
Pour illustrer le constat fait par le premier ministre, il faut savoir qu’actuellement 11.000 malades guinéens du Sida seraient pris en charge par le Fonds mondial de lutte contre le sida. De même, 8.000 autres seraient à la charge d’autres partenaires.
Autant dire que la Guinée, a priori la première intéressée, ne fournit quasiment rien. Et ça, les partenaires ne l’acceptent pas. Selon le premier ministre, au terme d’un certain nombre de rounds de négociations, un manque à gagner de l’ordre d’un peu plus de 2 millions de dollars américains, avait été constaté. Un montant dont le versement incombait à la Guinée. Ce qui n’est pas encore fait et qui serait à l’origine d’une certaine déception des partenaires guinéens.
A son tour, cette déception aurait conduit les partenaires à se montrer moins large avec la Guinée. Ce qui se sera tout naturellement ressenti sur le terrain. En guise d’illustration, le ministre de l’information a indiqué que de nombreux programmes qui étaient dédiés à la lutte contre le sida avaient disparu des ondes des médias d’Etat.
En ce qui concerne l’assainissement de la ville de Conakry et la consolidation de la paix, le premier ministre n’y va pas par quatre chemins. Ceux qui collaborent avec le pays d’Alpha Condé, dans ces deux domaines sont embarrassés. Confus par la multiplicité des interlocuteurs, au point que beaucoup se demandent avec qui travailler.
En fait, ce sont là des préoccupations ransversales qui impliquent de nombreux acteurs. En guise d’illustration, l’assainissement de la ville de Conakry implique à la fois les départements de l’environnement, de la santé, de l’administration du territoire et de la décentralisation, ainsi que des travaux publics. Quand on ajoute à cette liste tous les démembrements inférieurs qui peuvent avoir un lien avec l’assainissement de la capitale, on se retrouve très vite avec un nombre pléthorique d’acteurs.
Mais le véritable problème n’est pas là. Celui-ci réside par contre dans l’absence de toute coordination entre ces divers intervenants. Ce qui se passe, c’est que chacun conçoit son projet comme il l’entend et voudrait le faire aboutir selon sa seule volonté. Du coup, on peut comprendre l’embarras et le désappointement des partenaires.
Conséquence, on ne laisse pas son argent avec n’importe qui et surtout si on n’a pas confiance. Et c’est ainsi que, selon le premier ministre, le gouvernement n’a pas pu obtenir les fonds qu’il lui fallait pour pérenniser la campagne d’assainissement, qui avait été initiée et qui devait aboutir au ramassage et au transfèrement de toutes les ordures de la ville de Conakry.
Après cette confession, le chef du gouvernement a écouté les uns et les autres avant de demander à chacun de réfléchir sur les stratégies permettant d’inverser la tendance. Une autre rencontre devrait être convoquée prochainement, pour que tout le monde rende compte des fruits de ses réflexions afin que les choses soient effectivement corrigées.
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















