Comme nos anciens, les rois du Moyen âge, du 19ème et du 20 ème siècle ont vendu leurs frères, les fonctionnaires africains d’aujourd’hui, les négociateurs africains d’aujourd’hui, les cadres africains d’aujourd’hui vendent les terres africaines, vendent les plages, les plaines, les bas-fonds, les mines africaines, etc. aux occidentaux et autres... Pour leur enrichissement personnel. Ils gonflent leurs comptes en banque au détriment de la nation, au détriment du peuple. Donc, c’est un peu ce que livre "Les écumes de la rancœur" tente de ressortir à travers l’histoire Niara Belly. Niara Belly, comme vous le connaissez, est une grande femme d’affaires, mais dont le sujet d’affaires était les esclaves, les êtres humains.

GCI : Donc, c’est nous qui enrichissons les autres à nos propres dépens ?

Y.S : Evidemment. Vous allez prendre la terre de CBK (Compagnie des Bauxites de Kindia), la terre de Boké (à travers la CBG). On transporte cette terre là en Europe. Et ça donne du travail aux occidentaux. Si les négociateurs guinéens avaient fait en sorte que cette terre là soit transformée sur place en alumine et que cette alumine, à son tour, soit transformée en aluminium sur place, imaginez un peu le nombre d'emplois que cela aurait généré en Guinée. Mais non ! C’est le même procédé par rapport aux routes qui sont faites en Guinée. On fait en sorte qu’à l’issue des négociations, celui qui mène les négociations soit riche au détriment de la qualité des routes qu’on offre à la Guinée.  A tous les niveaux ça se fait malheureusement!

GCI : De par votre position d’homme de culture, vous êtes certainement un observateur très averti du climat sociopolitique du pays.  Comment percevez-vous la crise politique actuelle ?

Y.S : Je voulais demander de quelle crise vous voulez parler, mais c’est vrai qu’il y a de petits problèmes chez nous. Mais il faut qu’on accepte de discuter. Il faut qu’on accepte de se comprendre. Il ne ps faut qu’on vienne à la table de négociation avec des idées préconçues. Il faut qu’on vienne à la table avec la volonté d’écouter l’autre et d’accepter l’autre dans toute sa différence. Il ne faut pas qu’on vienne avec des idées, et dire que je quitterai cette table là avec mes propres idées, avec mes convictions, en se disant qu’il faut absolument que l’autre partie se rallie à mes revendications, sinon je quitte la table. C'est-à-dire qu’il faut qu’on comprenne que mon humeur seule ne peut pas gérer une société. Mon humeur seule ne peut pas gérer votre vie. Il faut que j’accepte de vous écouter.

Puisque Dieu nous a condamnés à vivre ensemble, il faut que j’accepte de vous écouter, de vous regarder dans les yeux, comprendre votre appréhension des choses, comprendre comment vous voudriez qu’on parvienne à une solution. A partir de là, je me fais une opinion. Ensuite j’accepte ou non. Mais il ne faut pas que je vienne à la table de discussions avec mes seules idées et que je décide à l’avance de retourner chez moi, avec mes seules décisions.

Il faut qu’on discute et ça manque malheureusement en Guinée. Parce que certainement on a derrière soi des gens qui disent: "cette fois-ci il faut aller!". Non, ça ne marche pas comme ça. Il faut qu’on discute, il faut qu’on s’écoute. La discussion veut qu’on s’entende sur nos désaccords, s’entendre sur nos différents problèmes, qu’on se regarde dans les yeux et qu’on accepte de céder chacun quelque chose, pour gagner en commun beaucoup plus. Sinon, il n’y a pas de discussion, il n’y a pas de négociation. Le président de la République voudrait qu’on s’asseye ensemble, eh bien, on se quitterait sans esquisser une quelconque solution.

GCI : Comment pourrait-on la résoudre, la crise... ?

Y.S : En tant que Guinéens, nous pouvons la résoudre. En privilégiant la volonté de nos ancêtres qui, en 1958, ont accepté de vivre ensemble, ont accepté que les différents composantes de la Guinée puissent vivre ensemble, travaillent ensemble et réussissent à bâtir une nation. Si on respecte cette volonté là, on peut réussir à surmonter la crise. Si nous acceptons d’aller dans ce sens, on peut transcender beaucoup de choses. Mais il faut l’accepter, pour commencer.

GCI : Après presqu’un an depuis l’investiture du tout nouveau président démocratiquement élu de la Guinée, le pays peine toujours prendre le bon départ. A votre avis, quels sont les grands obstacles ? 

Y.S : Les grands obstacles, c’est à tous les niveaux. Mais c’est surtout au niveau des hommes. Comme je l’ai dit tantôt, il faut  que chacun comprenne que si la nation guinéenne gagne, tout le monde y trouvera son compte. Il faut que chacun travaille à retrouver son bonheur dans une situation générale apaisée. Si nous voulons seul le bonheur dans situation de trouble,  on ne le trouvera. Il faut que la Guinée soit dans une situation de paix et de calme et que le pays se mette au travail. Ainsi, chacun pourra tirer son épingle du jeu, retrouver son bonheur.

GCI : Le colonel Mouammar Kadhafi vient d’être tragiquement tué par la coalition internationale. Quels sont vos sentiments à propos ?

Y.S : Mes sentiments sont ceux d’une grande déception pour le continent africain. C’est une honte quand même! Que l’Europe réussisse toujours à imposer sa volonté en Afrique et partout en Afrique, que ce soit au nord ou au sud du Sahara. L’Européen et plus globalement l’occidental réussit toujours à imposer sa vision du monde. Il y avait un chef en Libye qui ne faisait pas l’affaire des occidentaux, eh bien, on s’est démené et on a mis tous les moyens en branle pour que ce "perturbateur", Kadhafi, puisse partir. Ça a été le cas dans d’autres pays.

L’occidental réalisant que le pétrole ne sortira comme il le veut pas du pays tant que ce personnage est là, on s’est alors arrangé à le faire partir et on fait en sorte que tout le peuple accompagne cette décision. C’est ce qui est arrivé. Moi j’ai beaucoup d’admiration pour Jacob Zuma et j’ai beaucoup d’admiration pour le peuple libyen, mais je ne comprends pas que la solution vienne toujours de l’autre côté des mers. Il faut que la solution, on l’imagine autrement qu’elle puisse, pour une fois, venir de chez nous. Mais faut-t-il qu’on s’entende!

Chaque fois qu’on privilégiera les intérêts particuliers, et pas les intérêts généraux, les intérêts de la nation, les intérêts de l’Afrique seront noyés. Mais aujourd’hui, on a tous honte. C’est vrai que quand j’ai vu les images de Kadhafi pétrifié sur les médias, j’ai eu honte d’être Africain, encore une fois. Ça m’a tout de suite rappelé Samuel Doe, ça m’a rappelé beaucoup d’autres fins tragiques. Je suis contre la dictature. Tout ce que j’ai écrit dans mes livres, c’est contre la dictature, c’est pour laisser exprimer le peuple. Mais je n’accepte pas que la solution, cette violence extrême vienne de l’autre côté et s’impose à nous.

Combien de Libyens ont perdu la vie depuis le début de cette crise ? Pas uniquement du fait des Libyens eux-mêmes, mais aussi du fait d’armes étrangères. Et les Libyens qui ont accompagné les occidentaux pour aujourd’hui abattre un des leurs. Et ça arrivera aussi longtemps que les Africains n’auront pas réussi à s’entendre à parler d’une seule voix.

GCI : Comment envisagez-vous le futur de la Libye après ce qu’elle vient de connaître en cette année 2011 ?

Y.S : Tout commence maintenant. Depuis cette mort tragique de Kadhafi, tout commence maintenant. En fait, c’est un défi qui est désormais lancé au peuple libyen. C’est sa capacité et la manière dont il entend le relever, qui décidera de l’avenir de la Libye. C’est une grande responsabilité. Parce que toutes les tribus qui se sont engagées dans  cette révolte et toutes les tribus qui se sont mises à l’écart de cette dernière, il faudra réussir à les rassembler. Il faudra faire en sorte que l’unité libyenne revienne, que les Libyens se retrouvent et qu’ils conjuguent les mêmes verbes. C'est-à-dire que si cette partie du continent africain sombre dans une guerre civile et dans des troubles, l’Algérie, le Niger, la Tunisie et d’autres pays encore seront affectés. C’est donc aujourd’hui un grand défi que de stabiliser cette zone. Un grand défi pour le CNT que de réussir à faire que Kadhafi ne soit pas mort pour rien.

GCI : Plus globalement, quels sont, à votre avis, les grands défis qui se présentent au continent africain ?

Y.S : Les défis de l’unité et du développement. Et là, il faut qu’on apprenne à relire des grands hommes comme Malcom X, comme Kwamé Krumah. Qu’on vienne à l’unité, qu’on comprenne qu’aucun développement n’est aujourd’hui possible si nous n’acceptons de vivre ensemble, de jouer ensemble, mais aussi de concrétiser les volontés. Par exemple au sein de la CEDEAO, qu’on ait une assemblée dans laquelle tous les africains de cette partie du continent se retrouve. De même, on a d’autres organisations sous-régionales dans d’autres sphères du continent. Si nous acceptions de fondre nos fiertés nationales dans un creuset plus vaste, nous pouvons réussir quelque chose.

Il faut se demander à quelle hauteur nous participons aujourd’hui au commerce international? C’est presqu’insignifiant ! Pourtant, l’essentiel des matières premières du monde vient de l’Afrique. 

Propos recueillis par Boubacar Sanso Barry, exclusivement pour GuineeConakry.info

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce