
GuineeConakry.info: Nous sommes à la veille du 2nd tour des élections présidentielles en Guinée. On se souvient, à la veille du 1er tour de ces élections, la Guinée forestière était considérée comme une poudrière, aujourd'hui elle est calme, et tout le monde le reconnait, quel est votre secret?
Gl Br. Boureima Condé: Quel est mon secret? Quels sont nos secret dirais-je ? Je tiens à faire cette précision parce que l'individu isolé ne peut rien; c'est vrai que la région forestière était au centre des préoccupations de la communauté nationale et internationale, en termes de paix et de quiétude, et les raisons vous le savez, quand vous avez dans votre bouche, un tas d'arachides, de bons grains et que par mégarde une seule graine de mauvaise qualité s'y glisse, vous êtes obligé de cracher le tout.
Comme partout il y avait des groupes, ils ne sont pas représentatifs de la forêt, mais des groupes d'agitateurs étaient là qui brandissaient le spectre d'une guerre, qui disaient il n' y aura pas d'élection, pas de candidat à N'Zérékoré pour tel motif, nous n'entrons pas dans les détails ici, mais ce n'était pas le message de toute la forêt, cela a fini par créer en tout cas, une certaine psychose au niveau d'abord de la forêt mais aussi un peu partout hors de la forêt, surtout lorsqu'on sait qu'en janvier-février 2010 là, des échauffourées ont éclaté a N'Zérékoré mais sur fonds de crise qui ne dit pas son nom tantôt régionaliste, tantôt religieuse, tantôt ethnocentriste, mais des morts ont été enregistrés, cinq cas de victimes, plus maintenant des dégâts matériels considérables, donc la psychose était là, il faut l'avouer. La paix n'était pas là , la cohabitation était devenue quasi impossible entre les habitants de N'Zérékoré, nous étions ministre de l'Agriculture, le gouvernement nous a détaché à l'époque à la tête d'une mission du gouvernement pour venir trouver solution à ce épineux problème. Ce jour-là, si vous avez bonne souvenance, nous sommes venus à N'Zérékoré avec l'Archevêque de Guinée, Monseigneur Coulibaly Vincent, avec le Ministre Secrétaire Général des Affaires Religieuses, le Professeur Koutoubou Sano. Nous sommes venus, Dieu nous a aidés pour rétablir la paix et la quiétude à N'Zérékoré, nous sommes repartis, mais, c'est sur que le spectre était là encore par rapport aux élections. Le gouvernement a décidé de nous faire revenir dans nos fonctions de gouverneur, ce que nous avons pris avec beaucoup de plaisir et de réconfort moral; nous sommes revenus et avec toutes les parties impliquées dans la recherche de la paix a N'Zerekore, Dieu nous a aidés à trouver la solution. Cela commence par mon cabinet, mes collaborateurs, le préfet de la région, les partenaires bi et multilatéraux, tous les autres partenaires sociaux, les religieux, la société civile etc.
Le secret c'était, faire comprendre aux gens que l'agitation ne mènera nulle part, faire comprendre aux gens qu'il ne sert à rien de se mettre au travers de la roue de l'histoire qui tourne, que cela ne sert à rien de vouloir compromettre l'avenir de la Guinée, plutôt engageons-nous dans un front commun , dans la recherche de la paix et de la quiétude, c'est un mouvement d'ensemble, si vous ne le suivez pas il vous entrainera. Donc en plus de la sensibilisation, puisque certains esprits sont durs à convaincre, nous avons du y mettre un peu de dissuasion, nos dispositifs militaires pacifiques, nous avons dit aux agitateurs ne tentez pas, si vous tentez, nous vous empêcherons de commettre ce que vous voulez commettre, tout simplement.
C'est pour cela nous avons déployé dans certains carrefours de la ville des dispositifs, tout le monde les a vu pacifiques. Ils ne touchaient à personne, mais que personne aussi ne touche aux autres, c'était tout simplement ça et je crois que ça a payé. Ceux qui pensaient qu'ils pouvaient déranger le peuple de Guinée dans sa quiétude, ont du comprendre a leur dépends que cela n'avait pas d'aboutissement et Dieu merci, la région forestière qu'on disait ‘'infréquentable'', on s'est retrouve dans la problématique de la gestion de l'euphorie de zèle pendant les campagnes; les gens étaient tellement dans l'euphorie que des accidents étaient signalés tous les jours allant même jusqu'à créer, à provoquer des cas de morts.
Voila un peu ce que nous avons du employer comme méthode, elle se résume comme ceci: la sensibilisation, c'est la 1ere des données, c'est elle que nous avons privilégiée. Pour ceux qui n'ont pas d'oreille et d'yeux pour la sensibilisation, la dissuasion, sans les toucher mais en leur disant de ne toucher aussi à rien, tout simplement !
GCI: Monsieur le Gouverneur, comme vous le savez l'actualité aujourd'hui en Guinée ce sont les élections présidentielles, le second tour bien sûr et aussi la préservation de la paix qui passionnent tous les Guinéens. Quelle est votre opinion, vous qui êtes sur le terrain?
GBr.BC: Pour moi le premier ou le second tour, je considère qu'il s'agit tout simplement d'élection; et ce que j'attends au bout des élections c'est le gain du peuple de Guinée, le message que je fais passer tous les jours, à l'attention de nos administrées : « faisons en sorte que les élections débouchent sur la victoire du peuple de Guinée, pas sur la victoire d'un candidat forcément ! La victoire d'un candidat ça ne m'intéresse pas, c'est la victoire du peuple de Guinée qui est primordiale. Nous atteler à cette action, qu'il faut que le Guinéen se départisse de position partisane, religieuse ou ethnique tout simplement; le soussou seul ne fera pas la Guinée, le peulh seul ne fera pas la Guinée, ni le malinké ou le Forestier, personne fera seul la Guinée, jamais ! C'est tous les Guinéens pour une Guinée libre et prospère, mais la Guinée fractionnée n'en est pas une, la Guinée émiettée sur le régionalisme l'ethnocentrisme, ne sera jamais la Guinée à laquelle nous aspirons tous. Mon message est donc clair : " Allons dignement faire le choix pour le candidat auquel nous pensons donner notre voix, parce que nous pensons que c'est lui qui va faire la Guinée de tous les Guinéens, mais pas la Guinée de son ethnie ou de sa région seulement. Voilà ma conviction profonde pour que le vote débouche sur la victoire finale du peuple de Guinée tout naturellement!»
Propos recueillis Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















