GRANDE INTERVIEW : avec le député Baïdy Aribot : « l’opposition républicaine ne fait que menacer… »

Le député uninominal de la commune de Kaloum et, secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines (UFR) de Sidya Touré, BA a accordé cette semaine un entretien à GCI, au cours duquel, il s‘est largement exprimé sur les actualités brûlantes qui défraient la chronique dans la cité notamment, sur le point 2 de l’accord du 12 octobre dernier, fortement soutenu par les députés de l’opposition au parlement, l’effort du Pr Alpha Condé dans la crise gambienne et, enfin sur un éventuel 3ème mandat du président Alpha Condé. Exclusif pour GCI !

GuineeConakry.Info : Quelle lecture faites-vous sur la situation socio-politique actuelle du pays ?

Baïdy Aribot : C’est une lecture un peu mitigée. Aujourd’hui, le paysage politique guinéen  s’inscrit dans une situation un peu confuse, où la classe politique est confrontée à ce que j’appellerais ‘’une crise de conscience ‘’.  Il n’y a pas une synergie entre le souhait réel des populations et le combat que la classe politique mène.

GCI : Ces contradictions de la classe politique ont amené à la signature des accords politiques du 12 octobre dernier. La non exécution de ce  point 2 de l’accord au parlement a amené l’opposition républicaine à proférer des menaces de manifestation de rue. Chose qui a fait reculer le pouvoir en place. Pour certains,  cela a mis l’UFR dans une position de faiblesse. Qu’en dites-vous ?

BA : Pas du tout, l’UFR n’est pas en position de faiblesse. En fait, l’opposition républicaine ne fait que menacer le pouvoir en place. Et, ce pouvoir ne voulant pas certes à aller à l’affrontement avec l’UFDG. Parce qu’il faut le dire ainsi, il n’y a pas d’opposition républicaine. L’opposition républicaine se résume à l’UFDG. Comme l’UFDG a honte de porter le nom de l’UFDG pour manifester, il aime se mettre derrière l’idée de l’opposition républicaine.

GCI : Mais, vous savez autant que nous que Papa Koly, Aboubacar Sylla et Makanera ne sont pas de l’UFDG ?

BA : Je dis que l’opposition se résume à cela. Quand j’avance cette affirmation, c’est par rapport à ce que chacun représente comme poids politique dans le paysage actuel. Je dis et, je répète quand on parle de l’opposition guinéenne, c’est  l’UFDG. Au fait, le combat de l’UFDG a été comme toujours le cas au sein de cette alliance, c’est de réclamer les acquis ou des avantages au nom de cette entité. Mais,  les gens commencent à comprendre ce petit jeu de l’UFDG. C’est ce que le pouvoir n’avait pas compris. C’est  ce qu’il a fait qu’il a été pris dans son propre piège, par rapport à cet accord.

GCI : De quel piège, parlez-vous ?

BA : Voilà, c’est au niveau du point 2. Cet accord est aujourd’hui anticonstitutionnel. Ce point 2 étant anticonstitutionnel, fait qu’aujourd’hui, la classe politique est partagée. L’UFDG voulant réaliser ses objectifs, elle en fait un problème d’orgueil ou le point non négociable. L’UFDG voudrait mettre l’ancrage de son parti dans certaines zones où elle n’a pas la mainmise, c’est tout. Et, le pouvoir est rentré dans ce jeu sans se rendre compte !

GCI : Quelle lecture, faites-vous de la fameuse phrase de Nantou Cherif Konaté : ‘’ C’est le peuple qui va demander Alpha Condé de briguer un  3ème mandat’’.

BA : Non, n’en faisons pas un débat, dans la mesure où cette phrase de l’honorable Nantou Chérif Konaté, est émotive et sensationnelle, dépourvue de toute réalité constitutionnelle du pays.  

GCI : Pourtant cette sortie de l’honorable Nantou chérif  suscite plus en plus des interrogations au sein des populations guinéennes ?

BA : Oui, ce sont des velléités mais qui restent de simples déclarations. Sachez que les débats politiques de l’UFR  sont objectifs et clairs. Je pense que le débat sur un probable 3ème  mandat ou de non mandat, se résume au niveau de la constitution. Donc, tant que la constitution reste ce qu’elle est, on n’a pas besoin de rentrer dans ces genres  débats pour pouvoir répondre à chaque déclaration d’un politique sur le troisième mandat. Chacun est libre de dire ce qu’il souhaite ou ce qu’il veut, mais par contre, la réalité, c’est autre chose.

GCI : Certains observateurs estiment que vous avez l’ambition de briguer la présidence de l’UFR. Quel est votre avis ?

BA : Qui vous a dit que j’ai l’ambition de briguer la présidence de l’UFR. Mais, sachez que L’UFR a un président qui s’appelle Sidya Touré, qui est là, je ne vois pas pourquoi, les gens font des spéculations inutiles. Il faut leur dire de recadrer le débat ailleurs. L’UFR est aujourd’hui un parti qui est  en bonne position. Non pas de recomposition mais, de développement. On enregistre de fortes adhésions au sein du parti, nos structures aussi se consolident à travers le pays.

Franchement, nous prenons le rôle de leader politique en tant que parti dans le pays, parce que nos positions sont républicaines. Nous défendons les valeurs de la République et la démocratie. Et, nous nous battons aujourd’hui pour que l’opposition puisse sortir de son radicalisme pour être dans une situation de vision constructive. 

GCI : Quelle analyse faites-vous de la médiation du chef de l’Etat guinéen en Gambie ?

Il faut dire que le président de la République a réussi une prouesse. Vous le savez tout comme moi, que la situation de la Gambie était critique. Le président guinéen a réussi à débloquer la crise pendant que l’opération militaire était en cours. Mais, le président de la République, le Pr Alpha Condé est parvenu à débloquer cela et de permettre à Yaya Djammeh de quitter le pays sans bain de sang. Il faut saluer cela.

Certains disent qu’il y avait la pression de la CEDEAO, je dis que tout ça-là est bien. Mais, il le faut dire du fait que le président de la République s’est impliqué personnellement, et a pu  éviter l’action militaire, il faut encore une fois saluer cela.  A ce effet, les Guinéens ne doivent pas perdre de vue cette crise en Gambie, parce que c’est l’intérêt même de la sous région ouest africaine qui était en jeu. Surtout celui de la Guinée aussi, dans la mesure où on compte plus de 5000 guinéens dans ce pays. Et, sans oublier que de très nombreuses transactions commerciales de la sous région ouest africaine s’exécutent presque au niveau du port de Banjul. Beaucoup de nos commerçants ont des intérêts en Gambie. Il faut dire que  cet acte humain et brave du président Alpha Condé en Gambie, va lui aura aussi valu la présidence de l’Union Africaine.

GCI : Raison de plus pour qu’Alpha Condé s’implique d’avantage?

BA : Oui, raison de plus que le président Alpha Condé s’impliqué afin qu’il n’y ait pas d’hostilités dans ce pays. Je déplore que certains membres de l’UFDG ne reconnaissent pas cet effort diplomatique. Pourtant, plusieurs de leurs militants vivent là-bas et,  qui alimentent les caisses de l’UFDG. Ce sont eux qui cotissent pour l’UFDG après l’Angola ! Je pense que cela devrait interpeler l’UFDG de féliciter Alpha Condé. Mais l’on a constaté que c’est le contraire qui s’est produit. Je souligne que cela devrait amener les militants de ce parti à réfléchir pourquoi, ils soutiennent l’UFDG, c’est ça la vérité.

Interview réalisée par  Léon KOLIE pour GCI

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